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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2511364

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2511364

mercredi 24 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2511364
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantDORE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille a rejeté la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait l'arrêté du préfet du Nord l'assignant à résidence pour 45 jours en vue de l'exécution d'une obligation de quitter le territoire. Le tribunal a jugé que la décision était suffisamment motivée au regard de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il a également écarté le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, estimant que les modalités de l'assignation (présentation trois fois par semaine) n'étaient pas disproportionnées au regard de la vie privée et familiale ou de la liberté d'aller et venir de l'intéressé. En conséquence, l'ensemble des conclusions de M. A... a été rejeté, seule l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle ayant été accordée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 novembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Doré, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’annuler l’arrêté en date du 17 novembre 2025 par lequel le préfet du Nord a décidé son assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) d’enjoindre au préfet de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai d’un mois à compter du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans cette attente ;

4°) de mettre à la charge de l’État les entiers dépens et de verser la somme de 1 500 euros à son conseil en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- cette décision est entachée d’un défaut de motivation ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Krawczyk, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Krawczyk, magistrat désigné ;
- les observations de Me Doré, représentant M. A... qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu’elle développe ;
- les observations de M. A....


Considérant ce qui suit :

1. M. A..., ressortissant algérien né le 13 août 2001 a fait l’objet, le 14 novembre 2025, d’un arrêté du préfet du Nord l’obligeant à quitter le territoire. En vue de l’exécution de cette mesure d’éloignement, le préfet du Nord, par l’arrêté attaqué, l’a assigné à résidence pour une durée de 45 jours. M. A... demande au tribunal de prononcer l’annulation de cette dernière décision.

Sur la demande d’admission à l’aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Aux termes de l’article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : « Dans les cas d’urgence sous réserve de l’appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d’office, l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d’aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ».

3. Il y a lieu, en application de ces dispositions, d’admettre provisoirement M. A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale.


Sur les conclusions aux fins d’annulation :

4. La décision attaquée, qui vise l’article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et énonce les considérations de fait sur lesquelles elle se fonde, est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

5. Le requérant est assigné à résidence dans la commune de Lille où se trouve son domicile dans l’arrondissement de Lille. Il est astreint à se présenter trois fois par semaines, les lundis, mercredis et vendredis à 10 heures dans les locaux de la police de Lille. En se bornant à qu’il ne cherche pas à fuir, M. A... ne démontre pas que le préfet du Nord aurait commis une erreur manifeste d’appréciation au regard du respect dû à sa vie privée et familiale et à sa liberté d’aller et de venir. Par ailleurs, à supposer qu’il ait entendu contester les modalités dont est assortie la mesure en cause, le requérant ne fait état d’aucune contrainte incompatible avec ces dernières. Il s’ensuit que le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation ainsi que, à le supposer soulevé, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A... tendant à l’annulation de l’arrêté qu’il attaque doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d’injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.


D E C I D E :


Article 1er : M. A... est admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au préfet du Nord.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 décembre 2025.



Le magistrat désigné,
signé
J. KrawczykLe greffier,
signé
R. Antoine
La greffière,
V. Lesceux






La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.


Pour expédition conforme,
Le greffier,



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