mardi 3 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2100444 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | CABINET FIDAL CLERMONT-FERRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 2 mars 2021 et 21 juillet 2021 et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative et enregistré le 15 décembre 2023, la société Salers Biogaz, représentée en dernier lieu par son administrateur judiciaire, représentée par la SELAS Fidal, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2021-0197 du 15 février 2021 par lequel le préfet du Cantal a suspendu l'activité de l'unité de méthanisation qu'elle exploite sur la zone d'activités des quatre routes de Salers sur le territoire de la commune de Sainte-Eulalie en imposant, pour la reprise de l'exploitation du site, des mesures d'amélioration de fonctionnement ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure dès lors que le principe du contradictoire n'a pas été respecté ;
- le prélèvement des échantillons a été effectué en méconnaissance des conditions réglementaires fixées à l'article L. 171-3-1 du code de l'environnement ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit dès lors que l'article L. 512-20 du code de l'environnement n'autorise pas l'arrêt, même à titre provisoire, d'une installation classée pour la protection de l'environnement, lequel ne peut être prononcé qu'en vertu du 3° du II de l'article L. 171-8 du même code ;
- il est entaché d'une erreur de fait dès lors qu'il résulte du constat de l'huissier qu'aucune nuisance olfactive forte n'a été constatée sur le site, que le constat de l'inspecteur des installations classées pour la protection de l'environnement n'était pas circonstancié et est subjectif et qu'aucun texte n'impose que le bassin d'incendie soit uniquement alimenté en eaux pluviales ;
- il est également entaché d'une erreur de fait en retenant l'existence d'une pollution des eaux superficielles par écoulement en aval du site ;
- l'arrêté attaqué est illégal dès lors que les mesures correctives qu'il prévoit sont insuffisamment précises et que la mesure de suspension est disproportionnée.
Par des mémoires en défense enregistrés les 29 avril 2021 et 25 août 2021, le préfet du Cantal conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur la requête dès lors que, par un arrêté du 29 juillet 2021, il a levé les mesures d'urgence prises par l'arrêté préfectoral contesté du 15 février 2021 ;
- en tout état de cause, les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Brun,
- et les conclusions de Mme Trimouille, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiées (SAS) Salers Biogaz a déposé, le 14 février 2019, un dossier de déclaration au titre de la législation sur les installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) concernant une unité de méthanisation située sur la zone d'activités des quatre routes de Salers sur le territoire de la commune de Sainte-Eulalie. Le 22 janvier 2021, l'inspecteur des installations classées pour la protection de l'environnement a procédé au contrôle de ce site de méthanisation et a conclu à un risque de pollution des eaux superficielles en aval du site. Par un arrêté du 15 février 2021, le préfet du Cantal a pris un arrêté de suspension de l'activité sous réserve de la mise en œuvre de mesures correctives. La SAS Salers Biogaz demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 15 février 2021.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Aux termes de l'article L. 512-20 du code de l'environnement : " En vue de protéger les intérêts visés à l'article L. 511-1, le préfet peut prescrire la réalisation des évaluations et la mise en œuvre des remèdes que rendent nécessaires soit les conséquences d'un accident ou incident survenu dans l'installation (). Ces mesures sont prescrites par des arrêtés pris, sauf cas d'urgence, après avis de la commission départementale consultative compétente ". Aux termes du I de l'article L. 514-6 du même code : " Les décisions prises en application des articles () L. 512-20 () sont soumises à un contentieux de pleine juridiction () ".
3. Il résulte des dispositions de l'article L. 514-6 du code de l'environnement que les décisions prises en application de l'article L. 512-20 de ce code, au titre de la police des installations classées pour la protection de l'environnement, sont soumises à un contentieux de pleine juridiction. Il appartient au juge de ce contentieux de se prononcer sur l'étendue des obligations mises à la charge des exploitants par l'autorité compétente au regard des circonstances de fait et de droit existant à la date à laquelle il statue.
4. Lorsqu'à la suite d'un accident ou d'un incident survenu dans une installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE), l'autorité administrative suspend, sur le fondement de l'article L. 512-20 du code de l'environnement, l'exploitation de l'installation dans l'attente de la réalisation des mesures qu'elle prescrit afin de protéger les intérêts visés à l'article L. 511-1 du même code et que l'exploitant forme un recours tendant à l'annulation de cette décision, l'exécution complète de cette dernière en cours d'instance rendant de nouveau effective l'exploitation de l'ICPE prive d'objet ce recours et il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
5. Il résulte de l'instruction que l'inspecteur des installations classées pour la protection de l'environnement a mis en évidence, le 22 janvier 2021, une pollution des eaux superficielles sur le site de l'unité de méthanisation exploitée à Sainte Eulalie par la SAS Salers Biogaz. Par l'arrêté contesté du 15 février 2021, le préfet du Cantal a, en son article 1er, suspendu l'activité de l'unité de méthanisation en soumettant, en son article 3, la levée des mesures après avis de l'inspecteur des installations classées pour la protection de l'environnement. Par un arrêté n°2021-1021 du 29 juillet 2021, le préfet du Cantal a levé les mesures d'urgence prises par l'arrêté contesté du 15 février 2021 au motif que les conditions prévues aux articles 1er et 3 de l'arrêté en litige étaient, à la date de l'inspection effectuées le 20 juillet 2021, remplies, les travaux restant en cours étant sans incidence sur les intérêts protégés à l'article L. 511-1 du code de l'environnement. Il s'ensuit que l'arrêté attaqué, qui n'avait ni pour objet ni pour effet de modifier l'autorisation d'exploiter délivrée à la SAS Salers Biogaz a ainsi été complètement exécuté par cette dernière société après l'introduction, le 2 mars 2021, du recours qu'elle formé devant le Tribunal.
6. Dans ces conditions, les conclusions de la demande présentée devant le tribunal tendant à l'annulation de l'arrêté du 15 février 2021 ont perdu leur objet à la date du présent jugement. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le préfet du Cantal tendant à ce qu'il n'y ait plus lieu de statuer sur la requête présentée par la SAS Salers Biogaz ne peut qu'être accueillie.
Sur les frais liés au litige :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la SAS Salers Biogaz tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Salers Biogaz est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SELARL Sudre, liquidateur judiciaire de la SAS Salers Biogaz, et à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Cantal.
Délibéré après l'audience du 19 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. A, président,
- Mme Jaffré, première conseillère,
- M. Brun, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.
Le rapporteur,
J. Brun
Le président,
M. A
Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2100444
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606980
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante camerounaise, qui contestait l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire ordonnant son transfert vers la Norvège, responsable de sa demande d'asile en vertu du règlement (UE) n° 604/2013. Le tribunal a jugé que la décision de transfert était suffisamment motivée, le préfet ayant visé le règlement et indiqué que Mme B... détenait un visa norvégien périmé depuis moins de six mois. Il a également estimé que le préfet avait procédé à un examen particulier de sa situation, incluant sa vulnérabilité, et que les moyens tirés de la méconnaissance des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation n'étaient pas fondés. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation et des conclusions accessoires.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606981
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de M. C..., un ressortissant libyen, qui contestait le refus de l'OFII de lui accorder les conditions matérielles d'accueil pour demandeur d'asile. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence et d'insuffisance de motivation, jugeant la décision suffisamment fondée en droit et en fait. Il a également estimé que l'OFII n'avait pas commis d'erreur de droit en refusant l'accueil au seul motif que M. C... avait présenté une demande de réexamen, et que le requérant n'avait pas démontré que sa vulnérabilité ou la dignité humaine avaient été méconnues. La solution retenue s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 551-15, et la directive 2013/33/UE.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606983
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme A..., ressortissante burkinabée, qui contestait l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire ordonnant son transfert vers la Belgique pour l'examen de sa demande d'asile. Le tribunal a jugé que la décision de transfert était suffisamment motivée, en application de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et a écarté les moyens tirés de la méconnaissance des articles 4, 5, 21 et 3 du règlement (UE) n°604/2013. La solution retenue confirme la légalité de la procédure de détermination de l'État responsable, fondée sur le visa délivré par les autorités belges.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606985
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de M. E..., ressortissant érythréen, qui contestait l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire ordonnant son transfert vers la Suisse, pays responsable de l'examen de sa demande d'asile en application du règlement (UE) n° 604/2013. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés, notamment l'incompétence du signataire, le défaut de motivation, la violation des droits à l'information et à l'entretien individuel, ainsi que l'existence de défaillances systémiques en Suisse. Il a jugé que la décision était suffisamment motivée et que la situation personnelle de l'intéressé ne justifiait pas l'application de la clause discrétionnaire de l'article 17 du règlement. En conséquence, la demande d'annulation et les conclusions accessoires ont été rejetées.
01/06/2026