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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-1901656

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-1901656

jeudi 27 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-1901656
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre 2
Avocat requérantCABINET FRECHE ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 19 août 2019, le 5 mai 2021, le 23 septembre 2021 et le 29 septembre 2021, et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 9 novembre 2023, la fédération de protection de la nature en Haute-Loire et l'association nationale pour la protection des eaux et des rivières (ANPER-TOS), représentées par Me Le Briero, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté n° BCTE 2019/43 du 9 avril 2019 par lequel le préfet de la Haute-Loire a autorisé les travaux de reconfiguration du barrage de Poutès inclus dans le périmètre de la concession hydroélectrique de Monistrol-d'Allier ;

2°) d'annuler l'arrêté complémentaire n° BCTE 2020/55 du 6 mai 2020 par lequel le préfet de la Haute-Loire a modifié les articles 6 et 10 de l'arrêté du 9 avril 2019 précité ;

3°) avant dire droit, de saisir la cour de justice de l'Union européenne ou le Conseil d'Etat de la question préjudicielle suivante :

" L'article 43 de la directive 2014/23/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 sur l'attribution de contrats de concession doit-il s'interpréter en ce sens qu'en cas de concession hydroélectrique et d'avenant à cette concession n'ayant pas fait l'objet d'une mise en concurrence (avant attribution) conforme aux règles fixées par cette directive,

1 - la modification des caractéristiques de la concession, telle qu'énoncée à l'article 43, peut consister dans un arrêté préfectoral autorisant le concessionnaire à réaliser des travaux ; ceux-ci permettant de modifier substantiellement les conditions de la concession initiale ;

2 - dans ce cas, ladite modification doit-elle être précédée d'une procédure de mise en concurrence prévue par la directive 2014/23/UE permettant de régulariser l'omission de mise en concurrence avant l'attribution de la concession hydroélectrique et l'omission de mise en concurrence avant l'octroi d'un " avenant " à la concession ' " ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros à leur verser à chacune, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

5°) de mettre à la charge de la société Electricité de France une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- elles ont qualité et intérêt pour agir en tant qu'associations agréées au titre de la protection de l'environnement ; elles interviennent dans le ressort géographique du barrage ; si l'arrêté en litige a pour but d'améliorer certains points du barrage, il a toutefois des effets dommageables sur l'environnement ;

- la circonstance que l'adresse dans ses statuts soit différente de celle renseignée dans la présente requête est sans incidence sur l'intérêt pour agir de l'association ANPER-TOS ;

- ses moyens sont suffisamment étayés ;

- la France est visée par une procédure initiée par la Commission européenne s'agissant de ses barrages hydrauliques dont les concessions n'ont pas été soumises à la concurrence ;

- le projet en litige est régi tant par les dispositions du code de l'énergie que par celles du code de l'environnement ;

- l'étude d'impact initiale est non proportionnée au regard de l'article R. 122-5 du code de l'environnement ; certains éléments pourtant centraux sont évoqués de manière lacunaire ; le système de montaison des poissons n'est pas décrit ; l'office français de la biodiversité dans son avis du 15 avril 2020 a relevé que plusieurs études et volets importants étaient manquants ;

- le résumé non technique ne comporte aucune description des travaux de démolition nécessaires ; il comporte des omissions au regard de l'article R. 122-5 du code de l'environnement ; ces omissions ont contraint le public à devoir étudier toutes ces rubriques dans l'étude d'impact, laquelle est spécialement technique et volumineuse ; le résumé non technique doit pourtant se suffire à lui-même ;

- l'autorité environnementale et la commission d'enquête ont relevé l'absence de description claire et synthétique du projet ;

- le public a été privé de garanties essentielles d'information dès lors que l'étude d'impact ne donne pas suffisamment de données climatiques ni d'informations sur les changements climatiques qui pourraient intervenir du fait du projet ; de même, il n'y a pas eu de relevé sur l'indice oligochètes de bioindication lacustre, privant le public d'informations sur les incidences hydrauliques et en termes d'évacuation des sédiments ; l'étude d'impact est enfin lacunaire quant aux espèces protégées présentes sur le site du projet ;

- la partie de l'étude d'impact sur l'état initial de l'environnement naturel et humain est lacunaire ; elle ne comporte aucune partie sur l'historique du barrage ;

- l'examen des conséquences du projet dans l'étude d'impact est manifestement insuffisant ; l'autorité environnementale a relevé de nombreuses insuffisances de l'étude d'impact initiale ; le mauvais déroulement de la vidange de 2019 montre que l'étude d'impact était insuffisante ;

- l'étude d'impact ne comporte aucun examen de solutions alternatives ;

- l'étude des mesures d'évitement des effets négatifs et des mesures compensatoires est insuffisante ;

- l'étude d'impact ne précise pas qui est son auteur ; il n'est pas indiqué les auteurs des annexes à l'étude d'impact ;

- l'étude de dangers requise par l'article R. 214-115 du code de l'environnement est absente de l'étude d'impact ;

- le dossier de demande d'autorisation ne comportait aucun document attestant que le pétitionnaire est le propriétaire du terrain ou dispose du droit d'y réaliser son projet, ni l'indication de la ou des rubriques des nomenclatures dont le projet relève, et l'indication des moyens de suivi et de surveillance, des moyens d'intervention en cas d'incident ou d'accident ainsi que les conditions de remise en état du site après exploitation et, le cas échéant, la nature, l'origine et le volume des eaux utilisées ou affectées en méconnaissance de l'article R. 181-13 du code de l'environnement ;

- le dossier de demande d'autorisation ne comportait pas les éléments prévus aux articles R. 214-72 et D. 181-15-1 du code de l'environnement ;

- aucun projet de règlement d'eau n'a été présenté ;

- l'étude d'impact ne comporte aucune justification de la compatibilité du projet avec le plan de gestion des risques d'inondation applicable, de la contribution à la réalisation des objectifs mentionnés à l'article L. 211-1 du code de l'environnement ainsi que des objectifs de qualité des eaux prévus par l'article D. 211-10 du même code ;

- la justification dans l'étude d'impact de la compatibilité du projet avec le SDAGE Loire Bretagne 2016-2021 est insuffisante ;

- l'étude d'incidences Natura 2000 est insuffisante ; le barrage de Poutès est inclus dans deux sites Natura 2000 ; le dossier ne suit pas le cheminement fixé par l'article R. 414-23 du code de l'environnement et ne répond pas à la question de l'existence d'un effet significatif, avéré ou présumé du projet sur les cadres de protection Natura 2000 ;

- les conclusions et le rapport de la commission d'enquête sont irréguliers ; elle n'a répondu à aucune des observations effectuées par les associations ; ses réponses aux avis du public sont insuffisantes ; le rapport est insuffisamment motivé ; la commission s'est abstenue d'inviter le pétitionnaire à apporter des renseignements et démonstrations sollicités par les avis administratifs et par le public durant l'enquête ;

- le comité technique permanent des barrages et des ouvrages hydrauliques n'a pas été consulté en méconnaissance de l'article R. 213-77 du code de l'environnement ;

- la commission nationale du débat public n'a pas été saisie en méconnaissance des articles L. 121-8 et R. 121-2 du code de l'environnement ; le projet emporte en effet la création d'un barrage hydroélectrique dont le volume est supérieur à 20 millions de mètres cubes ;

- les compléments apportés par la société EDF à l'étude d'impact auraient dû faire l'objet d'une nouvelle consultation de l'autorité environnementale ; une nouvelle consultation aurait permis de respecter l'article 6 paragraphe 1 de la directive 2001/42/CE ;

- l'arrêté du 9 avril 2019 est illégal par exception d'illégalité de l'arrêté préfectoral du 3 septembre 2018 ayant modifié le cahier des charges de la concession ; cet arrêté a substantiellement modifié les conditions d'exécution de la concession et le cahier des charges initial, si bien qu'il constitue un nouveau cahier des charges pour lequel la procédure de mise en œuvre d'un cahier des charges initial aurait dû être respectée ; l'adoption de cet avenant n'a pas été précédée d'une procédure de publicité contradictoire ;

- l'arrêté est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 110-1 et L. 211-1 du code de l'environnement ; il ne répond pas aux enjeux de protection des milieux naturels et la démonstration de l'utilité économique n'est pas faite ;

- l'arrêté méconnaît l'objectif de non-détérioration de l'état des masses d'eau institué par l'article 4 de la directive n° 2000/60/CE du 23 octobre 2000, transposé à l'article L. 212-1 du code de l'environnement ; le SDAGE Loire Bretagne ne mentionnant pas que le maintien ou la reconfiguration du barrage de Poutès répond aux conditions d'octroi de dérogations fixées à l'article R. 212-16 du code de l'environnement, aucun projet ne peut par suite être autorisé par l'administration ; l'étude d'impact ne précise pas les effets du projet sur les masses d'eaux, alors pourtant que les vidanges ont eu des impacts temporaires sur ces masses d'eaux ;

- il est incompatible avec le SDAGE Loire-Bretagne 2016-2021 ; cette incompatibilité est confirmée dans l'arrêté du 6 mai 2020 ; le projet ne permet pas d'améliorer les conditions de migrations des poissons, il ne tient pas compte des conséquences des changements climatiques, ni de la consommation de l'eau pour les activités forestières, agricoles et l'alimentation humaine ;

- les prescriptions contenues dans l'arrêté du 9 avril 2019 sont insuffisantes ; l'arrêté n'indique pas quelle est la classe du nouveau barrage de Poutès au sens de l'article R. 214-112 du code de l'environnement et ne fixe pas les conditions de gestion et de surveillance applicables à la classe concernée ;

- l'arrêté méconnaît l'article L. 122-1-1 du code de l'environnement ; l'avis du public, l'avis de l'autorité environnementale et l'avis de l'agence française de la biodiversité n'ont pas été pris en compte ; aucune alternative n'a été abordée ni envisagée ; les incidences cumulées des diverses autorisations n'ont pas été prises en compte ;

- l'arrêté du 6 mai 2020 doit être annulé par voie de conséquence de l'annulation de l'arrêté du 9 avril 2019 ;

- l'arrêté du 6 mai 2020 ne permet pas de régulariser toutes les irrégularités susceptibles de modifications ;

- il a été pris sans étude d'impact préalable, sans évaluation des incidences Natura 2000 et sans soumission pour avis à l'autorité environnementale et sans enquête publique ;

- l'arrêté du 6 mai 2020 opère une modification substantielle du projet initial, si bien qu'une nouvelle autorisation se justifiait ; il méconnaît ainsi l'article R. 181-46 du code de l'environnement.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 décembre 2019, le 8 septembre 2021, le 8 octobre 2021 et le 14 décembre 2023, la société Electricité de France, représentée par l'AARPI Freche et associés, Me Garancher, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge des requérantes la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les associations requérantes n'ont pas d'intérêt à agir ; l'ANPER-TOS n'établit pas qu'elle dispose d'un agrément ;

- les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté du 6 mai 2020 sont irrecevables en ce qu'elles sont tardives ;

- l'exception d'illégalité de l'arrêté du 3 septembre 2018 est irrecevable dès lors que cet acte non réglementaire est devenu définitif ;

- il n'y a plus lieu de statuer sur la requête dès lors que les travaux ont été réalisés et que l'arrêté prévoyait une durée de validité allant jusqu'au 31 décembre 2022 ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 février 2020 et le 6 septembre 2021, le préfet de la Haute-Loire conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que les moyens soulevés ne sont pas étayés ;

- les associations requérantes n'ont ni qualité, ni intérêt pour agir ;

- les associations requérantes ne peuvent exciper de l'illégalité de l'arrêté du 3 septembre 2018, qui est devenu définitif ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par courrier en date du 15 novembre 2023, les parties ont été informées du calendrier prévisionnel d'instruction conformément aux dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.

Par ordonnance du 29 décembre 2023, l'instruction a été clôturée le jour même.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code rural et de la pêche maritime ;

- le code de l'énergie ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Debrion,

- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique,

- et les observations de Me Robert, substituant Me Garancher, avocat de la société Electricité de France.

Considérant ce qui suit :

1. La société Electricité de France (EDF) exploite, en vertu d'une concession, dont le dernier renouvellement date du 22 juillet 2015, le barrage hydraulique de Poutès à Monistrol-d'Allier (Haute-Loire). Par un arrêté du 3 septembre 2018, le préfet de la Haute-Loire a modifié le cahier des charges de la concession. Par un arrêté en date du 9 avril 2019, le préfet de la Haute-Loire a autorisé la société EDF à procéder à des travaux de reconfiguration du barrage. Enfin, par un arrêté du 6 mai 2020, la même autorité a modifié l'arrêté du 9 avril 2019. Par la présente requête, la fédération de protection de la nature en Haute-Loire et l'association nationale pour la protection des eaux et des rivières demandent au tribunal l'annulation des arrêtés préfectoraux du 9 avril 2019 et du 6 mai 2020.

Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense par la société EDF :

2. D'une part, il résulte des dispositions de l'article L. 171-11 du code de l'environnement que les décisions prises en application des articles L. 171-7, L. 171-8 et L. 171-10 de ce code, au titre des contrôles administratifs et mesures de police administrative en matière environnementale, sont soumises à un contentieux de pleine juridiction. Il appartient au juge de ce contentieux de pleine juridiction de se prononcer sur l'étendue des obligations mises à la charge des exploitants par l'autorité compétente au regard des circonstances de fait et de droit existant à la date à laquelle il statue. Lorsque l'autorité administrative, dans le cas où des installations ou ouvrages sont exploités, des objets et dispositifs sont utilisés ou des travaux, opérations, activités ou aménagements sont réalisés irrégulièrement, met en demeure l'intéressé de régulariser sa situation, sur le fondement des dispositions de l'article L. 171-7 du code de l'environnement, l'exécution complète des mesures ou formalités prescrites par cette mise en demeure prive d'objet le recours tendant à son annulation, sur lequel il n'y a, dès lors, plus lieu de statuer.

3. La société EDF soutient qu'il n'y a plus lieu de statuer dès lors que les travaux prescrits par les arrêtés en litige ont été entièrement réalisés. Toutefois, les arrêtés en litige ne constituent pas des mises en demeure prises sur le fondement de l'article L. 171-7 du code de l'environnement.

4. D'autre part, si l'autorisation de réaliser les travaux accordée par l'arrêté du 9 avril 2019 en litige n'était valable que jusqu'au 31 décembre 2022, il ne résulte pas de l'instruction que cet arrêté et l'arrêté du 6 mai 2020 procédant à la modification des articles 6 et 10 de l'arrêté du 9 avril 2019 auraient été retirés ou abrogés, alors qu'en tout état de cause, ces derniers ont produit des effets juridiques, les travaux ayant été réalisés.

5. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense par la société EDF doit être écartée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 9 avril 2019 :

6. Il appartient au juge du plein contentieux de la police de l'eau d'apprécier le respect des règles de procédure régissant la demande d'autorisation, parmi lesquelles figurent celles relatives au contenu du dossier de demande d'autorisation, au regard des circonstances de fait et de droit en vigueur à la date de délivrance de l'autorisation. En revanche, le respect des règles de fond qui s'imposent à l'autorisation s'apprécie en fonction des considérations de droit et de fait en vigueur à la date à laquelle le juge statue.

En ce qui concerne l'étude d'impact :

7. Aux termes de l'article R. 122-5 du code de l'environnement, dans sa version applicable au projet : " I. - Le contenu de l'étude d'impact est proportionné à la sensibilité environnementale de la zone susceptible d'être affectée par le projet, à l'importance et la nature des travaux, installations, ouvrages, ou autres interventions dans le milieu naturel ou le paysage projetés et à leurs incidences prévisibles sur l'environnement ou la santé humaine. / II. - En application du 2° du II de l'article L. 122-3, l'étude d'impact comporte les éléments suivants () : 1° Un résumé non technique des informations prévues ci-dessous. Ce résumé peut faire l'objet d'un document indépendant ; / 2° Une description du projet, y compris en particulier : - une description de la localisation du projet ; - une description des caractéristiques physiques de l'ensemble du projet, y compris, le cas échéant, des travaux de démolition nécessaires, et des exigences en matière d'utilisation des terres lors des phases de construction et de fonctionnement ; - une description des principales caractéristiques de la phase opérationnelle du projet, relatives au procédé de fabrication, à la demande et l'utilisation d'énergie, la nature et les quantités des matériaux et des ressources naturelles utilisés ; - une estimation des types et des quantités de résidus et d'émissions attendus, tels que la pollution de l'eau, de l'air, du sol et du sous-sol, le bruit, la vibration, la lumière, la chaleur, la radiation, et des types et des quantités de déchets produits durant les phases de construction et de fonctionnement. () / 3° Une description des aspects pertinents de l'état actuel de l'environnement, dénommée "scénario de référence", et de leur évolution en cas de mise en œuvre du projet ainsi qu'un aperçu de l'évolution probable de l'environnement en l'absence de mise en œuvre du projet, dans la mesure où les changements naturels par rapport au scénario de référence peuvent être évalués moyennant un effort raisonnable sur la base des informations environnementales et des connaissances scientifiques disponibles ;/ 4° Une description des facteurs mentionnés au III de l'article L. 122-1 susceptibles d'être affectés de manière notable par le projet : la population, la santé humaine, la biodiversité, les terres, le sol, l'eau, l'air, le climat, les biens matériels, le patrimoine culturel, y compris les aspects architecturaux et archéologiques, et le paysage ; / 5° Une description des incidences notables que le projet est susceptible d'avoir sur l'environnement résultant, entre autres : a) De la construction et de l'existence du projet, y compris, le cas échéant, des travaux de démolition ; b) De l'utilisation des ressources naturelles, en particulier les terres, le sol, l'eau et la biodiversité, en tenant compte, dans la mesure du possible, de la disponibilité durable de ces ressources ; c) De l'émission de polluants, du bruit, de la vibration, de la lumière, la chaleur et la radiation, de la création de nuisances et de l'élimination et la valorisation des déchets ; d) Des risques pour la santé humaine, pour le patrimoine culturel ou pour l'environnement ; () f) Des incidences du projet sur le climat et de la vulnérabilité du projet au changement climatique ; g) Des technologies et des substances utilisées. () / 6° Une description des incidences négatives notables attendues du projet sur l'environnement qui résultent de la vulnérabilité du projet à des risques d'accidents ou de catastrophes majeurs en rapport avec le projet concerné. Cette description comprend le cas échéant les mesures envisagées pour éviter ou réduire les incidences négatives notables de ces événements sur l'environnement et le détail de la préparation et de la réponse envisagée à ces situations d'urgence ; / 7° Une description des solutions de substitution raisonnables qui ont été examinées par le maître d'ouvrage, en fonction du projet proposé et de ses caractéristiques spécifiques, et une indication des principales raisons du choix effectué, notamment une comparaison des incidences sur l'environnement et la santé humaine ; / 8° Les mesures prévues par le maître de l'ouvrage pour : - éviter les effets négatifs notables du projet sur l'environnement ou la santé humaine et réduire les effets n'ayant pu être évités ; - compenser, lorsque cela est possible, les effets négatifs notables du projet sur l'environnement ou la santé humaine qui n'ont pu être ni évités ni suffisamment réduits. S'il n'est pas possible de compenser ces effets, le maître d'ouvrage justifie cette impossibilité. () / 9° Le cas échéant, les modalités de suivi des mesures d'évitement, de réduction et de compensation proposées ; / 10° Une description des méthodes de prévision ou des éléments probants utilisés pour identifier et évaluer les incidences notables sur l'environnement ; / 11° Les noms, qualités et qualifications du ou des experts qui ont préparé l'étude d'impact et les études ayant contribué à sa réalisation ; / 12° Lorsque certains des éléments requis ci-dessus figurent dans l'étude de maîtrise des risques pour les installations nucléaires de base ou dans l'étude des dangers pour les installations classées pour la protection de l'environnement, il en est fait état dans l'étude d'impact. () ".

8. En premier lieu, les associations requérantes soutiennent que l'étude d'impact est insuffisante. Toutefois, si les requérantes évoquent, de manière générale, un certain nombre d'insuffisances, elles ne les précisent pas ni ne justifient pas en quoi ces éléments seraient insuffisants. Elles ne précisent notamment pas les incidences des éléments manquants sur la participation du public ni n'établissent que le dossier, tel que présenté au public, ne lui aurait pas permis de connaître les principaux enjeux du projet en litige. Les associations requérantes ne peuvent par ailleurs pas utilement se prévaloir du rapport du service de contrôle du 29 avril 2020 ainsi que des observations de l'office français de la biodiversité du 15 avril 2020 pour justifier de ces insuffisances dès lors que ces documents sont postérieurs à la décision en litige. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que l'étude d'impact comporte un descriptif détaillé du système de montaison en ses pages 26 et 27, ainsi qu'une partie détaillée dressant l'état de la qualité de l'eau, sur le climat, la biodiversité et une partie intéressant les impacts du projet sur ces derniers. De plus, l'étude d'impact comporte en ses pages 247 et suivantes un tableau détaillant les objectifs du schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux Loire Bretagne et ceux du schéma d'aménagement et de gestion des eaux Haut-Allier, et évoquant la compatibilité du projet à ces objectifs. En outre, il résulte du rapport de la commission d'enquête que le résumé non-technique, contrairement à ce que soutiennent les associations requérantes, est " facilement compréhensible, représente un résumé succinct et permet à chacun de comprendre rapidement le projet ". De même, si l'autorité environnementale a, dans son avis du 7 novembre 2018, relevé des insuffisances notamment liées à la description de l'état initial, la description du projet et de ses alternatives, la société EDF a corrigé ces insuffisances dans son mémoire en réponse à l'avis de l'autorité environnementale. Enfin, si les requérantes soutiennent qu'il n'y a pas dans l'étude d'impact d'examen de la compatibilité du projet avec le plan de gestion des risques d'inondation applicable ni avec les objectifs mentionnés aux articles L. 211-1 et D. 211-10 du code de l'environnement, elles n'assortissent ces allégations d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.

9. En deuxième lieu, les associations requérantes soutiennent que les compléments apportés par la société EDF suite à l'avis de l'autorité environnementale auraient dû faire l'objet d'une nouvelle consultation de cette dernière. Toutefois, eu égard à la portée des insuffisances de l'étude d'impact relevées par l'autorité environnementale, les éléments complémentaires produits par le pétitionnaire, qui ont eu essentiellement pour objet d'apporter des précisions sur l'historique du barrage et préciser certains points, n'ont pas eu pour effet de combler des lacunes d'une importance telle que l'autorité environnementale n'aurait pu, en leur absence, rendre un avis sur la demande d'autorisation, en ce qui concerne ses effets sur l'environnement.

10. En troisième lieu, si les associations requérantes soutiennent qu'il est impossible de connaître l'auteur de l'étude d'impact et des annexes, il résulte de cette dernière, et notamment des pages 266 et suivantes, que les auteurs de ces documents sont identifiables avec suffisamment de précision.

11. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 214-115 du code de l'environnement : " Sont soumis à l'étude de dangers mentionnée au 3° du IV de l'article L. 211-3 : a) Les barrages de classe A et B ; () ". Les dispositions de l'article R. 214-112 du code de l'environnement définissent les classes de barrages de retenue et des ouvrages assimilés.

12. Les requérantes soutiennent que l'étude de dangers prescrite par les dispositions citées au point précédent est absente de l'étude d'impact. Toutefois, si le barrage hydraulique de Poutès était classé B, le projet en litige a pour but la destruction de l'ancien barrage pour en ériger un nouveau, lequel mesurera 7 mètres de hauteur et aura une capacité de 70 000 mètres cubes. Eu égard à la classification prévue à l'article R. 214-112 du code de l'environnement, ce nouveau barrage ne sera pas classé A ou B. Par suite, le projet en litige n'était donc pas soumis à une étude de dangers.

13. Il résulte de ce qui a été dit aux points 8 à 12 que les moyens tirés du caractère incomplet et des insuffisances de l'étude d'impact doivent être écartés.

En ce qui concerne le contenu du dossier de demande d'autorisation :

14. D'une part, aux termes de l'article R. 181-13 du code de l'environnement, dans sa version applicable au litige : " La demande d'autorisation environnementale comprend les éléments communs suivants : () 3° Un document attestant que le pétitionnaire est le propriétaire du terrain ou qu'il dispose du droit d'y réaliser son projet ou qu'une procédure est en cours ayant pour effet de lui conférer ce droit ; 4° Une description de la nature et du volume de l'activité, l'installation, l'ouvrage ou les travaux envisagés, de ses modalités d'exécution et de fonctionnement, des procédés mis en œuvre, ainsi que l'indication de la ou des rubriques des nomenclatures dont le projet relève. Elle inclut les moyens de suivi et de surveillance, les moyens d'intervention en cas d'incident ou d'accident ainsi que les conditions de remise en état du site après exploitation et, le cas échéant, la nature, l'origine et le volume des eaux utilisées ou affectées ; ".

15. Les associations requérantes soutiennent que la demande d'autorisation environnementale ne comporte aucun document attestant que le pétitionnaire est le propriétaire du terrain ou dispose du droit d'y réaliser son projet, ni l'indication de la ou des rubriques des nomenclatures dont le projet relève, et l'indication des moyens de suivi et de surveillance, des moyens d'intervention en cas d'incident ou d'accident ainsi que les conditions de remise en état du site après exploitation et, le cas échéant, la nature, l'origine et le volume des eaux utilisées ou affectées en méconnaissance de l'article R. 181-13 du code de l'environnement. Toutefois, il résulte de l'instruction qu'alors que l'étude d'impact relève que la société EDF bénéficie d'une concession pour exploiter ce barrage depuis 1986, renouvelée pour la dernière fois le 22 juillet 2015, la société EDF a produit, au soutien de sa demande, l'arrêté du préfet de la Haute-Loire du 3 septembre 2018 modifiant le cahier des charges de la concession, et devant être regardé comme donnant autorisation à la société EDF pour réaliser ce projet afin se conformer à ses obligations contractuelles. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que le cahier des charges alors produit comporte les modalités de suivi de la concession, qui apparaissent également dans l'étude d'impact, ainsi que les conditions dans lesquelles la concession peut prendre fin, précisant les modalités de remise en état. Enfin, s'il ne résulte pas de l'instruction que la nomenclature du projet a été mentionnée dans l'un des documents produits à l'appui de la demande d'autorisation environnementale, cette omission n'a pas eu pour effet d'exercer une influence sur le sens de la décision prise par l'autorité administrative.

16. D'autre part, les associations requérantes font état de ce que la demande d'autorisation environnementale ne comporte pas les documents visés aux articles R. 214-72 et D. 181-15-1 du code de l'environnement. Toutefois, les requérantes ne peuvent utilement se prévaloir des dispositions de l'article R. 214-72 du code de l'environnement dès lors que ces dernières ont été abrogées par le décret n° 2014-750 du 1er juillet 2014, et elles se bornent à citer les dispositions de l'article D. 181-15-1 du code de l'environnement sans pour autant préciser les documents qui seraient manquants.

17. Il résulte de ce qui a été dit aux points 15 et 16 que le moyen tiré du caractère incomplet du dossier de demande d'autorisation doit être écarté.

En ce qui concerne l'existence d'un règlement d'eau :

18. Aux termes de l'article R. 521-30 du code de l'énergie : " Pour les concessions existantes ne disposant pas d'un règlement d'eau, le préfet peut, sur son initiative ou à la demande du concessionnaire, engager, sans remettre en cause l'équilibre général de la concession, la procédure d'établissement d'un règlement. Ce projet de règlement est élaboré selon la procédure définie à l'article R. 521-29. () ".

19. Les associations requérantes font valoir qu'aucun projet de règlement d'eau n'a été présenté mais que l'étude d'impact reporte le soin au futur règlement d'eau de fixer le détail des conditions de fonctionnement des ouvrages de franchissement piscicole. Toutefois, il ne résulte pas des dispositions citées au point précédent qu'un tel règlement doive être présenté à l'appui d'une demande d'autorisation pour un projet de reconfiguration d'un barrage hydraulique. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne l'étude d'incidences Natura 2000 :

20. Aux termes de l'article R. 414-21 du code de l'environnement : " Toute personne souhaitant élaborer un document de planification, réaliser un programme ou un projet, organiser une manifestation ou procéder à une intervention mentionnés à l'article R. 414-19 ou figurant sur une liste locale mentionnée au 2° du III de l'article L. 414-4 accompagne son dossier de présentation du document de planification, sa demande d'autorisation ou d'approbation ou sa déclaration du dossier d'évaluation des incidences Natura 2000 mentionné à l'article R. 414-23. Lorsque le document, programme ou projet fait l'objet d'une enquête publique, cette évaluation est jointe au dossier soumis à enquête publique. / Le contenu de ce dossier peut se limiter à la présentation et à l'exposé définis au I de cet article, dès lors que cette première analyse permet de conclure à l'absence d'incidence sur tout site Natura 2000 ". Aux termes de l'article R. 414-23 du même code : " () Cette évaluation est proportionnée à l'importance du document ou de l'opération et aux enjeux de conservation des habitats et des espèces en présence. / I.-Le dossier comprend dans tous les cas : 1° Une présentation simplifiée () du projet (), accompagnée d'une carte permettant de localiser l'espace terrestre ou marin sur lequel il peut avoir des effets et les sites Natura 2000 susceptibles d'être concernés par ces effets ; lorsque des travaux, ouvrages ou aménagements sont à réaliser dans le périmètre d'un site Natura 2000, un plan de situation détaillé est fourni ; 2° Un exposé sommaire des raisons pour lesquelles () le projet () est ou non susceptible d'avoir une incidence sur un ou plusieurs sites Natura 2000 ; dans l'affirmative, cet exposé précise la liste des sites Natura 2000 susceptibles d'être affectés, compte tenu de la nature et de l'importance du () projet (), de sa localisation dans un site Natura 2000 ou de la distance qui le sépare du ou des sites Natura 2000, de la topographie, de l'hydrographie, du fonctionnement des écosystèmes, des caractéristiques du ou des sites Natura 2000 et de leurs objectifs de conservation. / II.-Dans l'hypothèse où un ou plusieurs sites Natura 2000 sont susceptibles d'être affectés, le dossier comprend également une analyse des effets temporaires ou permanents, directs ou indirects, que () le projet () peut avoir, individuellement ou en raison de ses effets cumulés avec d'autres documents de planification, ou d'autres programmes, projets, manifestations ou interventions dont est responsable l'autorité chargée d'approuver le document de planification, le maître d'ouvrage, le pétitionnaire ou l'organisateur, sur l'état de conservation des habitats naturels et des espèces qui ont justifié la désignation du ou des sites. / III.-S'il résulte de l'analyse mentionnée au II que le () projet () peut avoir des effets significatifs dommageables, pendant ou après sa réalisation ou pendant la durée de la validité du document de planification, sur l'état de conservation des habitats naturels et des espèces qui ont justifié la désignation du ou des sites, le dossier comprend un exposé des mesures qui seront prises pour supprimer ou réduire ces effets dommageables. / () ".

21. Il résulte de l'instruction que le projet en litige est situé sur un terrain concerné par deux zones Natura 2000, à savoir la zone " Gorges de l'Allier et affluents ", et la zone " Haut Val d'Allier ". Les requérantes font valoir que l'étude d'incidences Natura 2000, présente dans le dossier soumis à l'enquête publique, est insuffisante dès lors qu'elle ne suit pas le cheminement fixé par l'article R. 414-23 du code de l'environnement et ne répond pas à la question de l'existence d'un effet significatif, avéré ou présumé du projet sur les cadres de protection Natura 2000. Il résulte toutefois des termes de cette étude que quand bien même l'ordre des éléments précisés par l'article R. 414-23 du code de l'environnement précité ne serait pas respecté, l'ensemble de ces éléments est effectivement repris dans l'étude, laquelle fait état notamment de l'état des espèces faunistiques et floristiques présentes, des incidences du projet, tant pendant les travaux que postérieurement à ceux-ci, sur ces espèces, ainsi que des mesures préventives ou d'évitement liées aux conséquences néfastes du projet. En outre, l'étude des incidences Natura 2000 conclut à l'absence d'incidence pérenne du projet sur la qualité et la conservation des habitats de ces sites Natura 2000. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de l'évaluation des incidences du projet sur les sites Natura 2000 doit être écarté.

En ce qui concerne le rapport de la commission d'enquête :

22. Aux termes de l'article R. 123-19 du code de l'environnement : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies. / Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public. / Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête consigne, dans une présentation séparée, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet. / Le commissaire enquêteur ou le président de la commission d'enquête transmet à l'autorité compétente pour organiser l'enquête l'exemplaire du dossier de l'enquête déposé au siège de l'enquête, accompagné du ou des registres et pièces annexées, avec le rapport et les conclusions motivées. Il transmet simultanément une copie du rapport et des conclusions motivées au président du tribunal administratif. () ". Il résulte notamment de ces dispositions que le commissaire enquêteur doit, d'une part, établir un rapport relatant le déroulement de l'enquête et procéder à un examen des observations recueillies lors de celle-ci, en résumant leur contenu et, d'autre part, indiquer dans un document séparé, ses conclusions motivées sur l'opération, en tenant compte de ces observations, mais sans être tenu de répondre à chacune d'elles.

23. Les associations requérantes font valoir que les conclusions et le rapport de la commission d'enquête sont irréguliers en ce que cette dernière n'a pas répondu aux observations des associations, que ses réponses aux avis du public sont insuffisantes, que le rapport est insuffisamment motivé, et que la commission s'est abstenue d'inviter le pétitionnaire à apporter des renseignements et démonstrations sollicités par les avis administratifs et par le public durant l'enquête. Il résulte toutefois de l'instruction que le rapport de la commission d'enquête ainsi que ses conclusions n'apparaissent pas insuffisamment motivés, que la commission d'enquête a recensé les réponses de la société EDF aux différents avis administratifs, et qu'elle a recensé les avis des particuliers et associations par thèmes et a donné la position de la société EDF ainsi que son propre avis sur chacun de ces thèmes. Dès lors que les associations requérantes ne font pas état de thèmes abordés par le public qui n'auraient pas été évoqués, même sommairement, par la commission d'enquête dans son rapport, ce moyen manque ainsi en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne la saisine du comité technique permanent des barrages :

24. Aux termes de l'article R. 213-77 du code de l'environnement : " Le comité technique permanent des barrages et des ouvrages hydrauliques est consulté sur les dispositions des projets de lois, de décrets ainsi que d'arrêtés et d'instructions ministériels relatives à la sécurité de ces ouvrages, à leur surveillance et à leur contrôle. / Dans les cas prévus par la réglementation ou, en dehors de ces cas, à la demande du ministre intéressé, le comité est appelé à donner son avis sur les dossiers concernant les avant-projets et les projets de nouveaux barrages ou ouvrages hydrauliques, les modifications importantes de barrages ou ouvrages hydrauliques existants et les études de dangers les concernant. L'avis est réputé rendu s'il n'a pas été émis dans un délai de six mois après la transmission, par le préfet, du dossier au ministre chargé de l'environnement. Les avis rendus sont publiés dans le mois qui suit leur adoption sur le site internet du ministère chargé de l'environnement ainsi que sur celui de la préfecture du département d'implantation du barrage ou de l'ouvrage et peuvent y être consultés pendant un an au moins. () ". Il résulte notamment de ces dispositions que la consultation, pour avis, du comité technique permanent des barrages en cas de modifications importantes de barrages existants est requise lorsque cette consultation est prévue par la réglementation ou qu'elle est sollicitée par le ministre intéressé.

25. En l'espèce, il est constant que le projet en litige a pour objet d'apporter une modification importante au barrage de Poutès. Si les requérantes soutiennent que le comité technique permanent des barrages aurait dû être saisi en application des dispositions précitées de l'article R. 213-77 du code de l'environnement, elles ne font toutefois état d'aucune réglementation, ce barrage n'étant pas de classe A, ou d'aucune demande du ministre intéressé qui aurait dû conduire à sa consultation obligatoire. Ce moyen doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne la saisine de la commission nationale du débat public :

26. Aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'environnement : " I.-La Commission nationale du débat public est saisie de tous les projets d'aménagement ou d'équipement qui, par leur nature, leurs caractéristiques techniques ou leur coût prévisionnel, tel qu'il peut être évalué lors de la phase d'élaboration, répondent à des critères ou excèdent des seuils fixés par décret en Conseil d'Etat. () ". Et aux termes de l'article R. 121-2 du même code, dans sa version applicable au projet en litige : " Le tableau ci-après liste des catégories d'opérations relatives aux projets d'aménagement ou d'équipement dont la Commission nationale du débat public est saisie de droit en application du I de l'article L. 121-8 et celles relatives aux projets d'aménagement ou d'équipement rendus publics en application du II de l'article L. 121-8. () ". Il résulte du tableau annexé à l'article R. 121-2 du code de l'environnement que sont soumis à la saisine de la commission nationale du débat public les projets de création de barrages hydroélectriques ou de barrages-réservoirs dont le volume est supérieur à 20 millions de mètres cubes.

27. Il résulte de l'instruction que si l'ancien barrage avait une capacité de 1, 716 millions de mètres cubes, volume en tout état de cause inférieur au seuil précité, le nouveau barrage a également un volume inférieur au seuil de 20 millions de mètres cubes dès lors qu'il aura un volume de 70 000 mètres cubes. Par suite, les associations requérantes ne peuvent pas utilement soutenir que la commission nationale du débat public aurait dû être saisie.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'arrêté du 3 septembre 2018 et la question préjudicielle :

28. D'une part, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative que si cette dernière a été prise pour son application ou s'il en constitue la base légale.

29. L'arrêté du 9 avril 2019 en litige n'est pas un acte pris pour l'application de l'arrêté du 3 septembre 2018 par lequel le préfet de la Haute-Loire a modifié le cahier des charges du contrat de concession conclu avec la société EDF pour l'exploitation du barrage de Poutès. L'arrêté du 3 septembre 2018 ne constitue pas davantage la base légale de l'arrêté du 9 avril 2019 contesté. Par suite, les requérantes ne peuvent pas utilement invoquer le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'arrêté du 3 septembre 2018 au soutien de leurs conclusions en annulation de l'arrêté du 9 avril 2019.

30. D'autre part, les deux questions préjudicielles posées par les associations requérantes viennent au soutien du moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'arrêté préfectoral du 3 septembre 2018. Compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, ces questions ne sont pas déterminantes pour la solution du litige et il n'y a donc pas lieu de les renvoyer à la CJUE.

En ce qui concerne l'erreur manifeste d'appréciation :

31. Les associations requérantes se bornent à soutenir que l'arrêté du 9 avril 2019 en litige est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 110-1 et L. 211-1 du code de l'environnement dès lors qu'il ne répond pas aux enjeux de protection des milieux naturels et que la démonstration de l'utilité économique n'est pas faite. Ce faisant, elles n'apportent pas de précisions suffisantes pour apprécier le bien-fondé de ce moyen qui doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne la détérioration des masses d'eau :

32. Aux termes de l'article L. 212-1 du code de l'environnement, dans sa version applicable au litige : " () III. - Chaque bassin ou groupement de bassins hydrographiques est doté d'un ou de plusieurs schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux fixant les objectifs visés au IV du présent article et les orientations permettant de satisfaire aux principes prévus aux articles L. 211-1 et L. 430-1. Le schéma prend en compte l'évaluation, par zone géographique, du potentiel hydroélectrique établi en application du I de l'article 6 de la loi n° 2000-108 du 10 février 2000 relative à la modernisation et au développement du service public de l'électricité. / IV. - Les objectifs de qualité et de quantité des eaux que fixent les schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux correspondent : 1° Pour les eaux de surface, à l'exception des masses d'eau artificielles ou fortement modifiées par les activités humaines, à un bon état écologique et chimique ; 2° Pour les masses d'eau de surface artificielles ou fortement modifiées par les activités humaines, à un bon potentiel écologique et à un bon état chimique ; 3° Pour les masses d'eau souterraines, à un bon état chimique et à un équilibre entre les prélèvements et la capacité de renouvellement de chacune d'entre elles ; / VI. - Lorsque la réalisation des objectifs mentionnés aux 1°, 2° et 3° du IV est impossible ou d'un coût disproportionné au regard des bénéfices que l'on peut en attendre, des objectifs dérogatoires peuvent être fixés par le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux en les motivant. / () XI. - Les programmes et les décisions administratives dans le domaine de l'eau doivent être compatibles ou rendus compatibles avec les dispositions des schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux. () ". Aux termes de l'article R. 212-16 du même code : " I. - Le recours aux dérogations prévues au VI de l'article L. 212-1 n'est admis qu'à la condition : 1° Que les besoins auxquels répond l'activité humaine affectant l'état de masses d'eau ne puissent être assurés par d'autres moyens ayant de meilleurs effets environnementaux ou susceptibles d'être mis en oeuvre pour un coût non disproportionné ; 2° Que les dérogations aux objectifs soient strictement limitées à ce qui est rendu nécessaire par la nature des activités humaines ou de la pollution ; 3° Que ces dérogations ne produisent aucune autre détérioration de l'état des masses d'eau () ".

33. Les associations requérantes soutiennent que l'arrêté en litige méconnaît l'objectif de non-détérioration de l'état des masses d'eau prévu à l'article L. 212-1 du code de l'environnement. Toutefois, l'objet même du projet de reconfiguration du barrage de Poutès est d'améliorer les masses d'eau. Ainsi, en se bornant à soutenir que l'étude d'impact ne comporte pas d'informations sur ce sujet et qu'il est requis d'examiner le cumul des impacts résultant des autorisations de travaux accordées, les associations requérantes ne démontrent pas en quoi le projet aurait en lui-même des impacts défavorables sur ces masses d'eau. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne l'incompatibilité de l'arrêté du 9 avril 2019 avec le SDAGE Loire Bretagne 2016-2021 :

34. Les associations requérantes soutiennent que le projet ne pouvait être autorisé dès lors que le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) Loire Bretagne 2016-2021 ne mentionne pas ce projet comme répondant aux conditions d'octroi d'une dérogation prévue par l'article R. 212-16 du code de l'environnement. Toutefois, comme il est indiqué au point 6 du présent jugement, le respect des règles de fond qui s'imposent à une autorisation s'apprécie en fonction des considérations de droit et de fait en vigueur à la date à laquelle le juge statue. A la date du présent jugement, le SDAGE Loire Bretagne 2016-2021 a cessé de produire des effets, de sorte que le moyen tiré de l'incompatibilité de l'arrêté du 9 avril 2019 avec ce SDAGE ne peut être qu'écarté comme étant inopérant.

En ce qui concerne les prescriptions contenues dans l'arrêté du 9 avril 2019 :

35. Les associations requérantes soutiennent que les prescriptions contenues dans l'arrêté du 9 avril 2019 en litige sont insuffisantes dès lors que l'arrêté n'indique pas la classe du nouveau barrage de Poutès au sens de l'article R. 214-112 du code de l'environnement et ne fixe pas les conditions de gestion et de surveillance applicables à la classe concernée. Toutefois, comme il a été dit au point 12 du présent jugement, le nouveau barrage n'entre pas dans la catégorie des barrages soumis à classement. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article L. 122-1-1 du code de l'environnement :

36. Aux termes de l'article L. 122-1-1 du code de l'environnement : " I.-L'autorité compétente pour autoriser un projet soumis à évaluation environnementale prend en considération l'étude d'impact, l'avis des autorités mentionnées au V de l'article L. 122-1 ainsi que le résultat de la consultation du public et, le cas échéant, des consultations transfrontières. / La décision de l'autorité compétente est motivée au regard des incidences notables du projet sur l'environnement. Elle précise les prescriptions que devra respecter le maître d'ouvrage ainsi que les mesures et caractéristiques du projet destinées à éviter les incidences négatives notables, réduire celles qui ne peuvent être évitées et compenser celles qui ne peuvent être évitées ni réduites. Elle précise également les modalités du suivi des incidences du projet sur l'environnement ou la santé humaine. / La décision de refus d'autorisation expose les motifs du refus, tirés notamment des incidences notables potentielles du projet sur l'environnement. / II.- Lorsqu'un projet soumis à évaluation environnementale relève d'un régime d'autorisation préalable qui ne répond pas aux conditions fixées au I, l'autorité compétente complète l'autorisation afin qu'elle y soit conforme. / () III.-Les incidences sur l'environnement d'un projet dont la réalisation est subordonnée à la délivrance de plusieurs autorisations sont appréciées lors de la délivrance de la première autorisation. / Lorsque les incidences du projet sur l'environnement n'ont pu être complètement identifiées ni appréciées avant l'octroi de cette autorisation, le maître d'ouvrage actualise l'étude d'impact en procédant à une évaluation de ces incidences, dans le périmètre de l'opération pour laquelle l'autorisation a été sollicitée et en appréciant leurs conséquences à l'échelle globale du projet. En cas de doute quant à l'appréciation du caractère notable de celles-ci et à la nécessité d'actualiser l'étude d'impact, il peut consulter pour avis l'autorité environnementale. Sans préjudice des autres procédures applicables, les autorités mentionnées au V de l'article L. 122-1 donnent un nouvel avis sur l'étude d'impact ainsi actualisée () ".

37. Les associations requérantes soutiennent que l'arrêté méconnaît l'article L. 122-1-1 du code de l'environnement dès lors que l'avis du public, l'avis de l'autorité environnementale et l'avis de l'agence française de la biodiversité n'ont pas été pris en compte, qu'aucune alternative n'a été abordée ni envisagée, et que les incidences cumulées des diverses autorisations n'ont pas été prises en compte. Toutefois, et alors que l'ensemble des avis rendus dans le cadre de ce projet sont visés par le préfet de la Haute-Loire dans l'arrêté du 9 avril 2019 en litige, les associations requérantes n'assortissent pas ce moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, l'arrêté précité n'avait pas à mentionner des alternatives dès lors que cet arrêté a pour objet d'autoriser la réalisation de travaux de reconfiguration et non de décider du principe et de la nature de l'ouvrage. Par suite, ledit moyen doit être écarté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 6 mai 2020 :

38. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que les associations requérantes ne sont pas fondées à soutenir que l'arrêté du 9 avril 2019 en litige est illégal. Par suite, ces dernières ne sont pas fondées à soutenir que l'arrêté du 6 mai 2020 en litige doit être annulé par voie de conséquence de l'annulation de l'arrêté du 9 avril 2019 précité.

39. En deuxième lieu, les requérantes se bornent à soutenir que l'arrêté du 6 mai 2020 en litige ne permet pas de régulariser toutes les irrégularités de l'arrêté du 9 avril 2019. Toutefois, elles n'assortissent leur moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen doit être écarté.

40. En troisième lieu, si les associations requérantes soutiennent que l'arrêté en litige a été pris sans étude d'impact préalable, sans évaluation des incidences Natura 2000 et sans avis préalable de l'autorité environnementale et sans enquête publique, elles n'invoquent toutefois la méconnaissance d'aucune disposition législative ou réglementaire et n'assortissent donc leur moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen doit être écarté.

41. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 181-46 du code de l'environnement : " I. - Est regardée comme substantielle, au sens de l'article L. 181-14, la modification apportée à des activités, installations, ouvrages et travaux soumis à autorisation environnementale qui : 1° En constitue une extension devant faire l'objet d'une nouvelle évaluation environnementale en application du II de l'article R. 122-2 ; 2° Ou atteint des seuils quantitatifs et des critères fixés par arrêté du ministre chargé de l'environnement ; 3° Ou est de nature à entraîner des dangers et inconvénients significatifs pour les intérêts mentionnés à l'article L. 181-3. / La délivrance d'une nouvelle autorisation environnementale est soumise aux mêmes formalités que l'autorisation initiale. () ".

42. Les associations requérantes soutiennent que l'arrêté du 6 mai 2020 en litige opère une modification substantielle du projet, si bien qu'une nouvelle procédure d'autorisation est nécessaire. Toutefois, et alors qu'en tout état de cause, l'arrêté en litige n'apporte aucune modification substantielle au projet initial, les requérantes n'apportent aucune précision permettant d'apprécier le bien-fondé de ce moyen qui doit, par suite, être écarté.

43. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que les associations requérantes ne sont pas fondées à demander l'annulation des arrêtés du 9 avril 2019 et du 6 mai 2020 en litige.

Sur les frais de l'instance :

44. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge de l'Etat et de la société EDF, qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, les sommes que demandent les associations requérantes au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.

45. D'autre part, et en revanche, il convient de mettre à la charge des associations requérantes une somme de 2 000 euros à verser à la société EDF au titre des frais exposés par cette société et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la fédération de protection de la nature en Haute-Loire et de l'association nationale pour la protection des eaux et des rivières est rejetée.

Article 2 : La fédération de protection de la nature en Haute-Loire et l'association nationale pour la protection des eaux et des rivières verseront à la société Electricité de France une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la fédération de protection de la nature en Haute-Loire, première dénommée pour l'ensemble des requérantes, à la société Electricité de France et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie en sera adressée pour information au préfet de la Haute-Loire.

Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Bentéjac, présidente,

- M. Debrion, premier conseiller,

- M. Nivet, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.

Le rapporteur,

J-M. DEBRIONLa présidente,

C. BENTÉJAC

La greffière,

C. PETIT

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°1901656

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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