vendredi 22 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2101206 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | MICHEL LEDOUX ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 juin 2021, Mme C F, agissant en son nom personnel et en qualité de représentante légale de ses enfants mineures E, D et G F, représentée par la SCP Ledoux et Associés, Me Quinquis demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le directeur du centre hospitalier de Mauriac a implicitement rejeté sa demande du 2 avril 2021 réceptionnée le 6 avril 2021 tendant à ce que le décès de son mari soit reconnu au titre de l'accident de service et à la saisine de la commission de réforme ;
2°) d'assortir les arrérages des intérêts de droit à compter de la demande d'indemnisation formulée auprès du centre hospitalier de Mauriac avec capitalisation des intérêts ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Mauriac une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'imputabilité du décès de son époux au service doit être présumée en vertu de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 dès lors que les premières douleurs thoraciques sont survenues sur le temps et sur le lieu de travail ;
- le décès de son époux est imputable au service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2022, le centre hospitalier de Mauriac, représenté par la SCP d'avocats Gounel-Libert-Pujo, Me Libert, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive en application de la jurisprudence du Conseil d'Etat du 13 juillet 2016, n°387763, M. B ;
- les autres moyens soulevés par Mme F ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 26 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 12 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bollon,
- les conclusions de M. Panighel, rapporteur public,
- et les observations de Me Libert, représentant le centre hospitalier de Mauriac.
Considérant ce qui suit :
1. M. A F, cuisinier au centre hospitalier de Mauriac est décédé à son domicile le 22 mars 2018. Par un courrier du 1er juin 2018, Mme C F a sollicité de la part du centre hospitalier de Mauriac que le décès de son époux soit reconnu comme étant imputable au service. Par une lettre du 18 juillet 2019, le centre hospitalier de Mauriac a rejeté sa demande. Par un courrier du 2 avril 2021, Mme F a de nouveau demandé au centre hospitalier de Mauriac de reconnaitre le décès de son époux comme étant imputable au service et lui a demandé de saisir la commission de réforme. Par la présente requête, Mme F agissant en son nom personnel et au nom de ses filles mineures, demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le directeur du centre hospitalier de Mauriac a implicitement rejeté sa demande.
Sur l'étendue du litige :
2. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
3. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 18 juillet 2019, le centre hospitalier de Mauriac a refusé de reconnaitre le décès de M. F comme présentant le caractère d'un accident de service. Dès lors, le courrier du 2 avril 2021 adressé par Mme F et tendant à la reconnaissance du décès de son mari en accident de service et réceptionné le 6 avril suivant par le centre hospitalier de Mauriac constitue un recours gracieux. Par suite, et compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, il y a lieu de regarder les conclusions en annulation présentées par la requérante comme étant dirigées contre la décision du 18 juillet 2019 et contre la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier de Mauriac :
4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. " et aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".
5. Aux termes de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. / Lorsque dans le délai initial du recours contentieux ouvert à l'encontre de la décision, sont exercés contre cette décision un recours gracieux et un recours hiérarchique, le délai du recours contentieux, prorogé par l'exercice de ces recours administratifs, ne recommence à courir à l'égard de la décision initiale que lorsqu'ils ont été l'un et l'autre rejetés. ".
6. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci en a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
7. La présentation, dans le délai imparti pour introduire un recours contentieux contre une décision administrative, d'un recours administratif, gracieux ou hiérarchique, contre cette décision a pour effet d'interrompre ce délai. Il en va notamment ainsi lorsque, faute de respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et délais de recours, le délai dont dispose le destinataire de la décision pour exercer le recours juridictionnel est le délai découlant de la règle énoncée au point précédent. Lorsque le recours administratif fait l'objet d'une décision explicite de rejet, un nouveau délai de recours commence à courir à compter de la date de notification de cette décision. Si la notification de la décision de rejet du recours administratif n'est pas elle-même assortie d'une information sur les voies et délais de recours, l'intéressé dispose de nouveau, à compter de cette notification, du délai découlant de la règle énoncée au point précédent pour saisir le juge. En cas de silence gardé par l'administration sur le recours administratif, le délai de recours contentieux de droit commun contre la décision administrative contestée recommence à courir dès la naissance d'une décision implicite de rejet du recours administratif lorsque l'autorité administrative a accusé réception de ce dernier recours et que l'accusé de réception comporte les indications prévues à l'article R. 112-5 du code des relations entre le public et l'administration. A défaut, l'intéressé dispose, pour introduire son recours contentieux contre la décision administrative qu'il conteste, à compter du jour où il a eu connaissance de la décision implicite de rejet de son recours administratif, du délai raisonnable découlant de la règle énoncée au point précédent.
8. Il ressort des pièces du dossier que, par une lettre du 18 juillet 2019, le centre hospitalier de Mauriac a refusé de reconnaitre le décès de M. F comme étant imputable au service et que Mme F a eu connaissance de cette décision au plus tard le 13 janvier 2020, date à laquelle elle en a accusé réception par une lettre adressée au centre hospitalier de Mauriac. Cette lettre, par laquelle Mme F se borne à demander les coordonnées de l'assureur du centre hospitalier et à indiquer qu'elle " sai[t] [] que l'établissement ne reconnait pas le décès de [s]on mari en accident de travail ", ne présente pas le caractère d'un recours gracieux ayant conservé le délai du recours contentieux. Par ailleurs, si Mme F a formé un recours gracieux le 2 avril 2021 réceptionné le 6 avril suivant par le centre hospitalier de Mauriac auquel il n'a pas été répondu, ce dernier a été déposé postérieurement à l'échéance du délai raisonnable d'un an découlant de la règle énoncée aux points 6 et 7. Par suite, les délais de recours n'ayant pas été prorogés, les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme F le 7 juin 2021, soit plus d'une année après que la décision de refus du centre hospitalier de Mauriac a été portée à sa connaissance, sont tardives.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
9. Si Mme F conclut à ce que les arrérages qui lui seront servis doivent être assortis des intérêts de droit à compter de la demande d'indemnisation avec capitalisation des intérêts, elle ne soulève toutefois aucun moyen écrit à l'appui de ses conclusions. Il en résulte que ces dernières doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le centre hospitalier de Mauriac, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser à Mme F la somme qu'elle demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme F est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à Mme C F et au centre hospitalier de Mauriac.
Délibéré après l'audience du 8 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mars 2024.
La rapporteure,
L. BOLLON
La présidente,
R. CARAËS La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au préfet du Cantal en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026