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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2100721

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2100721

jeudi 5 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2100721
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre 2
Avocat requérantSCP COLLET DE ROCQUIGNY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 2 avril 2021, 13 mai 2022 et 30 mai 2022, l'association de défense du cadre de vie du quartier du Léry, M. B A et M. D F, représentés par la SCP Collet - de Rocquigny - Chantelot - Brodiez - Gourdou, demandent au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 7 septembre 2020 par lequel la préfète de l'Allier a autorisé le défrichement partiel des parcelles cadastrées section AY n°336 et 331 situées rue du Léry à Bellerive-sur-Allier ainsi que la décision de rejet de leur recours gracieux ;

2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète de l'Allier de procéder à un nouvel examen de la demande d'autorisation de défrichement présentée par Mme C.

Les requérants soutiennent que :

- leur requête est recevable dès lors qu'ils disposent d'un intérêt pour agir contre l'arrêté du 7 septembre 2020 ;

- la décision de l'autorité environnementale du 20 août 2020 qui dispense le projet d'évaluation environnementale estentachée d'erreur d'appréciation ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur d'appréciation commise par le préfet qui n'a pas retenu l'atteinte à la biodiversité et à la préservation de la faune et de la flore du site concerné pour refuser l'autorisation de déchiffrement en application de l'alinéa 8 de l'article L. 341-5 du code forestier.

Par des mémoires en défense enregistrés le 23 décembre 2021 et le 21 juillet 2022 le préfet de l'Allier conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 21 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 23 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement

- le code forestier ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Nivet,

- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique,

- les observations de Me Ramirez, avocate de l'association de défense du cadre de vie du quartier du Léryet les observations de M. E, représentant la préfète de l'Allier.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 7 septembre 2020, la préfète de l'Allier a autorisé le défrichement des parcelles cadastrées section AY n°336 et n°331 situées rue du Léry à Bellerive-sur-Allier appartenant à Mme G C. Le 5 décembre 2020, l'association de défense du cadre de vie du quartier du Léry et Messieurs A et F ont formé un recours gracieux contre cet arrêté portant autorisation de défrichement, recours rejeté par une décision du 8 février 2021. Par la présente requête, les requérants demandent au tribunal l'annulation de l'arrêté du 7 septembre 2020 ainsi que l'annulation de la décision de rejet de leur recours gracieux.

2. En premier lieu, l'article R. 122-2 du code de l'environnement prévoit : " I. - Les projets relevant d'une ou plusieurs rubriques énumérées dans le tableau annexé au présent article font l'objet d'une évaluation environnementale, de façon systématique ou après un examen au cas par cas, en application du II de l'article L. 122-1, en fonction des critères et des seuils précisés dans ce tableau. () ". En application de la ligne 47 du tableau annexé à cet article, applicable au présent litige, les " défrichements soumis à autorisation au titre de l'article L. 341-3 du code forestier en vue de la reconversion des sols, portant sur une superficie totale, même fragmentée, de plus de 0,5 hectare " sont soumis à examen au cas par cas.

3. Le projet de défrichement, qui porte sur 0,7 hectare de bois, entre dans le champ de l'examen au cas par cas prévu par les dispositions précitées. L'autorité environnementale a donc légalement pu dispenser le projet d'évaluation environnementale par décision du 20 août 2020. Les requérants, qui se bornent à alléguer que l'autorité environnementale n'aurait pas réalisé de véritables vérifications, n'apportent aucun élément de nature à établir le bien-fondé de leurs allégations. Par suite, le projet en litige entrait dans le champ de l'examen au cas par cas s'agissant de l'évaluation environnementale.

4. En second lieu, selon l'article L. 341-5 du code forestier : " L'autorisation de défrichement peut être refusée lorsque la conservation des bois et forêts ou des massifs qu'ils complètent, ou le maintien de la destination forestière des sols, est reconnu nécessaire à une ou plusieurs des fonctions suivantes : / () / 8° A l'équilibre biologique d'une région ou d'un territoire présentant un intérêt remarquable et motivé du point de vue de la préservation des espèces animales ou végétales et de l'écosystème ou au bien-être de la population ; () ".

5. Les requérants soutiennent que les terrains concernés par le défrichement présentent un intérêt environnemental, faunistique et floristique remarquable qui se caractérise notamment par la présence de spécimens protégés tels que l'œillet superbe (dianthus superbus) et le scarabée pique-prune (osmoderma eremita). Il ressort néanmoins des pièces du dossier, et notamment du diagnostic écologique du 16 juillet 2021, réalisé postérieurement à l'arrêté contesté mais révélant la situation existante à la date à laquelle il a été pris et dont aucun élément apporté par les requérants ne permet d'établir qu'il aurait été réalisé par un bureau d'étude partial ou qu'il comporterait des manquements méthodologiques, que la présence de ces espèces n'a pas été observée et que seules des espèces communes et non menacées ont pu être identifiées. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en autorisant le défrichement des parcelles concernées.

6. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 7 septembre 2020 et de la décision rejetant leur recours gracieux contesté. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A, de M. F et de l'association de défense du cadre de vie du quartier du Léry est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'association de défense du cadre de vie du quartier du Léry, première dénommée pour l'ensemble des requérants, à Mme G C et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie en est adressée à la préfète de l'Allier.

Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Bentéjac, présidente,

M. Debrion, premier conseiller,

Mme Nivet, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe 5 octobre 2023.

Le rapporteur,

C. NIVET

La présidente,

C. BENTEJAC La greffière,

C. PETIT

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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