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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2512811

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2512811

vendredi 2 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2512811
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête en référé suspension de la SASU Le Chantilly Sport, qui contestait un arrêté municipal de fermeture d’établissement et une amende de 10 000 euros. La requête a été jugée manifestement irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie de la requête en annulation au fond, comme l’exige l’article R. 522-1 du code de justice administrative. Le juge des référés a donc appliqué la procédure de rejet sans instruction prévue à l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 décembre 2025, la SASU Le Chantilly Sport demande au juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, l’exécution de l’arrêté pris par le maire de Villeneuve-d’Ascq le 22 décembre 2023 prononçant la fermeture de l’établissement « Le Chantilly » et de l’amende administrative de 10 000 euros qui en découle ;

2°) de suspendre toute mesure de recouvrement ou d’exécution forcée fondée sur cet arrêté, dans l’attente du jugement au fond ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Villeneuve-d’Ascq la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général des impôts ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Legrand, vice-présidente, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.


Considérant ce qui suit :


1. Par la présente requête, la SASU Le Chantilly Sport demande au juge des référés de suspendre, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, l’exécution de l’arrêté pris par le maire de Villeneuve-d’Ascq le
22 décembre 2023 prononçant la fermeture de l’établissement « Le Chantilly », de l’amende administrative de 10 000 euros qui en découle et de toute mesure de recouvrement ou d’exécution forcée fondée sur cet arrêté.

2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

3. Le second alinéa de l’article R. 522-1 du même code dispose que : « A peine d’irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d’une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d’annulation ou de réformation et accompagnées d’une copie de cette dernière ». Ces dispositions subordonnent la recevabilité d’une requête à fin de suspension à ce que soit jointe à la requête la décision dont la suspension est demandée.

4. Si la SASU Le Chantilly Sport dirige ses conclusions à fin de suspension contre l’arrêté pris par le maire de Villeneuve-d’Ascq le 22 décembre 2023 prononçant la fermeture de l’établissement « Le Chantilly », l’amende administrative de 10 000 euros qui en découle et toute mesure de recouvrement ou d’exécution forcée fondée sur cet arrêté, sa requête de référé n’est pas accompagnée d’une copie de la requête à fin d’annulation de cette décision qui aurait dû être déposée devant le tribunal administratif. En l’absence de requête en annulation contre cette décision, la présente requête de référé suspension est manifestement irrecevable.

5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les conditions d’urgence et de l’existence d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, la requête de la SASU Le Chantilly Sport doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative en toutes ses conclusions.



O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la SASU Le Chantilly Sport est rejetée.




Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SASU Le Chantilly Sport .


Fait à Lille, le 2 janvier 2026.


La juge des référés,


Signé,


I. Legrand


Pour expédition conforme,


Le greffier,



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