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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2600517

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2600517

jeudi 22 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2600517
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantASSFAM – GROUPE SOS SOLIDARITÉS

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Lille concerne un recours en excès de pouvoir formé par M. A..., ressortissant sénégalais, contre un arrêté de la préfète de l’Aisne lui faisant obligation de quitter le territoire français. Le magistrat délégué a estimé que le tribunal n’était pas territorialement compétent pour statuer sur cette affaire. En application des articles R. 351-3 du code de justice administrative et R. 922-1 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, le dossier a été transmis au Tribunal Administratif de Paris, au motif que le requérant déclare résider habituellement à Rome, en Italie, et qu’il n’est plus retenu.

Texte intégral

Le magistrat délégué,Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 janvier 2026, M. C... A... demande au tribunal :

1°) d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 14 mai 2025 par lequel la préfète de l’Aisne l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d’éloignement, et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d’enjoindre à la préfète de l’Aisne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de réexaminer sa situation dans un délai d’un mois à compter de la même date ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.

Le président du tribunal a donné délégation à M. B..., premier vice-président, pour transmettre les affaires à la juridiction administrative compétente, autre que le Conseil d’Etat, en application de l’article R. 351-3 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

D’une part, aux termes de l’article R. 351-3 du code de justice administrative : « Lorsqu'une cour administrative d'appel ou un tribunal administratif est saisi de conclusions qu'il estime relever de la compétence d'une juridiction administrative autre que le Conseil d'Etat, son président, ou le magistrat qu'il délègue, transmet sans délai le dossier à la juridiction qu'il estime compétente (…) ».

D’autre part, aux termes de l’article R. 922-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « En application de l'article R. 312-1 du code de justice administrative et sous réserve des exceptions prévues par la présente section [tribunal administratif territorialement compétent, section 1 du chapitre II Règles de procédure du titre II Procédures à juge unique], le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel l'autorité qui a pris la ou les décisions attaquées a son siège. ». Aux termes de l’article R. 922-4 du même code : « Lorsque l'étranger est assigné à résidence en application de l'article L. 731-1, placé ou maintenu en rétention administrative ou détenu au moment de l'introduction de sa requête, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel est situé le lieu d'assignation, de rétention ou de détention. (…) ».

Enfin, aux termes de l’article R. 312-8 du code de justice administrative : « Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date desdites décisions ». Aux termes de l’article R. 312-19 de ce code : « Les litiges qui ne relèvent de la compétence d'aucun tribunal administratif par application des dispositions des articles R. 312-1 et R. 312-6 à R. 312-18 sont attribués au tribunal administratif de Paris. ».

D’une part, lorsque l’étranger est placé en rétention par l’autorité administrative, il résulte de l’article R. 922-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile que, par dérogation à l’article R. 922-1 cité au point précédent, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel se situe le lieu de rétention.

D’autre part, il résulte des articles L. 921-2 et L. 921-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile que le législateur a entendu organiser une procédure particulière afin que le juge administratif statue rapidement sur la légalité des mesures relatives à l’éloignement d’un étranger placé en rétention administrative. Lorsqu’il est mis fin, pour quelque raison que ce soit, à la rétention, le jugement des conclusions dont l’étranger avait saisi le tribunal dans le ressort duquel est situé le lieu de rétention ne relève plus de cette procédure à juge unique. Dans un souci de bonne administration de la justice, le président de ce tribunal ou le magistrat désigné peut transmettre par ordonnance le dossier au tribunal dans le ressort duquel se trouve le lieu de résidence de l’étranger, notamment lorsque celui-ci dispose d’un domicile stable.

Par un arrêté du 14 mai 2025, notifié le 15 mai 2025, la préfète de l’Aisne a obligé M. A..., ressortissant sénégalais né le 13 février 1988, à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d’éloignement, lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. L’intéressé a été placé en rétention administrative, au centre de rétention administrative de Lesquin, le 15 janvier 2026, à la suite de sa détention au centre pénitentiaire de Laon du 15 mai 2025 au 15 janvier 2026. Par une ordonnance du 17 janvier 2026, le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Lille a mis fin à la rétention administrative. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des mentions de la requête enregistrée le 16 janvier 2026, ainsi que de la déclaration de perte du titre de séjour produite à l’appui de celle-ci, que M. A... déclare résider habituellement à Rome, en Italie. Par suite, dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice, il y a lieu de transmettre le dossier de la requête au tribunal administratif de Paris.






ORDONNE :

Article 1er : Le dossier de la requête visée ci-dessus de M. A... est transmis au tribunal administratif de Paris.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A..., à la préfète de l’Aisne et à la présidente du tribunal administratif de Paris.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l’intérieur.

Fait à Lille, le 22 janvier 2026.

Le premier vice-président,





signé

J-M. B...


Pour expédition conforme,
La greffière


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