vendredi 3 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2100727 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SCP BORIE ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 avril 2021 et 7 octobre 2022, Mme B A, représentée par la SCP Borie et associés, avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 novembre 2020 par laquelle le maire de la commune de Clermont-Ferrand a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie cardio-vasculaire ainsi que le rejet de son recours gracieux dirigé contre cette décision ;
2°) d'annuler la décision par laquelle le maire de la commune de Clermont-Ferrand a implicitement rejeté la demande de reconnaissance d'imputabilité au service de l'accident formée le 14 décembre 2020 ;
3°) d'enjoindre au maire de la commune de Clermont-Ferrand de reconnaître l'imputabilité au service de son accident et de son congé de maladie ordinaire, à compter du 10 avril 2019 ainsi que de son mi-temps thérapeutique à compter du 10 octobre 2019, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Clermont-Ferrand, une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les décisions attaquées :
- sont illégales dès lors que l'autorité municipale n'a pas préalablement saisi la commission de réforme ;
- sont entachées d'une erreur de droit dès lors que l'autorité municipale aurait dû reconnaître l'imputabilité au service de son accident cardio-vasculaire survenu le 10 avril 2019 ;
- sont entachées d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2022, la commune de Clermont-Ferrand représentée par la SELARL DMMJB avocats conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Une ordonnance du 19 septembre 2022 a fixé la clôture d'instruction au 3 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jurie ;
- les conclusions de M. Panighel, rapporteur public ;
- et les observations de Me Kiganga, représentant Mme A et de Me Lambert, représentant la commune de Clermont-Ferrand.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A est ingénieure principale et occupe depuis le 1er juin 2018 la fonction de responsable du pôle exploitation à la direction du patrimoine bâti de la commune de Clermont-Ferrand. Le 10 avril 2019, Mme A a été prise d'un malaise avec sensation d'enserrement de la poitrine alors qu'elle occupait son poste de travail et a été hospitalisée pour affection cardio-vasculaire. A la suite de cet évènement, elle a été placée en congé de maladie ordinaire jusqu'au 9 octobre 2019 puis a repris son activité en mi-temps thérapeutique jusqu'au 9 avril 2020. Elle a demandé, par courrier du 15 novembre 2019, la reconnaissance de l'imputabilité au service de la maladie qui la mise dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. À la suite d'une expertise médicale et de l'avis rendu par la commission départementale de réforme le 16 septembre 2020, la commune de Clermont-Ferrand a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie par un courrier du 25 septembre 2020, notifié le 9 octobre 2020. Par un courrier du 4 octobre 2020, Mme A a demandé à la commune de reconnaître son accident comme étant imputable au service. Par une décision du 4 novembre 2020, notifiée à l'intéressée le 9 novembre 2020, la commune a rejeté cette demande. Mme A a réitéré sa demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident survenu le 10 avril 2019 par courrier daté du 14 décembre 2020. Il est constant que le maire de la commune de Clermont-Ferrand a conservé le silence sur cette demande qu'il doit, ainsi, être regardé comme l'ayant implicitement rejetée. Par un courrier datant du 23 décembre 2020 reçu par la commune le 24 décembre 2020, l'intéressée a formé un recours gracieux contre la décision du 4 novembre 2020 à la suite duquel est née une décision implicite de rejet. Par sa requête, Mme A doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision du 4 novembre 2020 et du rejet du recours gracieux dirigé contre cette dernière ainsi que l'annulation de la décision implicite rejetant sa demande datée du 14 décembre 2020.
Sur la légalité externe des décisions attaquées :
2. Aux termes de l'article 37-6 du décret du 30 juillet 1987 susvisé, dans sa rédaction applicable au litige : " La commission de réforme est consultée par l'autorité territoriale : / 1° Lorsqu'une faute personnelle ou toute autre circonstance particulière est potentiellement de nature à détacher l'accident du service ; / 2° Lorsqu'un fait personnel du fonctionnaire ou toute autre circonstance particulière étrangère notamment aux nécessités de la vie courante est potentiellement de nature à détacher l'accident de trajet du service ; / 3° Lorsque l'affection résulte d'une maladie contractée en service telle que définie au IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée dans les cas où les conditions prévues au premier alinéa du même IV ne sont pas remplies ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a demandé, le 15 novembre 2019, la reconnaissance de la maladie qu'elle impute à son activité professionnelle du fait de son affection cardiovasculaire dont les premiers symptômes sont apparus le 10 avril 2019 puis se sont réitérés le 13 avril 2019. Le 16 septembre 2020, la commission de réforme a émis un avis défavorable au motif qu'au regard du rapport du médecin de prévention du 8 janvier 2020 et de l'expertise médicale du 30 janvier 2020, " la pathologie présentée par l'agent n'est pas imputable au service en l'absence de lien direct et essentiel avec les fonctions exercées ". Par un courrier du 4 octobre 2020, reçu le 6 octobre 2020, Mme A a, cette fois-ci, demandé la reconnaissance de son accident cardiovasculaire du 10 avril 2019 comme étant imputable au service. Le maire de la commune de Clermont-Ferrand a répondu défavorablement à cette demande par la décision attaquée sans de nouveau consulter la commission de réforme. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la commission de réforme s'était déjà prononcée le 16 septembre 2020 pour les mêmes faits. En outre, l'accident de service dont se prévaut la requérante résulte de la même pathologie que celle sur laquelle la commission de réforme avait déjà émis un avis le 16 septembre 2020 alors, de surcroît, que les documents médicaux sur lesquels est fondé cet avis évoquent l'accident cardio-vasculaire du 10 avril 2019 subi par Mme A. Dès lors, la demande de reconnaissance de l'accident de service présentée par la requérante n'exigeait pas une nouvelle consultation de cette commission. Dès lors, le maire de la commune de Clermont-Ferrand doit être regardé comme s'étant régulièrement prononcé après la première consultation de la commission de réforme. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la commission de réforme aurait dû à nouveau se prononcer sur sa nouvelle demande datée du 4 octobre 2020.
Sur la légalité interne des décisions attaquées :
4. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. ".
5. Un accident survenu sur le lieu et dans le temps du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par un fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal présente, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant cet évènement du service, le caractère d'un accident de service. Toutefois, s'agissant des malaises, accidents cardiaques ou vasculaires cérébraux qui sont au nombre de ces circonstances particulières, il y a lieu, par exception, de rechercher s'il existe un lien direct entre cet accident et les conditions d'exécution du service. Il appartient au juge administratif, saisi d'une décision de l'autorité administrative compétente refusant de reconnaître l'imputabilité au service d'un accident, de se prononcer au vu des circonstances de l'espèce.
6. S'il ressort des pièces du dossier que Mme A a été victime d'une douleur thoracique le 10 avril 2019 vers 10 heures du matin alors qu'elle occupait son poste, son hospitalisation le même jour a permis de révéler une pathologie coronarienne correspondant à une dissection coronaire spontanée de l'artère antérieure. Il résulte de ce qui précède que dans un tel cas, il y a lieu, de rechercher s'il existe un lien direct entre cet accident et les conditions d'exécution du service. En l'espèce, selon le rapport d'expertise médicale du 30 janvier 2020, Mme A est affectée par une pathologie relativement rare qui ne peut être reconnue comme en lien avec son activité professionnelle même si les premiers symptômes sont apparus durant son service. De plus, aucun des rapports médicaux versés au dossier n'établissent un lien entre l'accident de la requérante et " la surcharge de travail " dont elle se prévaut. Enfin, les rapports médicaux produits devant le tribunal évoquent un état anxiodépressif dont il n'est pas établi qu'il serait à l'origine de l'accident cardiovasculaire du 10 avril 2019. Dès lors, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'accident dont Mme A fait état entretiendrait un lien avec l'exercice de ses fonctions ou ses conditions de travail. Ainsi, Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'accident cardio-vasculaire du 10 avril 2019 serait imputable au service. Par suite, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le maire de la commune de Clermont-Ferrand a pu refuser de reconnaître cet évènement comme un accident de service.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées et, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions de la commune de Clermont-Ferrand présentées en application de ces mêmes dispositions à l'encontre de Mme A doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Clermont-Ferrand tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Clermont-Ferrand.
Délibéré après l'audience du 5 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mai 2024.
Le rapporteur,
G. JURIE Le président,
R. CARAËS
La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026