jeudi 11 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2100613 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | AD'VOCARE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement le 22 mars 2021 et le 19 mai 2021, M. B A, représenté par la SELARL Retex Avocats, Me Matras, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 décembre 2020 par lequel le maire de la commune de Billom a refusé de lui délivrer un permis de construire en vue de la création d'un local industriel en bâtiment modulaire ainsi que la décision du 4 mars 2021 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Billom de lui délivrer le permis de construire sollicité dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Billom une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le refus de permis de construire a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- il a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article Ui du plan local d'urbanisme ;
- la fraude ne constitue pas un motif de refus figurant dans l'arrêté en litige ; il n'a pas commis de fraude.
Par des mémoires en défense, enregistrés respectivement le 5 mai 2021 et le 8 juin 2021, la commune de Billom, représentée par l'AARPI Ad'Vocare, Me Bourg, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 6 mai 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 juin 2021.
Un mémoire, présenté par la commune de Billom, a été enregistré le 2 mai 2022, soit postérieurement à la clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Debrion,
- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bourg, avocate de la commune de Billom.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est propriétaire de la parcelle cadastrée 40 AC 199 sur le territoire de la commune de Billom (Puy-de-Dôme). Le 20 juillet 2020, il a sollicité la délivrance d'un permis de construire en vue de la création, sur cette parcelle, d'un local industriel en bâtiment modulaire. Par un arrêté du 4 décembre 2020, le maire de la commune de Billom a refusé de lui délivrer le permis de construire sollicité. Le 20 janvier 2021, M. A, par l'intermédiaire de son conseil, a formé un recours gracieux contre cet arrêté. Par une décision du 4 mars 2021, le maire de la commune de Billom a rejeté ce recours gracieux. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 4 décembre 2020 et de la décision du 4 mars 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
3. En vertu de l'article L. 562-1 du code de l'environnement, l'Etat élabore et met en application des plans de prévention des risques naturels prévisibles, en particulier pour les inondations, qui ont notamment pour objet de délimiter les zones exposées aux risques, en tenant compte de leur nature et de leur intensité, d'y interdire les constructions ou la réalisation d'aménagements ou d'ouvrages ou de prescrire les conditions dans lesquelles ils doivent être réalisés, utilisés ou exploités. L'article L. 562-4 du même code précise que " le plan de prévention des risques naturels prévisibles approuvé vaut servitude d'utilité publique. Il est annexé au plan d'occupation des sols, conformément à l'article L. 126-1 du code de l'urbanisme () ".
4. Les prescriptions d'un plan de prévention des risques naturels prévisibles, destinées notamment à assurer la sécurité des personnes et des biens exposés aux risques en cause et valant servitude d'utilité publique, s'imposent directement aux autorisations de construire, sans que l'autorité administrative soit tenue de reprendre ces prescriptions dans le cadre de la délivrance du permis de construire. Il incombe à l'autorité compétente pour délivrer une autorisation d'urbanisme de vérifier que le projet respecte les prescriptions édictées par le plan de prévention et, le cas échéant, de préciser dans l'autorisation les conditions de leur application. Si les particularités de la situation l'exigent et sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, il peut subordonner la délivrance du permis de construire sollicité à des prescriptions spéciales, s'ajoutant aux prescriptions édictées par le plan de prévention dans cette zone, si elles lui apparaissent nécessaires pour assurer la conformité de la construction aux dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Ce n'est que dans le cas où l'autorité compétente estime, au vu d'une appréciation concrète de l'ensemble des caractéristiques de la situation d'espèce qui lui est soumise et du projet pour lequel l'autorisation de construire est sollicitée, y compris d'éléments déjà connus lors de l'élaboration du plan de prévention des risques naturels, qu'il n'est pas légalement possible d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions permettant d'assurer la conformité de la construction aux dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, qu'elle peut refuser, pour ce motif, de délivrer le permis.
5. Pour refuser de délivrer à M. A le permis de construire sollicité, le maire de la commune de Billom s'est fondé sur le fait que le projet du requérant était soumis pour partie à un aléa fort au risque d'inondation du ruisseau de Marcillat tel que cela ressort de l'étude préliminaire à l'élaboration du plan de prévention des risques naturels prévisibles d'inondation du bassin de l'Angaud, dans sa version actualisée en 2020 et à un risque de submersion en cas de survenance d'une crue centennale.
6. Il ressort des pièces du dossier, et plus particulièrement de la confrontation du plan de masse produit par M. A au soutien de son dossier de demande de permis de construire avec le document intitulé " Plan de Prévention des Risques Naturels Prévisibles d'inondation (PPRNPi) du bassin de l'ANGAUD Cartographie des aléas Commune de BILLOM Porter à connaissance " réalisé en novembre 2020 que le local industriel et l'aire de stationnement projetés par le requérant sur la parcelle 40 AC 199 doivent être implantés, pour la majeure partie du projet, sur une partie de cette parcelle soumise à un aléa fort au risque d'inondation. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'au vu des caractéristiques de la situation et du projet du requérant, le permis de construire sollicité aurait pu, sans modifier substantiellement le projet, être délivré en étant assorti de prescriptions spéciales susceptibles d'éviter le risque de submersion. Dans ces conditions, et dès lors que le requérant ne remet pas sérieusement en cause le classement pour partie de sa parcelle en zone d'aléa fort par le projet de PPRNPi en se bornant à soutenir qu'un tel classement est incompatible avec le classement en zone Ui de sa parcelle, par le plan local d'urbanisme, qui doit permettre les constructions de locaux industriels, il n'est pas fondé à soutenir que le maire de la commune de Billom a commis une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en refusant de lui délivrer un permis de construire.
7. En deuxième lieu, le requérant ne peut pas utilement invoquer une méconnaissance des dispositions de l'article Ui du plan local d'urbanisme de la commune de Billom dès lors que le refus de permis de construire en litige n'a pas pour motif ces dispositions.
8. En dernier lieu, M. A ne peut pas davantage se prévaloir utilement de ce qu'il n'a pas commis de fraude dès lors que la fraude n'est pas au nombre des motifs retenus par l'autorité administrative pour refuser de lui délivrer le permis de construire sollicité.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
10. Compte tenu du sort réservé aux conclusions à fin d'annulation, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par le requérant ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. D'une part, la commune de Billom n'étant pas partie perdante à l'instance, il convient de rejeter les conclusions présentées par M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
12. D'autre part, le requérant a la qualité de partie perdante à l'instance. Par suite, il y a lieu de mettre à sa charge une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la commune de Billom une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Billom.
Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Bentéjac, présidente,
- M. Debrion, premier conseiller,
- M. Nivet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 11 janvier 2024.
Le rapporteur,
J-M. DEBRION La présidente,
C. BENTEJAC
La greffière,
P. CHEVALIER
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026