jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2002123 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | SOULIER-BONNEFOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement le 23 novembre 2020, le 9 août 2021 et le 7 janvier 2022 et un mémoire, enregistré le 11 février 2022, qui n'a pas été communiqué, M. C B, représenté par la SCP Borie et Associés, Mes Niels et Aine, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la délibération du 24 septembre 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Agglo Pays d'Issoire a supprimé son emploi de directeur général de territoire ;
2°) d'annuler la décision du 9 octobre 2020 par laquelle le président de la communauté d'agglomération Agglo Pays d'Issoire lui a notifié son licenciement pour suppression de poste ;
3°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Agglo Pays d'Issoire une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 9 octobre 2020 a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors, d'une part, que la commission consultative paritaire n'a pas été saisie dans le délai requis, d'autre part, que la saisine de cette commission n'était pas accompagnée de documents lui permettant de connaître les raisons de la disparition du besoin et la suppression de son emploi ;
- la délibération du 24 septembre 2020 est entachée d'un détournement de pouvoir ;
- la décision du 9 octobre 2020 doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la délibération du 24 septembre 2020.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 31 janvier 2021, le 3 décembre 2021 et le 4 février 2022, la communauté d'agglomération Agglo Pays d'Issoire, représentée par Me Soulier-Bonnefois, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. B d'une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 13 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 14 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-1101 du 30 décembre 1987 ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le décret n° 89-229 du 17 avril 1989 ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Debrion,
- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique,
- les observations de Me Borie, avocat de M. B,
- et les observations de Me Soulier-Bonnefois, avocate de la communauté d'agglomération Agglo Pays d'Issoire.
Considérant ce qui suit :
1. Recruté en tant qu'agent de développement contractuel en janvier 2000 au sein de la commune d'Ardes-sur-Couze (Puy-de-Dôme), M. B a occupé, à compter du 1er octobre 2013, le poste de chargé de mission " Prospectives territoriales " du syndicat mixte du Pays d'Issoire Val d'Allier Sud. Lors de la création, le 1er janvier 2017, de la communauté d'agglomération Agglo Pays d'Issoire, M. B a été transféré au sein de cet établissement public de coopération intercommunale en qualité d'attaché principal contractuel pour y assurer les fonctions de directeur général de territoire. Par une délibération du 24 septembre 2020, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Agglo Pays d'Issoire a décidé de la suppression de l'emploi de directeur général de territoire. Puis, par une décision du 9 octobre 2020, le président de la communauté d'agglomération Agglo Pays d'Issoire a notifié à M. B son licenciement pour suppression de poste. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la délibération du 24 septembre 2020 et de la décision du 9 octobre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la délibération du 24 septembre 2020 portant suppression de l'emploi de directeur général de territoire :
2. Les emplois civils permanents de l'Etat, des collectivités territoriales et de leurs établissements publics à caractère administratif sont en principe occupés par des fonctionnaires et le législateur n'a permis le recrutement d'agents contractuels qu'à titre dérogatoire et subsidiaire, dans les cas particuliers énumérés par la loi, que ce recrutement prenne la forme de contrats à durée déterminée ou de contrats à durée indéterminée. Par suite, un agent contractuel ne peut tenir de son contrat le droit de conserver l'emploi pour lequel il a été recruté. Lorsque l'autorité administrative entend affecter un fonctionnaire sur cet emploi ou supprimer cet emploi dans le cadre d'une modification de l'organisation du service elle peut, pour ce motif, légalement écarter l'agent contractuel de cet emploi.
3. A la suite des élections municipales du printemps 2020, un nouvel exécutif a été mis en place au sein de la communauté d'agglomération Agglo Pays d'Issoire. Celui-ci a souhaité une nouvelle organisation des services consistant, conformément à l'article 3 du décret du 30 décembre 1987 portant dispositions statutaires particulières à certains emplois administratifs de direction des collectivités territoriales et des établissements publics locaux assimilés, à affirmer le positionnement du directeur général des services dans les missions qui n'incombent qu'à lui dans la gestion de l'ensemble des services administratifs en cohérence avec l'organisation récurrente des institutions similaires à la communauté d'agglomération Agglo Pays d'Issoire. Cette nouvelle organisation a mis fin à la direction bicéphale de l'établissement qui préexistait et qui était partagée entre le directeur général des services et le directeur de territoire. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la délibération en litige, que la suppression du poste d'attaché principal contractuel correspondant à l'emploi de directeur général de territoire occupé par M. B à compter du 1er janvier 2017 résulte de la disparition du besoin satisfait par ce poste compte tenu de la nouvelle organisation de travail souhaitée par le nouvel exécutif.
4. Il ressort également des pièces du dossier que dès la création de la communauté d'agglomération Agglo Pays d'Issoire en 2017, M. A, devenu président de cet établissement public de coopération intercommunale à l'issue du scrutin du printemps 2020, et qui était alors dans l'opposition, s'était montré sceptique par rapport à la mise en place d'une direction bicéphale des services de cet établissement public, laquelle ne lui apparaissait " ni pertinente, ni fonctionnelle ". Il ne ressort en revanche pas des pièces du dossier que la suppression de l'emploi de M. B, quand bien même elle serait concomitante avec l'installation du nouvel exécutif à l'issue des élections communautaires de juin 2020, serait fondée sur des considérations personnelles tenant notamment à une divergence d'opinions politiques avec le nouveau président de la communauté d'agglomération Agglo Pays d'Issoire. Par suite, et peu importe que le reclassement sollicité par M. B par courrier du 9 octobre 2020 aurait sciemment été rendu impossible, ce dont il ne ressort en tout état de cause pas des pièces du dossier, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la suppression de son emploi est entachée d'un détournement de pouvoir.
5. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la délibération du 24 septembre 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Agglo Pays d'Issoire a supprimé son emploi de directeur général de territoire.
En ce qui concerne la décision du 9 octobre 2020 portant licenciement pour suppression de poste :
6. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 5 du présent jugement, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision du 9 octobre 2020 doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la délibération du 24 septembre 2020.
7. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984, en vigueur à la date de la décision en litige : " () Les commissions consultatives paritaires connaissent des décisions individuelles prises à l'égard des agents contractuels et de toute question d'ordre individuel concernant leur situation professionnelle (). Aux termes de l'article 39-3 du décret du 15 février 1988 susvisé, dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " I.-Sans préjudice des dispositions relatives au licenciement pour faute disciplinaire, pour insuffisance professionnelle ou pour inaptitude physique, le licenciement d'un agent contractuel recruté sur un emploi permanent conformément à l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée peut être notamment justifié par l'un des motifs suivants : 1° La disparition du besoin ou la suppression de l'emploi qui a justifié le recrutement de l'agent ; () ". Le II de l'article 39-5 du même décret prévoit que la commission consultative paritaire est consultée en cas de licenciement envisagé par l'autorité territoriale d'un agent contractuel au motif de la suppression de son emploi.
8. D'autre part, aux termes de l'article 35 du décret du 17 avril 1989 susvisé : " Toutes facilités doivent être données aux commissions administratives paritaires par les collectivités et établissements pour leur permettre de remplir leurs attributions. En outre, communication doit leur être donnée de toutes pièces et documents nécessaires à l'accomplissement de leur mission huit jours au moins avant la date de la séance () ". L'article 19 du règlement intérieur de la commission consultative paritaire placée auprès du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Puy-de-Dôme prévoit : " Les dossiers, datés, signés par l'Autorité territoriale, que les collectivités souhaitent soumettre à la CCP doivent être réceptionnés au plus tard à la date limite de saisine accompagnés de toutes les pièces nécessaires à son examen. Passé ce délai, les dossiers seront présentés à une séance ultérieure () ". Le calendrier des commissions consultatives paritaires pour l'année 2020 mentionne que pour la réunion du 8 octobre 2020, à l'occasion de laquelle la question du licenciement de M. B a été abordée, la date limite de réception des dossiers a été fixée au lundi 14 septembre 2020.
9. Il ressort des pièces du dossier que, par courrier du 25 septembre 2020, le président de la communauté d'agglomération Agglo Pays d'Issoire a saisi la commission consultative paritaire de catégorie A placée auprès du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Puy-de-Dôme afin qu'elle puisse, lors de sa séance du 8 octobre 2020, émettre un avis sur le licenciement envisagé de M. B en raison de la suppression de l'emploi de ce dernier. Il ressort également des pièces du dossier que l'ensemble des pièces composant le dossier de M. B ont été adressées aux membres de la commission par un courriel du 29 septembre 2020, soit dans le délai de huit jours au moins avant la date de la séance prévu à l'article 35 du décret du 17 avril 1989. Si, comme il a été dit au point précédent, le calendrier des commissions consultatives paritaires pour l'année 2020 prévoyait que les dossiers examinés lors de la séance du 8 octobre 2020 devaient être remis au plus tard au centre de gestion le 14 septembre 2020, et si, en l'espèce, cette date du 14 septembre 2020 n'a pas été respectée, le non-respect de ce délai est toutefois sans incidence sur la légalité de la décision portant notification de licenciement du 9 octobre 2020 dès lors que le délai de remise des dossiers n'est prévu que pour la bonne organisation de la commission et n'a pas pour objet de régir le délai d'information de ses membres sur les sujets inscrits à l'ordre du jour de ladite commission.
10. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas non plus fondé à demander l'annulation de la décision du 9 octobre 2020 par laquelle le président de la communauté d'agglomération Agglo Pays d'Issoire lui a notifié son licenciement pour suppression de poste.
Sur les frais liés au litige :
11. La communauté d'agglomération Agglo Pays d'Issoire n'étant pas partie perdante dans la présente instance, il convient de rejeter les conclusions présentées par M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, il convient de mettre à la charge du requérant, partie perdante à l'instance, une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'établissement public de coopération intercommunale défendeur et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la communauté d'agglomération Agglo Pays d'Issoire une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la communauté d'agglomération Agglo Pays d'Issoire.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Bentéjac, présidente,
- M. Debrion, premier conseiller,
- M. Nivet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.
Le rapporteur,
J-M. DEBRION
La présidente,
C. BENTÉJAC La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2002123
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026