Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 janvier 2026, M. A... B... demande au juge des référés de suspendre, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, l’exécution, d’une part, de la décision implicite de rejet née du silence de la direction régionale des finances publiques (DRFIP) des Hauts-de-France sur sa demande de communication de documents administratifs, d’autre part, de la procédure de recouvrement et de la saisie mensuelle en cours, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions.
Vu :
la requête par laquelle le requérant demande l’annulation des décisions attaquées ;
les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Isabelle Legrand, vice-présidente, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Le 4 février 2025, M. A... B... a été informé par sa banque de ce que ses comptes bancaires avaient fait l’objet d’une saisie à tiers détenteur d’un montant de 7 313,63 euros signifiée par la DRFIP des Hauts-de-France. Par des courriers datés des 4 novembre et 17 décembre 2025, M. B... a demandé à la DRFIP la communication du titre exécutoire fondant la créance, de la preuve de sa notification régulière et du détail de calcul du montant réclamé et des majorations appliquées. Par la présente requête, il demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L.521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision implicite de rejet de la demande de communication de documents administratifs née du silence de la DRFIP, ainsi que de la procédure de recouvrement et de la saisie mensuelle en cours.
2. D’une part, aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. ». L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement et objectivement, compte tenu des justifications fournies par le requérant et de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. D’autre part, en vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
4. Enfin, en vertu des dispositions des articles R. 311-12 et R. 311-13 du code des relations entre le public et l’administration, le silence gardé par l’administration dans le délai d’un mois à compter de la réception d’une demande de communication de documents administratifs vaut décision de refus. L’article L. 342-1 de ce code subordonne la recevabilité du recours contentieux à la saisine pour avis de la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA). Selon les dispositions des articles R. 343-4 et R. 343-5 du même code, le silence gardé par l’administration pendant un délai de deux mois à compter de l’enregistrement de la saisine de la CADA fait naître une décision implicite de confirmation de refus.
5. En premier lieu, l’objet même du référé organisé par les dispositions précitées de l’article L. 521-1 du code de justice administrative est de permettre, dans tous les cas où l'urgence le justifie, la suspension dans les meilleurs délais d'une décision administrative contestée par le demandeur. Une telle possibilité est ouverte y compris dans le cas où un texte législatif ou réglementaire impose l’exercice d’un recours administratif préalable avant de saisir le juge de l’excès de pouvoir, sans donner un caractère suspensif à ce recours obligatoire. Dans une telle hypothèse, la suspension peut être demandée au juge des référés sans attendre que l'administration ait statué sur le recours préalable, dès lors que l’intéressé a justifié, en produisant une copie de ce recours, qu’il a engagé les démarches nécessaires auprès de l'administration pour obtenir l'annulation ou la réformation de la décision contestée.
6. En l’espèce, M. B... ne produit pas la preuve de sa saisine de la commission d’accès aux documents administratifs mais verse des documents rédigés en anglais et en allemand concernant le transport d’animaux par des tiers. Sa demande de suspension de la décision de rejet de la demande de communication de documents administratifs née du silence de la DRFIP doit donc être rejetée comme irrecevable. En tout état de cause, s’il fait valoir que la saisie sur ses comptes bancaires et le versement de 200 euros mensuels entraînent une diminution immédiate et significative de ses ressources, il n’expose nullement en quoi le refus de communication des documents réclamés porte une atteinte grave et immédiate de nature à justifier sa suspension.
7. En second lieu, en se bornant à produire la lettre de sa banque l’informant de la saisie à tiers détenteur d’un montant de 7 313,63 euros signifiée par la DRFIP des Hauts-de-France et un bordereau de virement récurrent de 200 euros entre le 1er décembre 2025 et le 1er décembre 2026, sans fournir aucune précision sur ses ressources permettant d’apprécier l’impact concret de cette saisie sur sa situation financière, M. B... ne justifie pas davantage que la procédure de recouvrement et la saisie mensuelle en cours portent une atteinte grave et immédiate à sa situation.
8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l’existence d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées, la requête de M. B... doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Lille, le 22 janvier 2026.
La juge des référés,
Signé,
I. Legrand
Pour expédition conforme,
La greffière,