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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2511679

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2511679

lundi 15 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2511679
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantASSFAM – GROUPE SOS SOLIDARITÉS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille a rejeté comme irrecevable la requête de M. B... contre un arrêté préfectoral du 25 novembre 2025 l'obligeant à quitter le territoire français. Le requérant, placé en rétention administrative, a saisi le tribunal le 28 novembre 2025, soit après l'expiration du délai de recours de quarante-huit heures prévu par les articles L. 614-2 et L. 921-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le juge a constaté que la notification de l'arrêté, effectuée le 25 novembre à 17h10, mentionnait les voies et délais de recours, et que le délai, décompté d'heure à heure, expirait le 27 novembre à 17h10. L'ordonnance, fondée sur l'article R. 222-1 du code de justice administrative, a donc rejeté la requête pour irrecevabilité manifeste.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 novembre 2025, M. A... B... demande au tribunal :

1°) d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 25 novembre 2025 par lequel le préfet de l’Oise l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d’éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d’un an ;

2°) d’enjoindre au préfet de l’Oise de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 décembre 2025, le préfet de l’Oise conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l'article R. 922-17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « (...) le [magistrat désigné] (...) peut, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les recours entachés d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance. »

Aux termes de l’article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : « La décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que la décision relative au séjour, la décision relative au délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent, le cas échéant, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 911-1. » Toutefois, aux termes de l’article L. 614-2 du même code : « Par dérogation à l'article L. 614-1, (…) Lorsque l'étranger est placé en rétention administrative, ces décisions peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 921-2. » Aux termes de l’article L. 921-2 du même code : « Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la décision. (…) ». Il résulte de ces dispositions que, lorsque l’étranger est placé en rétention administrative, les requêtes dirigées contre une mesure d’obligation de quitter le territoire doivent être présentées au greffe du tribunal, pour être recevables et être enregistrées, dans un délai de quarante-huit heures suivant la notification de l’arrêté comportant ces décisions. Ce délai de quarante-huit heures, qui n’est pas un délai franc et n’obéit pas aux règles définies à l’article 642 du code de procédure civile, se décompte d’heure à heure et ne saurait recevoir aucune prorogation.

Il ressort des pièces du dossier que M. B... a été placé en rétention administrative à compter du 25 novembre 2025. L’arrêté a été notifié à M. B... le 25 novembre 2025 à dix-sept heures dix et l’arrêté mentionnait les voies et délais de recours. Contrairement à ce qu’il soutient, il a reçu notification, dans le local de rétention de Beauvais-Tillé d’une information sur ses droits à l’assistance par un interprète et un conseil. Cette information comportait les noms et numéros de téléphone de plusieurs associations chargées d’assister les étrangers en situation de rétention, ainsi que du défenseur des droits et du contrôleur général des lieux de privation de liberté. Par suite, la circonstance que ni la décision attaquée, ni l’arrêté de placement en rétention ne mentionnaient la possibilité de présenter une requête contre la décision attaquée directement auprès du centre de rétention n’a pas fait obstacle à ce que le délai de recours contentieux commence à courir à compter de la date et de l’heure précitées. Il résulte des dispositions citées au point précédent que le délai de recours contentieux à l’encontre de l’arrêté contesté par l’intéressé était de quarante-huit heures à compter de la notification de cet arrêté. Ce délai expirait en conséquence le 27 novembre 2025 à dix-sept heures dix. La requête de M. B... a été enregistrée au greffe du tribunal le 28 novembre 2025, soit après l’expiration du délai de quarante-huit heures, qui n’est pas un délai franc. La requête est dès lors tardive et ne saurait être régularisée. Par suite, elle doit être rejetée comme entachée d’une irrecevabilité manifeste en application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au préfet de l’Oise.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l’intérieur.

Fait à Lille, le 15 décembre 2025.

Le premier vice-président,





Signé :

J-M. Riou

La République mande et ordonne au préfet de l’Oise, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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