LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2600516

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2600516

jeudi 5 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2600516
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSCP ROBIQUET DELEVACQUE VERAGUE YAHIAOUI PASSE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la demande de suspension en référé de l'arrêté du CCAS de Cambrai refusant la reconnaissance d'un accident de service. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas établie, la requérante conservant une rémunération, et que les moyens soulevés ne créaient pas un doute sérieux sur la légalité de la décision. La juridiction s'est fondée sur les dispositions du code de justice administrative relatives au référé-suspension (article L. 521-1).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 janvier 2026, Mme B... A..., représentée par Me Jean-Baptiste Dubrulle et Me Alexandre Blanco, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, l’exécution de l’arrêté du 15 décembre 2025 par lequel la présidente du centre communal d'action sociale (CCAS) de Cambrai a refusé de reconnaître l’imputabilité au service de son accident et a procédé à la répétition des sommes qu’elle a perçues au titre de son congé pour invalidité temporaire imputable au service accordé à titre provisoire ;

2°) d’enjoindre, sous astreinte, au CCAS de Cambrai de la placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire et de réexaminer sa situation selon une procédure régulière ;

3°) de mettre à la charge du centre CCAS de Cambrai la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie au regard de la dégradation de ses ressources financières ; ses charges fixes mensuelles sont de 1335,58 euros ; elle est célibataire et a deux enfants à charge, sans pension alimentaire ; ses seules sources de revenus sont son congé pour invalidité temporaire imputable au service et les aides versées par la caisse d’allocations familiales (CAF), d’un montant variant entre 380 et 780 euros par mois, ne permettant pas de couvrir l’ensemble de ses charges ; la perte du congé pour invalidité temporaire imputable au service la place ainsi dans l’impossibilité de pourvoir à ses besoins ;
- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- l’arrêté contesté est entaché d’une insuffisance de motivation ; il se borne à énoncer que sa pathologie ne répond pas aux critères d’un accident de service, sans mentionner les considérations de fait l’ayant motivé ; il se borne à reprendre littéralement l’avis du conseil médical ; il n’explique pas le recours à la notion de pathologie dans le cadre d'une déclaration d'accident de service ;
- il est entaché d’une erreur de droit ; l’événement traumatisant du 3 avril 2025, marqué par des menaces et la découverte de son bureau vidé, est constitutif d’un accident de service ; en se fondant sur la pathologie de dépression dont elle souffre, la présidente du CCAS a indûment appliqué le régime de la maladie professionnelle alors que la nature de cette pathologie ne saurait faire obstacle à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident ; une altercation peut caractériser un accident de service dès lors que le critère déterminant réside dans la nature et le déroulé de l'événement et non dans l'état de santé de l'agent ;
- il est entaché d’une erreur d’appréciation dès lors qu’elle a été victime, sur son lieu et pendant son temps de travail, d'une altercation virulente avec un collègue, dont l'agressivité a excédé le cadre normal des relations de travail ; l’état dépressif dont elle souffre résulte directement de cet événement qui a ravivé les séquelles d'un précédent épuisement professionnel ; l’existence d’un lien direct entre l’altercation et la dégradation de son état de santé est ainsi établie.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 janvier 2026, et des mémoires de production de pièces enregistrés le 29 janvier 2026, le CCAS de Cambrai, représenté par Me Camille Robiquet, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme A... de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence n’est pas remplie dès lors que la requérante n’apporte aucun élément démontrant des difficultés financières graves ou une atteinte immédiate à sa situation ; les extraits de compte produits sont insuffisants pour déterminer sa situation financière exacte, alors que l'existence d'une pension alimentaire est suggérée par des virements récurrents ; en tout état de cause, le refus de placement en CITIS ne la prive pas de toute rémunération mais la place à demi-traitement, ce qui lui procurera des ressources mensuelles de 1 500 euros auxquelles s'ajoutent les allocations de la caisse d’allocations familiales ;
- le moyen tiré de l’insuffisance de motivation manque en fait ; la décision contestée énonce les considérations de droit et de fait propres à la situation de Mme A... ; les articles L. 621-4 et L. 822-18 du code général de la fonction publique ainsi que les textes d'application y sont visés ; la décision mentionne la demande de l’agent et le sens défavorable de l’avis du conseil médical ; elle précise les motifs pour lesquels les critères de l'accident de service ne sont pas réunis pour exclure l'imputabilité au service ;
- le moyen tiré de l’erreur de droit manque en fait ; aucune confusion n’a été commise entre le régime de l’accident de service et celui de la maladie professionnelle ; les symptômes de Mme A... sont antérieurs à l’altercation du 3 avril 2025 invoquée comme fait générateur ; la production de certificats médicaux contradictoires et le suivi actuel d’une formation d’infirmière contredisent l’existence de séquelles ; l’argumentation relative à un contexte général de souffrance au travail est inopérante à l’appui d’une demande tendant exclusivement à la reconnaissance d’un accident ; les difficultés professionnelles alléguées ne présentent pas le caractère soudain ou violent d’un accident de service ; les faits relatés ne sont pas corroborés par les témoignages produits et le comportement virulent de Mme A... constitue une faute personnelle détachable du service.



Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 16 janvier 2026 sous le numéro 2600524 par laquelle Mme A... demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Legrand, vice-présidente, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique qui s’est tenue le 29 janvier 2026 à 13 heures 45 :

- le rapport de Mme Legrand ;

- les observations de Me Blanco, avocat de Mme A..., qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et soutient en outre que :
- la condition d’urgence est constituée en raison de la dégradation des ressources de Mme A... qui a des charges fixes de 1 335 euros détaillées ; elle est mère célibataire de deux enfants à sa charge ; l’avis d’imposition sera produit après l’audience ;
- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision est insuffisamment motivée ; les critères fondant le refus d’imputabilité ne sont pas précisés ;
- il y a une erreur de droit ; une altercation peut caractériser un accident de service ; l’administration ne répond pas à ce moyen ;
- il y a une erreur d’appréciation : l’altercation n’est pas contestée et l’administration se borne à reprocher à la requérante d’avoir provoqué cette altercation ; toutefois, les attestations produites au soutien de cette thèse sont contestables en ce qu’elles émanent d’agents du CCAS sans justificatif d’identité ; en tout état de cause, son énervement était légitime car son bureau a été entièrement vidé ; il y a eu une dégradation immédiate de l’état de santé de Mme A... ;
- c’est la direction précédente qui a autorisé la formation qu’elle suit actuellement.

- les observations de Mme A... qui s’en rapporte aux propos de son avocat et souligne en outre que :
- l’altercation a eu lieu le 3 avril 2025 lorsqu’elle a constaté qu’elle n’avait plus de poste de travail à son retour provisoire de formation ; le CCAS lui a demandé de restituer ses clés ; ses affaires ont été mises dans une caisse ; elle a l’impression d’avoir été effacée de la structure ; elle était en poste depuis février 2018 ; la direction a décidé un mois avant l’altercation de nommer un agent contractuel extérieur chef d’un service de 7-8 agents ; il a voulu avoir le bureau pour lui tout seul ; une autre collègue a eu un accident de service suite au vidage de son bureau, dans les mêmes conditions qu’elle ;
- elle suit depuis plusieurs mois et jusqu’au 3 juillet 2026 une formation sur les pratiques avancées en santé mentale qui l’occupe la majeure partie de son temps de travail ;
- elle n’a pas d’autres revenus que professionnels ; le CCAS ne lui verse plus le remboursement de ses frais de formation ; son avis d’imposition démontre qu’elle perçoit environ 25 000 euros par an ; elle ne va plus percevoir que la moitié de cette somme et ne bénéficie pas du maintien de son salaire par la mutuelle.

- les observations de Me Robiquet, avocat du CCAS de Cambrai qui conclut aux mêmes fins que précédemment et souligne en outre que :
- la condition d’urgence n’est pas remplie : Mme A... n’est plus en arrêt maladie depuis le 4 janvier 2026, de sorte qu’elle perçoit depuis le 5 janvier 2026 sa rémunération pleine et entière, ainsi que le justifie l’attestation de l’ordonnateur que le CCAS a produit ; au jour de la saisine du juge des référés, elle avait repris le travail et n’était plus en congé de maladie ; certes, elle devra rembourser un indu mais cela se fera par l’émission d’un titre de recettes et une proposition d’échelonnement ; Mme A... ne justifie donc pas de sa situation d’urgence financière à la date de saisine du juge des référés ; elle ne fournit aucun élément de nature à permettre d’apprécier sa situation financière globale ; ses charges invoquées sont couvertes par ses ressources complètes en janvier 2026 de près de 2 100 euros de salaire, sans compter les prestations sociales ; elle n’a jamais été placée en demi-traitement mais a continué à percevoir son plein traitement jusqu’en décembre 2025, ainsi qu’en janvier 2026, à l’exception des quatre premiers jours induisant une perte de 100 euros ;
- il n'existe aucun moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision est suffisamment motivée et indique les circonstances de fait et de droit qui la fonde ;
- sa demande portait sur un accident de service et non sur une maladie professionnelle ; l’arrêté attaqué se prononce donc sur sa demande, sans statuer sur son éventuelle maladie professionnelle ; le CCAS n’a donc pas commis d’erreur de droit ;
- le CCAS n’a commis ni erreur de droit ni erreur d’appréciation : l’altercation ne constitue pas un accident de service ; sa maladie n’a pas de lien avec l’accident dans la mesure où des certificats médicaux faisaient état de symptômes dépressifs antérieurs ; le 1er certificat médical qu’elle a fourni à la suite de l’altercation a indiqué l’absence de lien avec une maladie professionnelle ; Mme A... a fait des signalements auprès de l’agence régionale de santé concernant des difficultés au sein de son service depuis 2024, soit antérieurement à l’altercation ; elle se situe dans un registre plus large de difficultés professionnelles ayant entraîné une souffrance au travail ; l’altercation du 3 avril 2025 est contestée dans sa matérialité : des attestations, pour certaines spontanées, indiquent que Mme A..., qui n’a pas apprécié la nomination du nouveau chef de service, a commencé à menacer ce dernier dans la rue de manière agressive, qu’il a essayé de la calmer et qu’elle est partie en se disant victime d’une agression ; son comportement agressif détache cet accident du service ;
- la formation de Mme A... prend certes beaucoup de temps mais ne couvre pas l’entièreté de son temps de travail ; elle doit revenir dans le service lorsqu’elle n’est pas en formation mais un changement d’affectation peut être mis dans le débat ;
- le CCAS ne fait preuve d’aucune animosité à son égard, alors qu’il a été d’accord pour payer sa formation de deux ans et lui a accordé sans tergiverser le congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire.


La clôture de l’instruction a été différée au 3 février 2026 à 17 heures.



Mme A... a produit un mémoire communiqué, enregistré le 30 janvier 2026.
Elle conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et soutient en outre que : l’attestation de l’ordonnateur produite par le centre communal d’action sociale de Cambrai est dépourvue de valeur probante ; elle confirme l’absence de versement effectif de sa rémunération en janvier 2026 ; elle subit une mise à l’écart durable, rendant son retour impossible en pratique, l’établissement ayant exigé la restitution de ses clés et recruté une nouvelle infirmière et aucun reclassement interne n’est envisagé ; sa précarité est accentuée par le refus du CCAS de rembourser plus de 2 000 euros de frais de déplacement et par la nécessité de reverser les sommes perçues au titre du congé pour invalidité temporaire imputable au service accordé à titre provisoire.

Le CCAS de Cambrai a produit des mémoires communiqués, enregistrés le 3 février 2026 avant la clôture de l’instruction. Il conclut aux mêmes fins que précédemment et souligne en outre que la certification de l’ordonnateur, dont l’authenticité ne peut être sérieusement contestée, établit qu’elle est rémunérée à plein traitement depuis sa reprise de fonctions le 5 janvier 2026 ; son traitement de janvier 2026 a été versé, limitant sa perte de revenus à environ 100 euros pour ce mois ; le reversement de l’indu ne grève pas sa situation de manière immédiate dès lors qu’il fera l’objet d’un titre de perception et pourra être échelonné ; le remboursement des frais de déplacement n’incombe pas au CCAS ; la restitution de son matériel de travail, justifiée par la continuité du service durant son arrêt prolongé, n’a pas eu pour effet de mettre fin à son poste et son remplacement de janvier à juin 2026 est seulement destiné à compenser son absence pour formation professionnelle.


Considérant ce qui suit :

Mme B... A..., infirmière en soins généraux, est affectée au centre de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA), géré par le centre communal d’action sociale (CCAS) de la commune de Cambrai. Elle a déclaré un accident de service en date du 3 avril 2025, à la suite d’une altercation avec un de ses collègues, et a été placée en congé maladie le jour même. Par un arrêté du 9 septembre 2025, l’intéressée a été placée en congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS) à titre provisoire à compter du 5 avril 2025. A la suite de l’avis défavorable émis le 5 décembre 2025 par le conseil médical à l’imputabilité au service de son accident, la présidente du CCAS de Cambrai a, par un arrêté du 15 décembre 2025, refusé de reconnaître l’imputabilité au service de l’accident de Mme A... et a retiré l’arrêté du 9 septembre 2025. Par la présente requête, Mme A... demande au juge des référés de suspendre, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, l’exécution de l’arrêté du 15 décembre 2025.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ».


En ce qui concerne la condition de l’urgence :

Aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. ».

L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Une mesure prise à l’égard d’un agent public ayant pour effet de le priver de la totalité de sa rémunération doit, en principe, être regardée, dès lors que la durée de cette privation excède un mois, comme portant une atteinte grave et immédiate à la situation de cet agent, de sorte que la condition d’urgence doit être regardée comme remplie, sauf dans le cas où son employeur justifie de circonstances particulières tenant aux ressources de l’agent, aux nécessités du service ou à un autre intérêt public, qu’il appartient au juge des référés de prendre en considération en procédant à une appréciation globale des circonstances de l’espèce.

Pour justifier de l’urgence à statuer, Mme A... fait d’abord état de la dégradation de sa situation financière. Toutefois, la mesure attaquée n’emporte, par elle-même, aucune réduction immédiate et brutale de ses ressources, mais est seulement susceptible de donner lieu, ultérieurement, à une répétition de l’indu par l’émission d’un titre de recette, lequel n’est, à la date de la présente ordonnance, pas encore intervenu. Au surplus, il résulte de l’instruction qu’elle a perçu l'intégralité de son traitement pendant la durée de son congé pour invalidité temporaire imputable au service accordé à titre provisoire par l’arrêté du 5 septembre 2025 et l’intégralité de son traitement en janvier 2026, à l’exception d’une période de quatre jours, induisant une perte financière d’environ une centaine d’euros. Si l’arrêté contesté prévoit le reversement des sommes indûment perçues pendant la période couverte par le congé pour invalidité temporaire imputable au service accordé à titre provisoire, l'administration fait valoir qu’elle va proposer un échelonnement du remboursement de ce trop-perçu, de sorte à éviter que les salaires futurs de Mme A... soient radicalement amputés de moitié. En tout état de cause, il résulte de l’instruction que le cumul d'un demi-traitement et des prestations sociales qu'elle perçoit lui permet de faire face aux charges fixes évoquées dans sa requête. Ensuite, si Mme A... fait état de la dégradation de sa situation professionnelle dès lors qu’elle ne dispose plus d’aucun poste de travail, qu’elle a dû restituer ses clés et qu’une nouvelle infirmière a été recrutée pour occuper ses fonctions, il ne résulte pas de l’instruction que ces éléments soient la conséquence directe de la mesure qu’elle conteste, étant observé que le recrutement d’une remplaçante n’est prévue que pour durer le temps de la formation professionnelle qui lui a été accordée par l’établissement. Dès lors, la condition d’urgence posée par les dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

Par suite, et sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l’existence d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, les conclusions à fin de suspension et d’injonction présentées par Mme A... ne peuvent qu’être rejetées.



Sur les frais liés au litige :

Partie perdante dans la présente instance, Mme A... ne peut voir accueillies ses conclusions au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur ce même fondement par le CCAS de Cambrai.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du CCAS de Cambrai présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au centre communal d'action sociale de Cambrai.


Fait à Lille, le 5 février 2026.

La juge des référés,

Signé,

I. Legrand






La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.


Pour expédition conforme,
La greffière,




Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

← Retour aux décisions