jeudi 23 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2100235 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | SCP BORIE ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 février 2021 et le 26 mars 2021, M. B A, représenté par la SCP Borie et associés, Me Kiganga, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 septembre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a prononcé sa révocation, ensemble la décision du 3 décembre 2020 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) de substituer à la sanction de révocation, une sanction du troisième groupe de suspension de fonction dont le quantum sera fixé par la juridiction ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision litigieuse est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'au cours des 25 ans de son expérience professionnelle à la préfecture du Puy-de-Dôme, il a toujours réalisé son travail avec sérieux et n'a commis aucune autre faute disciplinaire ; par ailleurs, au moment des faits, il avait des difficultés d'ordre personnel.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen soulevé par M. A n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jaffré,
- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été recruté en qualité d'agent des services par le préfet du Puy-de-Dôme le 1er janvier 1995 et intégré dans le corps des agents administratifs le 31 décembre 2005. Par un arrêté du 26 mars 2020, il a été suspendu à titre conservatoire. Par arrêté du 22 septembre 2020, le ministre de l'intérieur a prononcé la révocation de M. A. Le requérant a formé un recours gracieux le 7 octobre 2020 qui a été rejeté le 3 décembre 2020. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 22 septembre 2020 et de la décision du 3 décembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 25 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Le fonctionnaire exerce ses fonctions avec dignité, impartialité, intégrité et probité () ". Aux termes de l'article 66 de la loi du 11 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'État alors applicable : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes. Premier groupe : - l'avertissement ; - le blâme ; - l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours. Deuxième groupe : - la radiation du tableau d'avancement ; -l'abaissement d'échelon à l'échelon immédiatement inférieur à celui détenu par l'agent ; - l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de quatre à quinze jours ; - le déplacement d'office. Troisième groupe : - la rétrogradation au grade immédiatement inférieur et à l'échelon correspondant à un indice égal ou, à défaut, immédiatement inférieur à celui afférent à l'échelon détenu par l'agent ; - l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de seize jours à deux ans. Quatrième groupe : - la mise à la retraite d'office ; - la révocation. "
3. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
4. Pour prononcer, par l'arrêté attaqué, la révocation à titre disciplinaire de M. A, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur les motifs tirés de ce qu'il avait d'une part réalisé le 28 avril 2016 un faux document à l'en-tête de la préfecture informant un ressortissant étranger de la délivrance imminente d'une carte de résident permanent, et d'autre part, usurpé l'identité du directeur de cabinet du préfet afin de faire croire à un membre de sa famille qu'il bénéficiait d'une proposition d'embauche au sein de la préfecture, en rédigeant, au nom du directeur du cabinet de la préfecture, un courrier et des messages téléphoniques. M. A a été déclaré coupable par deux jugements du tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand du 18 septembre 2020 des faits reprochés. Pour les premiers faits, M. A a été condamné à un an d'emprisonnement avec sursis et à une interdiction d'exercer un emploi dans toute fonction ou emploi public pour une durée de 5 ans. Pour les seconds, il a été condamné à 18 mois d'emprisonnement avec sursis, au paiement d'une indemnité de 6 000 euros à la partie civile et à une interdiction d'exercer un emploi dans toute fonction ou emploi public pour une durée de 5 ans.
5. Les faits reprochés à M. A, dont la matérialité ne peut être contestée, constituent des manquements particulièrement graves aux obligations de probité des fonctionnaires, aggravés par la circonstance que l'intéressé était en fonction au service des transports et prévention des risques routiers et était notamment en charge de la répartition des places d'examens du permis de conduire auprès des écoles de conduite et des candidats libres et de l'instruction des demandes de label " qualité des formations au sein des écoles de conduite ". Ces faits constituent également des manquements aux obligations d'exemplarité et de dignité auxquelles sont astreints les fonctionnaires. Le requérant se prévaut de ses bons états de service et de difficultés d'ordre privé. Toutefois, compte tenu de la gravité des faits reprochés à M. A et du poste occupé par l'intéressé, de nature à rompre la relation de confiance avec son employeur, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la révocation dont il fait l'objet serait disproportionnée.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête présentée par M. A doivent être rejetées et, par voie de conséquence, en tout état de cause, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée pour information au préfet du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Bentéjac, présidente,
- Mme Jaffré, première conseillère,
- M. Nivet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2023.
La rapporteure,
M. JAFFRÉ
La présidente,
C. BENTÉJAC La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2100235
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026