mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2101093 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SCP COLLET DE ROCQUIGNY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 21 mai 2021 et 14 septembre 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué et le 5 juin 2024, M. A B, représenté par la SCP Collet - Rocquigny - Chantelot - Brodiez - Gourdou et associés, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du " 4 janvier 2020 " par lequel le maire de la commune de La Bourboule l'a placé en disponibilité d'office, ainsi que le rejet de son recours gracieux dirigé contre cette décision ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de La Bourboule de lui proposer un reclassement compatible avec sa situation de santé ;
3°) de mettre la somme de 2 000 euros à la charge de la commune de La Bourboule en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la décision le plaçant en disponibilité d'office est illégale dès lors que préalablement à l'édiction de celle-ci, l'autorité municipale n'a procédé à aucune recherche de reclassement ;
- la cour administrative d'appel de Lyon a annulé les arrêtés du 11 janvier 2019 et du 19 juillet 2019 et qu'" en regard de cette décision, l'arrêté du 4 janvier 2020 n'avait pas lieu d'être ".
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 octobre 2021, la commune de La Bourboule, représentée par Me Goutille, avocate, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle a été introduite tardivement ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Une ordonnance en date du 5 juin 2024 a fixé la clôture d'instruction au 20 juin 2024.
Par des lettres en date du 2 juillet 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué le plaçant en disponibilité d'office et du rejet de son recours gracieux dirigé contre cette décision, dès lors que ces conclusions ont été présentées postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux ayant commencé à courir à compter de l'intervention de la décision implicite de rejet de ce recours gracieux dans la mesure où l'administration n'est pas soumise à l'obligation d'accuser réception d'une demande d'un de ses agents et, ainsi, de lui indiquer le délai de naissance d'une décision implicite pour faire courir le délai de recours contentieux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jurie ;
- les conclusions de M. Panighel, rapporteur public ;
- et les observations de Me Goutille, représentant la commune de La Bourboule.
Une note en délibéré, présentée pour M. B, a été enregistrée le 8 juillet 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Il est constant que M. B exerçait les fonctions d'agent de surveillance de la voie publique en qualité d'adjoint administratif territorial. Par un arrêté en date du 4 janvier 2020, notifié à l'intéressé le 9 janvier 2021, le maire de la commune de La Bourboule a placé M. B en disponibilité d'office pour motif de santé à compter du 22 novembre 2020. Par sa requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté ainsi que du rejet de son recours gracieux dirigé contre celui-ci.
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article R. 421-5 dudit code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Aux termes de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception () ". Aux termes de l'article L. 112-2 du même code : " Les dispositions de la présente sous-section ne sont pas applicables aux relations entre l'administration et ses agents ". Aux termes de l'article L. 231-4 dudit code : " Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : / 1° Lorsque la demande ne tend pas à l'adoption d'une décision présentant le caractère d'une décision individuelle ; / 2° Lorsque la demande ne s'inscrit pas dans une procédure prévue par un texte législatif ou réglementaire ou présente le caractère d'une réclamation ou d'un recours administratif ; / 3° Si la demande présente un caractère financier sauf, en matière de sécurité sociale, dans les cas prévus par décret ; / 4° Dans les cas, précisés par décret en Conseil d'Etat, où une acceptation implicite ne serait pas compatible avec le respect des engagements internationaux et européens de la France, la protection de la sécurité nationale, la protection des libertés et des principes à valeur constitutionnelle et la sauvegarde de l'ordre public ; / 5° Dans les relations entre l'administration et ses agents ".
3. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions qu'en cas de naissance d'une décision implicite de rejet du fait du silence gardé par l'administration pendant la période de deux mois suivant la réception d'une demande, le délai de deux mois pour se pourvoir contre une telle décision implicite court dès sa naissance à l'encontre d'un agent public, alors même que l'administration n'a pas accusé réception de la demande de cet agent, les dispositions de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration n'étant pas applicables aux agents publics.
4. En premier lieu, l'arrêté plaçant M. B en disponibilité d'office comporte la mention des voies et délais de recours ouverts à son encontre.
5. En second lieu, il ressort des termes mêmes du courrier reçu par la commune de La Bourboule le 11 janvier 2021 que, par ce dernier, M. B a formé un recours gracieux contre " l'arrêté 2021-03 RH DORS ", soit contre l'arrêté par lequel l'autorité municipale l'a placé en disponibilité d'office. Or, le courrier daté du 15 février 2021 adressé par le maire de La Bourboule à l'intéressé ne comporte aucune réponse au recours gracieux de celui-ci dès lors qu'il se contente de lui rappeler les modalités du bénéfice de l'allocation chômage ainsi que le régime indemnitaire qui en découle. Dans ces conditions, l'autorité municipale doit être regardée comme ayant gardé le silence sur le recours gracieux dont elle a été saisie par M. B. En conséquence, une décision implicite de rejet du recours gracieux de M. B est intervenue le 11 mars 2021, date à compter de laquelle a ainsi couru le délai de recours contentieux de deux mois, qui est un délai franc. Dans ces conditions, le requérant avait jusqu'au 12 mai 2021 pour saisir le tribunal. Ainsi, dès lors que la requête de M. B a été déposée le 21 mai 2021 au greffe du tribunal, elle a été enregistrée postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux. Par suite, la requête a été introduite tardivement et, pour ce motif, qui a été relevé d'office par le tribunal et dont les parties ont été informées par un courrier du 2 juillet 2024, doit être rejetée comme étant irrecevable.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées et, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions de la commune de La Bourboule présentées à l'encontre du requérant en application de ces mêmes dispositions doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de La Bourboule tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de La Bourboule.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
Le rapporteur,
G. JURIE
La présidente,
R. CARAËS
La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026