Le Tribunal administratif de Lille, statuant par ordonnance, rejette la requête de Mme B... comme étant manifestement irrecevable. Le juge relève que la demande, qui porte sur un litige relatif à la récupération de trop-perçus sur salaire par son employeur, ne vise pas l'annulation d'une décision administrative déterminée et ne contient pas de conclusions valables. La juridiction applique les articles R. 222-1, R. 411-1 et R. 421-1 du code de justice administrative pour constater ce défaut de saisine.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par un courrier, enregistré le 4 décembre 2025, Mme A... B... indique au tribunal qu’elle souhaiterait que son employeur cesse de lui enlever des trop-perçus effectués sur son salaire à la suite d’un congé de longue durée, qu’il lui donne un décompte de ces trop-perçus et lui propose un échelonnement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux administratifs (…) peuvent, par ordonnance / (…) / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ».
2. Aux termes de l’article R. 411-1 du code de justice administrative : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l’exposé des faits et moyens, ainsi que l’énoncé des conclusions soumises au juge. L’auteur d’une requête ne contenant l’exposé d’aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d’un mémoire exposant un ou plusieurs moyens ». Aux termes de l’article L. 211-1 du même code : « Les tribunaux administratifs sont, en premier ressort et sous réserve des compétences attribuées aux autres juridictions administratives, juges de droit commun du contentieux administratif ». L’article R. 421-1 de ce code dispose que : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision (…) ».
Mme B... adresse au tribunal un courrier au tribunal dans lequel elle fait part de son souhait que son employeur cesse de lui enlever des trop-perçus effectués sur son salaire à la suite d’un congé de longue durée, qu’il lui donne un décompte de ces trop-perçus et lui propose un échelonnement. Cette requête qui ne tend pas à l’annulation d’une décision administrative déterminée, ni à la condamnation d’une personne publique désignée à la réparation d’un préjudice ou au versement d’un montant dû, ne comprend pas de conclusions dont la juridiction administrative puisse se considérer comme valablement saisie. Par suite, la requête de Mme B... est entachée d’une irrecevabilité manifeste, et doit, dès lors, être rejetée en application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Fait à Lille, le 27 février 2026.
La présidente de la 8ème chambre,
Signé
S. Stefanczyk
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,