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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2100802

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2100802

jeudi 11 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2100802
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre 2
Avocat requérantPAYET-MORICE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement avant-dire droit du 21 décembre 2023, le tribunal, statuant sur la requête de M. D et Mme B A C et autres, représentés par la SCP Berenger Blanc Burtez-Doucede, Me Burtez-Doucede, tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de Mozac a accordé un permis de construire à la société Atrium pour la réalisation d'un ensemble immobilier comprenant des commerces, restaurants, services et bureaux ainsi qu'un parc de stationnement souterrain sur un terrain situé rue Jean Zay à Mozac ainsi que la décision implicite rejetant leur recours gracieux a décidé de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, pendant un délai de quatre mois à compter de la notification du jugement, dans l'attente de la régularisation des vices affectant le permis en litige.

Par un mémoire, enregistré le 16 mai 2024, les sociétés Atrium et Loca Park, ont indiqué, en exécution de ce jugement, bénéficier d'un permis modificatif délivré par le maire de la commune de Mozac.

Un mémoire a été enregistré le 21 juin 2024 pour M. et Mme A C et autres et n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- l'arrêté du 22 octobre 2010 relatif à la classification et aux règles de construction parasismique applicables aux bâtiments de la classe dite " à risque normal " ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Nivet,

- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique,

- et les observations de Me Goutille représentant la commune de Mozac et qui se substitue à Me Payet-Morice pour les sociétés Atrium et Loca Park.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire () estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".

2. En premier lieu, par un jugement avant dire-droit du 21 décembre 2023, le tribunal avait relevé un vice tenant à l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire en l'absence de l'étude d'impact ou de la décision de l'autorité chargée de l'examen au cas par cas dispensant le projet d'évaluation environnementale prévue à l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme.

3. Par une décision du 2 mai 2024, la préfète de de la région Auvergne-Rhône-Alpes a décidé, à l'issue d'un examen au cas par cas, que le projet était dispensé d'évaluation environnementale. Par suite, le vice tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme a été régularisé.

4. En second lieu, par le jugement avant dire-droit précité, le tribunal avait relevé un vice tenant à l'absence de mention expresse, dans l'arrêté de permis de construire, de l'obligation de demander et d'obtenir une autorisation complémentaire avant l'ouverture au public en application de l'article L. 425-3 du code de l'urbanisme.

5. Par un arrêté du 13 mai 2024, le maire de la commune de Mozac a délivré un permis de construire modificatif mentionnant cette obligation. Par suite, l'illégalité résultant de l'absence de mention, dans l'arrêté litigieux, de l'obligation de demander et d'obtenir une autorisation complémentaire avant l'ouverture au public en application de l'article L. 425-3 du code de l'urbanisme a été régularisée.

6. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté de permis de construire du 13 mai 2024 permet de régulariser les vices constatés par le tribunal par jugement avant-dire droit du 21 décembre 2023. Ainsi, les conclusions à fin d'annulation présentées par les requérants doivent être rejetées.

7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens () ". Il résulte de ces dispositions que le paiement des sommes exposées et non comprises dans les dépens ne peut être mis à la charge que de la partie qui perd pour l'essentiel. La circonstance qu'au vu de la régularisation intervenue en cours d'instance, le juge rejette finalement les conclusions dirigées contre la décision initiale, dont les requérants étaient fondés à soutenir qu'elle était illégale et dont ils sont, par leur recours, à l'origine de la régularisation, ne doit pas à elle seule, pour l'application de ces dispositions, conduire le juge à mettre les frais à leur charge ou à rejeter les conclusions qu'ils présentent à ce titre.

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter l'ensemble des conclusions des parties présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A C et autres requérants est rejetée.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D de C et Mme B de C, représentants uniques, pour l'ensemble des requérants, à la société Atrium, à la société Loca Park et à la commune de Mozac.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bentéjac, présidente,

Mme Jaffré, première conseillère,

Mme Nivet, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.

Le rapporteur,

C. NIVET

La présidente,

C. BENTÉJAC La greffière,

C. PETIT

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°210080

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