jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2101237 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | AVK AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement le 11 juin 2021 et le 4 octobre 2021, M. C M, Mme R J, M. F N, Mme B I, M. E U, M. Q H, Mme D H, M. A H, Mme T H, M. S H et Mme P L, représentés par la SELARL BLT Droit Public, Me Thiry, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 mars 2021 par lequel le maire de la commune de Saint-Maurice-de-Lignon a délivré au groupement agricole d'exploitation en commun (GAEC) des Coins un permis de construire pour la création d'une stabulation, d'une fosse à lisier, d'un tunnel de stockage de fourrage et de deux silos ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Maurice-de-Lignon une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- l'arrêté du 16 mars 2021 a été signé par une autorité incompétente ;
- le dossier de demande de permis de construire était incomplet au regard des dispositions des articles R. 431-5, R. 431-8, R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- le permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions des articles A 3, A 4 - 2) et A 11 - 3) du code de l'urbanisme ;
- il a été délivré en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- il a été délivré en méconnaissance des articles 153-3 et 155-2 du règlement sanitaire départemental ;
- il a été délivré en méconnaissance des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme ;
- le permis de construire a été obtenu par fraude.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 août 2021, la commune de Saint-Maurice-de-Lignon représentée par la SELARL DMMJB Avocats, Me Juilles, conclut au rejet de la requête, à la suppression d'un passage outrageant et à la mise à la charge des requérants d'une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en ce que les requérants n'ont pas d'intérêt à agir contre le permis de construire accordé au GAEC des Coins ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2021, le GAEC de la Petite Croix (anciennement le GAEC des Coins), représenté par la société AVK Associés, Me Gros, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge des requérants d'une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en ce que les requérants n'ont pas d'intérêt à agir contre le permis de construire qui lui a été accordé ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 3 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 avril 2023.
Par un courrier du 17 mai 2024, les parties ont été invitées, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser des vices susceptibles d'entacher le permis de construire en litige.
Par un mémoire, enregistré le 27 mai 2024, la commune de Saint-Maurice-de-Lignon a présenté des observations sur la possibilité de régulariser ces vices.
Par un mémoire, enregistré le 28 mai 2024, le GAEC de la Petite Croix a présenté des observations sur la possibilité de régulariser ces vices.
Une note en délibéré, présentée par la commune de Saint-Maurice-de-Lignon, a été enregistrée le 12 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Debrion,
- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique,
- les observations de Me Thiry, avocat des requérants,
- les observations de Me Juilles, avocate de la commune de Saint-Maurice-de-Lignon,
- et les observations de Me Gros, avocat du GAEC de la Petite Croix.
Considérant ce qui suit :
1. Le groupement agricole d'exploitation en commun (GAEC) des Coins, devenu le GAEC de la Petite Croix, a déposé auprès de la commune de Saint-Maurice-de-Lignon (Haute-Loire) le 3 décembre 2020 une demande de permis de construire en vue de la construction, sur les parcelles cadastrées section AX nos 271, 273 et 396, d'une stabulation, d'une fosse à lisier, et d'un tunnel de stockage de fourrage. Le 28 janvier 2021, ce GAEC a déposé une autre demande de permis de construire pour la construction, sur les parcelles précitées, de deux silos. Par un arrêté du 16 mars 2021, le maire de la commune de Saint-Maurice-de-Lignon a délivré au GAEC des Coins un permis de construire pour la création d'une stabulation, d'une fosse à lisier, d'un tunnel de stockage de fourrage et de deux silos. Par la présente requête, M. C M, Mme R J, M. F N, Mme B I, M. E U, M. Q H, Mme D H, M. A H, Mme T H, M. S H et Mme P L demandent au tribunal d'annuler cet arrêté du 16 mars 2021.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation () ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
3. Dans l'hypothèse où des conclusions communes sont présentées par des requérants différents dans une même requête, il suffit que l'un des requérants soit recevable à agir devant la juridiction pour que le juge puisse, au vu d'un moyen soulevé par celui-ci, faire droit à ces conclusions communes.
4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des écritures en défense de la commune de Saint-Maurice-de-Lignon, que la parcelle cadastrée section AX n° 234 sur laquelle est implantée la maison d'habitation de M. U se trouve à environ 220 mètres des bâtiments, objets du permis de construire en litige. Il ressort également des pièces du dossier que le projet porté par le GAEC des Coins prévoit la construction d'une stabulation dont il n'est pas contesté qu'elle est destinée à accueillir quatre-vingt-douze vaches, de sorte que ce projet est susceptible de générer des nuisances, notamment sonores et olfactives pour M. U. Par suite, ce dernier justifie bien d'un intérêt à agir contre le permis de construire accordé au GAEC des Coins le 16 mars 2021. La circonstance selon laquelle il existerait déjà à proximité de la maison d'habitation de ce requérant une autre exploitation agricole engendrant déjà des nuisances de la nature de celles précitées n'est pas de nature à lui dénier un tel intérêt au vu de l'aggravation des nuisances qu'il subira. Dès lors, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'intérêt à agir des autres requérants, la requête, en tant qu'elle est présentée par M. U, est recevable.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal () ". Aux termes de l'article L. 2131-1 du même code, dans sa version applicable au litige : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement () / Le maire peut certifier, sous sa responsabilité, le caractère exécutoire de ces actes () / La publication ou l'affichage des actes mentionnés au premier alinéa sont assurés sous forme papier. La publication peut également être assurée, le même jour, sous forme électronique, dans des conditions, fixées par un décret en Conseil d'Etat, de nature à garantir leur authenticité () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que le permis de construire en litige a été signé par M. G O, 6ème adjoint au maire, qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté en date du 27 mai 2020 pris par le maire de la commune de Saint-Maurice-de-Lignon, d'une délégation à l'effet de signer notamment les permis de construire. Il ressort toutefois des pièces du dossier que cet arrêté n'a été affiché que le 29 juin 2021, de sorte qu'à la date à laquelle le permis de construire en litige a été signé, soit le 16 mars 2021, l'arrêté de délégation du 27 mai 2020, à le supposer encore en vigueur à la date du permis de construire en litige, n'était pas exécutoire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être accueilli.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; () ". Aux termes de l'article R. 431-5 de ce code : " La demande de permis de construire précise : () i) S'il y a lieu, que les travaux portent sur une installation, un ouvrage, des travaux ou une activité soumis à déclaration en application de la section 1 du chapitre IV du titre Ier du livre II du code de l'environnement ; () ". Aux termes de l'article R. 431-8 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. / Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les cotes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan ". Aux termes de l'article R. 431-10 de ce code : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
8. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
9. De première part, si les requérants soutiennent que le document PC2 ne fait pas apparaître le plan des réseaux secs et humides et ne comporte aucune indication concernant l'accès à la voie publique, en méconnaissance de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme, ces dispositions ne prévoient toutefois pas de telles exigences.
10. De deuxième part, si les requérants soutiennent que le document PC3, à savoir le plan en coupe du terrain et de la construction, est très succinct puisqu'il n'y a aucune cote NGF et que les niveaux du terrain naturel et du terrain fini, ainsi que le pourcentage de pente ne sont pas indiqués, en méconnaissance de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, ces dispositions ne prévoient toutefois pas de telles exigences.
11. De troisième part, si les requérants soutiennent que l'affirmation contenue dans la notice PC4 selon laquelle " les terrains environnants aux abords immédiats supportent essentiellement de la prairie naturelle en pente douce " est erronée puisque la pente des terrains environnants est proche des 10 %, il ne ressort pas des pièces du dossier que quand bien même la pente serait effectivement de 10 %, soit une pente " forte " selon la classification retenue par le service territorial de l'architecture et du patrimoine, l'appréciation de l'autorité administrative aurait été faussée par cet élément.
12. De quatrième part, si les requérants soutiennent que le plan des toitures n'est pas présent dans le document PC5, en méconnaissance des dispositions du a) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, il ressort des pièces du dossier que la nature des matériaux utilisés pour la toiture ainsi que la pente de cette toiture (26 %) sont indiquées dans le plan en coupe (PC3) et que la notice paysagère précise également la nature des matériaux utilisés pour la toiture mais également celle utilisée pour le tunnel.
13. De cinquième part, si les requérants soutiennent que s'agissant du document PC6, il n'y a pas de document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction dans son environnement proche ainsi que le traitement des accès et du terrain, en méconnaissance des dispositions du c) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, il ressort des pièces du dossier que la combinaison des documents PC7 et PC8 produits par les requérants avec le document intitulé " Volet paysager " également produit par les requérants et qui comporte notamment une vue du ciel du projet porté par le GAEC des Coins permet d'apprécier l'insertion dudit projet dans son environnement proche et que le plan de situation (document PC1) et la vue du ciel du projet contenue dans le document intitulé " Volet paysager " produits par les requérants et le document intitulé " plan projet " à l'échelle 1/500 produit par la commune défenderesse permettent d'identifier le traitement des accès et du terrain.
14. De sixième part, si les requérants soutiennent que le document PC8 représente une insertion paysagère inexacte puisque l'impact visuel du projet est très nettement minimisé et ne donne absolument pas une image sincère et fidèle du projet, il ressort toutefois des pièces du dossier que l'ensemble des documents fournis, notamment le document intitulé " Volet paysager " produit par les requérants et qui comporte notamment une vue du ciel du projet porté par le GAEC des Coins, a permis aux services instructeurs de la demande de permis de construire d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement proche mais également éloigné, les photographies que les requérants ont intégrées aux pages 36 et 37 de leur mémoire en réplique n'établissant pas le contraire faute d'avoir été prises au même endroit que celui retenu pour réaliser le document PC8.
15. De septième part, dans leurs écritures en réplique, les requérants soutiennent que le dossier de demande de permis de construire n'était pas accompagné d'une notice précisant l'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement, en méconnaissance de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme. Il ne ressort effectivement pas des pièces du dossier que le dossier de demande de permis de construire déposé par le GAEC des Coins aurait été accompagné d'une notice précisant les éléments précités. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le plan de situation (document PC1) et la vue du ciel du projet contenue dans le document intitulé " Volet paysager " produits par les requérants ainsi que le document intitulé " plan projet " à l'échelle 1/500 produit par la commune défenderesse permettent d'identifier l'organisation et l'aménagement des accès au terrain, ainsi qu'aux constructions, et il ne ressort pas des pièces du dossier que des aires de stationnement auraient été prévues dans le cadre du projet porté par le GAEC des Coins.
16. De dernière part, s'il n'est pas contesté que le projet porté par le GAEC des Coins était soumis à déclaration en application de la section 1 du chapitre IV du titre Ier du livre II du code de l'environnement, et plus précisément en application de la rubrique 2.1.5.0 de l'article R. 214-1 du code de l'environnement, et que le GAEC des Coins n'a pas, en méconnaissance des dispositions du i) de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme, mentionné cette information dans son dossier de demande de permis de construire, l'absence de précision sur ce point dans ce dossier est sans incidence sur la légalité de ce permis dès lors que l'absence de non-opposition à déclaration fait seulement obstacle à l'exécution des travaux autorisés par le permis de construire, ce que rappelle d'ailleurs l'article 4 du permis en litige.
17. Il résulte de ce qui a été dit aux points 9 à 16 que le moyen tiré du caractère incomplet du dossier de demande de permis de construire doit être écarté.
18. En troisième lieu, aux termes de l'article A 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Maurice-de-Lignon applicable en zone A intitulé " Accès et voirie " : " Pour être constructible, un terrain doit être desservi par une voie publique ou privée dont les caractéristiques doivent permettre de satisfaire aux exigences de sécurité, de défense contre l'incendie, de protection civile. Les accès et voiries devront être adaptés aux usages qu'ils supportent ou aux opérations qu'ils doivent desservir. / () / Les autorisations d'utilisation du sol peuvent être refusées si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic () ".
19. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des photographies produites par les requérants eux-mêmes mais également de l'application Google Maps librement accessible tant au juge qu'aux parties, que l'accès au projet porté par le GAEC des Coins s'effectue à partir d'une route suffisamment large à cet endroit, et que, malgré la présence à proximité de cet accès d'un virage assez prononcé, la visibilité est suffisamment dégagée. Les requérants qui qualifient la circulation automobile d'importante à cet endroit n'apportent toutefois pas d'éléments suffisamment précis permettant d'apprécier l'importance de cette circulation et du trafic supporté par la route en cause. S'ils font état de ce que des projections de résidus de terre et de fumier seront importantes et rendront la chaussée accidentogène et dangereuse, ils n'apportent aucun élément permettant d'en justifier. Par suite, les requérants, qui d'ailleurs estiment dans leurs écritures initiales qu'il ne s'agit pas d'un élément " essentiel ", ne sont pas fondés à soutenir que l'accès au projet porté par le GAEC des Coins ne permettrait pas de satisfaire aux exigences de sécurité, et donc que le permis de construire en litige aurait été délivré en méconnaissance des dispositions de l'article A 3 citées au point précédent.
20. En quatrième lieu, aux termes du 2) de l'article A 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Maurice-de-Lignon applicable en zone A intitulé " Eaux pluviales " : " () En l'absence ou en cas d'insuffisance de ce réseau, les aménagements nécessaires au libre écoulement des eaux pluviales sont à la charge exclusive du pétitionnaire qui doit réaliser les dispositifs d'infiltration ou de rétention avec rejet à débit limité adaptés à l'opération et au terrain sans porter préjudice aux fonds voisins et devront être conçus de manière à pouvoir être branchés, sur le réseau collectif lorsque celui-ci sera réalisé ".
21. Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 16 mars 2021 en litige : " () La gestion des eaux pluviales du projet se fera en concertation avec la mairie de Saint-Maurice-de-Lignon et conformément au schéma de principe annexé à cet arrêté. / Un dispositif de rétention adapté au terrain et dimensionné par un organisme spécialisé au projet (bâtiments et plateforme imperméabilisée) devra être mis en place avant rejet du trop-plein. L'ensemble des eaux seront rejetées dans la parcelle appartenant au demandeur du permis de construire après une traversée de route qui sera mise en place par la commune. / De même le propriétaire devra prendre en compte dans le cadre de son projet la gestion des eaux de ruissellement provenant des terrains en amont de la plateforme afin que celles-ci n'atteignent pas le bâtiment et ses abords, en ceinturant la plateforme par un fossé tel que représenté sur le schéma joint à l'arrêté ".
22. D'une part, il ressort des pièces du dossier, et plus précisément de la note rédigée par le maire de la commune de Saint-Maurice-de-Lignon le 9 mars 2021, que, dans le cadre de l'écoulement des eaux pluviales, la commune a entendu prendre à sa charge la mise en place d'une traversée diamètre 500/600. En réplique, la commune se borne à faire valoir l'intérêt public de cet équipement, sans contester que les travaux seront pris en charge par la collectivité. Dès lors, en méconnaissance du 2) de l'article 4 du règlement du plan local d'urbanisme, il n'est pas justifié que les aménagements nécessaires au libre écoulement des eaux pluviales soient à la charge exclusive du pétitionnaire.
23. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, et notamment du schéma de principe annexé à l'arrêté en litige, que l'ensemble des eaux doit être rejeté dans la parcelle cadastrée section AB n° 330 appartenant au pétitionnaire mais que cet écoulement ne pourra intervenir sur cette parcelle qu'après la mise en place d'une canalisation traversant la route puis la parcelle cadastrée AB n° 246 appartenant à Mme K H. Or, il ressort des pièces du dossier qu'à la date à laquelle le permis en litige a été délivré, Mme H avait refusé que la canalisation en provenance du terrain d'assiette du projet porté par le GAEC des Coins passe sur sa propriété. Si, en défense, la commune soutient que lesdites eaux seront dorénavant dirigées vers les fossés communaux au regard du refus opposé par Mme H et se prévaut, pour ce faire, de plans du dispositif de récupération des eaux de ruissellement et pluviales établis par un géomètre à la demande du GAEC des Coins, il ne ressort pas des pièces du dossier que ce système d'évacuation des eaux pluviales établi par un géomètre, différent de celui autorisé par le permis de construire en litige, aurait conduit l'autorité administrative à délivrer au GAEC des Coins un permis de construire modificatif prenant en compte ce nouveau système d'évacuation des eaux pluviales qui, d'ailleurs, intègre la présence des silos, ce qui n'était pas le cas dans le précédent système d'après le schéma de principe annexé à l'arrêté du 16 mars 2021.
24. Enfin, comme le soutiennent également les requérants, il ne ressort pas des pièces du dossier que les deux fossés d'écoulement prévus dans le schéma annexé au permis de construire contesté rejoindraient in fine des dispositifs d'infiltration ou de rétention avec rejet à débit limité adaptés à l'opération et au terrain. Par conséquent, les requérants sont également fondés à soutenir que les parcelles cadastrées section AX n° 395 et n° 234 et section AB n° 246, n° 107 et n° 164 sont susceptibles d'accueillir l'eau provenant des parcelles supportant les constructions autorisées par le permis de construire en litige et donc que les dispositifs portent préjudice aux fonds voisins au sens du 2) de l'article A 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune.
25. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 2) de l'article A 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Maurice-de-Lignon doit être accueilli pour les motifs énoncés aux points 22 à 24.
26. En cinquième lieu, aux termes du 3) de l'article A 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Maurice-de-Lignon applicable en zone A intitulé " Exhaussement / affouillement " : " Les constructions s'adapteront au mieux à la pente naturelle du terrain en évitant le plus possible les modifications et en cherchant un équilibre (volume et/ou surface) entre les déblais et remblais, dans la mesure des possibilités techniques (exemple : roches ou présence de réseau en sous-sol () ".
27. Il ressort des pièces du dossier que les documents fournis par le GAEC des Coins, notamment les documents PC3 et PC5, permettaient d'identifier les déblais et remblais du projet. Si les requérants affirment qu'au regard des pentes observées et de la superficie des installations, les affouillements de sols nécessaires à leur implantation dépasseront les conditions d'urbanisation autorisées et prescrites à l'article cité au point précédent, ils n'établissent pas un tel dépassement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 3) de l'article A 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Maurice-de-Lignon applicable en zone A doit être écarté.
28. En sixième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Aux termes de l'article 153-3 du règlement sanitaire départemental : " La conception et le fonctionnement des établissements d'élevage ne doivent pas constituer une nuisance excessive ou présentant un caractère permanent pour le voisinage ". Aux termes de l'article 155-2 du même règlement : " Les fumiers sont déposés sur une aire étanche, munie au moins d'un point bas, où sont collectés les liquides d'égouttage et les eaux pluviales qui doivent être dirigés, à l'aide de canalisations étanches et régulièrement entretenues, vers des installations de stockage étanches ou de traitement des effluents de l'élevage ".
29. Il résulte des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme que lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect. Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
30. D'une part, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet porté par le GAEC des Coins présente des risques pour les usagers de la route dès lors que l'argumentation qu'ils développent sur ce point est identique à celle exposée au soutien de leur moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article A 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Maurice-de-Lignon applicable en zone A et que ce moyen a été écarté au point 19 du présent jugement.
31. D'autre part, si les requérants soutiennent que la fosse à lisier dont la construction est autorisée provoquera des nuisances olfactives, ils ne démontrent pas que cette fosse constituera une nuisance excessive ou présentant un caractère permanent pour le voisinage. D'autre part, si les requérants soutiennent que le dossier de demande de permis de construire ne prévoit pas que les liquides d'égouttage et les eaux pluviales seront rejetés vers des installations de stockage étanches ou de traitement des effluents de l'élevage, il ressort des écritures en défense de la commune, non contestées en réplique, que c'est la fosse à lisier dont la construction est autorisée qui servira à récupérer les liquides d'égouttage et les eaux pluviales.
32. Enfin, et en revanche, il ressort des pièces du dossier que le système d'évacuation des eaux pluviales tel que décrit à l'article 3 de l'arrêté en litige cité au point 21 du présent jugement n'était pas réalisable à la date à laquelle le permis de construire a été accordé, faute d'avoir été précédé de l'accord de la propriétaire de la parcelle cadastrée section AB n° 246 pour accueillir sur sa parcelle la canalisation en provenance du terrain d'assiette du projet porté par le GAEC des Coins. En outre, la description de ce système dans le schéma annexé à l'arrêté du 16 mars 2021 est peu précise, et les deux fossés d'écoulement des eaux pluviales qu'il comprend ne sont pas, d'après les éléments versés au dossier, raccordés à des dispositifs d'infiltration ou de rétention avec rejet à débit limité adaptés à l'opération et au terrain. Le risque d'écoulement de boues et autres substances en lien avec l'activité d'élevage exercée dans les bâtiments autorisés par le permis de construire en litige n'est par ailleurs pas sérieusement contesté. Si, en défense, la commune se prévaut de l'existence de plans d'un géomètre pour définir le système d'évacuation des eaux pluviales, il ne ressort pas des pièces du dossier, comme il a déjà été dit au point 23 du présent jugement, que ces plans, qui prévoient un système d'évacuation des eaux pluviales différent de celui autorisé par le permis de construire en litige, auraient été pris en compte par la délivrance au GAEC des Coins d'un permis modificatif.
33. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être accueilli pour les motifs énoncés au point 32.
34. En septième lieu, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés () ".
35. Les dispositions citées au point précédent poursuivent notamment le but d'intérêt général d'éviter à la collectivité publique ou au concessionnaire d'être contraints, par le seul effet d'une initiative privée, de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics et de garantir leur cohérence et leur bon fonctionnement, sans prise en compte des perspectives d'urbanisation et de développement de la collectivité. Une modification de la consistance d'un des réseaux publics que ces dispositions mentionnent, notamment du réseau public d'assainissement, ne peut être réalisée sans l'accord de l'autorité administrative compétente.
36. Comme il a été dit au point 22 du présent jugement, il ressort des pièces du dossier, et plus précisément de la note du maire de la commune de Saint-Maurice-de-Lignon le 9 mars 2021, que, dans le cadre de l'écoulement des eaux pluviales, la commune a entendu prendre à sa charge la mise en place d'une traversée diamètre 500/600 et justifie son choix, dans ses écritures, en se prévalant de l'intérêt public de cet équipement. Toutefois, en se bornant à prescrire ce dispositif sans s'être assurée de la faisabilité des travaux et du délai de leur réalisation, le maire de la commune de Saint-Maurice-de-Lignon a méconnu les dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme.
37. En dernier lieu, en se bornant à indiquer que le GAEC des Coins n'a pas respecté les dispositions du i) de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme et que le permis de construire a ainsi été délivré sans réflexion aboutie s'agissant des prescriptions techniques relatives à la gestion des eaux pluviales alors que, comme il a été dit au point 16 du présent jugement, le non-respect des dispositions précitées n'a aucune incidence sur la légalité du permis de construire et fait simplement obstacle à l'exécution des travaux autorisés par le permis de construire avant l'obtention d'une décision de non-opposition à déclaration, les requérants n'établissent pas que le bénéficiaire du permis de construire du 16 mars 2021 se serait rendu coupable de fraude pour obtenir ledit permis.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
38. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".
39. Lorsqu'une autorisation d'urbanisme est entachée d'incompétence, qu'elle a été délivrée en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance de l'autorisation, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'une autorisation modificative dès lors que celle-ci est compétemment accordée pour le projet en cause, qu'elle assure le respect des règles de fond applicables à ce projet, répond aux exigences de forme ou a été précédée de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises.
40. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 16 mars 2021 par lequel le maire de la commune de Saint-Maurice-de-Lignon a accordé un permis de construire au GAEC des Coins pour la création d'une stabulation, d'une fosse à lisier, d'un tunnel de stockage de fourrage et de deux silos est entaché de vices tenant à l'incompétence de l'auteur de l'acte, à la méconnaissance des dispositions du 2) de l'article A 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Maurice-de-Lignon, à la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et à la méconnaissance des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme comme il a été dit aux points 6, 25, 33 et 36 du présent jugement.
41. Ces vices sont susceptibles d'être régularisés par la délivrance d'un permis de construire modificatif. Dans ces conditions, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme précitées, de surseoir à statuer dans l'attente de cette régularisation et d'impartir au GAEC de la Petite Croix (anciennement le GAEC des Coins) un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement pour justifier auprès du tribunal d'une mesure de régularisation.
Sur l'application de l'article L. 741-2 du code de justice administrative :
42. En vertu des dispositions de l'article 41 de la loi du 29 juillet 1881 reproduites à l'article L. 741-2 du code de justice administrative, les tribunaux administratifs peuvent, dans les causes dont ils sont saisis, prononcer, même d'office, la suppression des écrits injurieux, outrageants ou diffamatoires.
43. Les écritures dont la suppression est demandée par la commune défenderesse n'excèdent pas le droit à la libre discussion et ne présentent pas un caractère outrageant. Les conclusions tendant à leur suppression doivent par suite être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur les conclusions en annulation des requérants, jusqu'à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement dans les conditions prévues au point 41 du présent jugement.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Maurice-de-Lignon tendant à l'application de l'article L. 741-2 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C M, représentant désigné pour l'ensemble des requérants, à la commune de Saint-Maurice-de-Lignon et au groupement agricole d'exploitation en commun (GAEC) de la Petite Croix.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bentéjac, présidente,
Mme Jaffré, première conseillère,
M. Debrion, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.
Le rapporteur,
J-M. DEBRION
La présidente,
C. BENTÉJAC La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2101237
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
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