vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2101289 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SCP TEILLOT MAISONNEUVE GATIGNOL JEAN FAGEOLE |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête, enregistrée sous le n°2101289, le 17 juin 2021, M. A B demande au tribunal d'annuler :
1°) l'arrêté n°2021/267 du 26 janvier 2021 par lequel le président de la communauté d'agglomération du bassin d'Aurillac l'a placé en congés de maladie ordinaire du 18 octobre au 31 décembre 2020 ;
2°) d'annuler l'arrêté n°2021/268 du 26 janvier 2021 par lequel le président de la communauté d'agglomération du bassin d'Aurillac l'a maintenu en congés de maladie ordinaire du 1er janvier au 28 février 2021 ;
3°) d'annuler l'arrêté n°2021/350 du 12 avril 2021 par lequel le président de la communauté d'agglomération du bassin d'Aurillac l'a maintenu en congés de maladie ordinaire du 1er au 29 avril 2021 ;
4°) d'annuler la décision du 20 avril 2021 par laquelle le président de la communauté d'agglomération du bassin d'Aurillac a rejeté son recours gracieux formé à l'encontre des arrêtés n°2021/267 et n°2021/268 du 26 janvier 2021 ;
Il soutient que :
- les lésions de la coiffe des rotateurs et la chronicité de l'inflammation de la coiffe des rotateurs dont il souffre sont la conséquence de l'accident de service dont il a été victime le 4 octobre 2016.
- l'apparition d'arthrose acromio-claviculaire est la conséquence du choc accidentel ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2021, la communauté d'agglomération du bassin d'Aurillac, représentée par la SCP Teillot et Associés, Me Maisonneuve, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 26 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 12 mai 2023.
II - Par une requête, enregistrée sous le n°2201350 le 17 juin 2022, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté n° 2022/299 qui lui a été notifié le 8 février 2022 par lequel le président de la communauté d'agglomération du bassin d'Aurillac l'a placé en disponibilité d'office à compter du 18 octobre 2021 ainsi que la décision du 20 avril 2022 portant rejet de son recours gracieux.
Il soutient que :
- il conteste cet arrêté pour les mêmes motifs que ceux mentionnés dans le recours enregistré sous le numéro 2101289 ; son inaptitude temporaire est relative à l'accident de service dont il a été victime le 4 octobre 2016 ; il doit bénéficier du maintien de son plein traitement ;
- il aurait dû être placé en congé de longue maladie ;
- il pourrait peut-être être reclassé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 novembre 2022, la communauté d'agglomération du bassin d'Aurillac, représentée par la SCP Teillot et Associés, Me Maisonneuve, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne satisfait pas aux exigences de l'article R. 411-1 du code de justice administrative.
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 26 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 12 mai 2023.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bollon,
- les conclusions de M. Panighel, rapporteur public,
- et les observations de Me Marion, représentant la communauté d'agglomération du bassin d'Aurillac
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, chauffeur collecte au sein du service environnement de la communauté d'agglomération du bassin d'Aurillac, a été victime le 4 octobre 2016 d'un accident reconnu imputable au service ayant eu pour conséquence un traumatisme de l'épaule gauche. Par des arrêtés n°2021/267 et n°2021/268 du 26 janvier 2021 et un arrêté n°2021/350 du 12 avril 2021, le président de la communauté d'agglomération du bassin d'Aurillac l'a placé en congés de maladie ordinaire du 18 octobre 2020 au 31 décembre 2020, du 1er janvier au 28 février 2021 et du 1er au 29 avril 2021. Par un courrier du 30 mars 2021, M. B a formé un recours gracieux à l'encontre des arrêtés n°s 2021/267 et 2021/268 du 26 janvier 2021 qui a été rejeté par une décision du 20 avril 2021. Par un arrêté n°2022/299 notifié le 8 février 2022 au requérant, le président de la communauté d'agglomération du bassin d'Aurillac a placé M. B en disponibilité d'office pour un an à compter du 18 octobre 2021. Par un courrier du 1er avril 2022, M. B a formé un recours gracieux contre cet arrêté qui a été rejeté par décision du 20 avril 2022. Par les présentes requêtes, M. B demande l'annulation de ces décisions.
2. Les requêtes n° 2101289 et n° 2201350 présentées par M. B concernent la situation d'un même fonctionnaire et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les arrêtés n°s 2021/267 et 2021/268 du 26 janvier 2021 et l'arrêté n°2021/350 du 12 avril 2021 :
3. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 alors en vigueur : " I. Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service. / II. Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service ".
4. Le droit, prévu par ces dispositions, de conserver l'intégralité du traitement est soumis à la condition que la maladie mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'accomplir son service soit en lien direct, mais non nécessairement exclusif, avec un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de ses fonctions.
5. Il ressort des pièces du dossier et notamment du rapport d'expertise médicale du 18 novembre 2020 réalisée à la demande de la communauté d'agglomération du bassin d'Aurillac que l'accident du 4 octobre 2016, reconnu imputable au service, a entrainé pour M. B un traumatisme de l'épaule gauche consistant en une tendinite compliquée de rupture du tendon sus-et sous-épineux. Il ressort également dudit rapport que les arrêts de travail du requérant faisant l'objet des décisions attaquées sont la conséquence d'un état inflammatoire de la coiffe des rotateurs associé à une arthrose acromio-claviculaire et que cette affection constitue une pathologie indépendante évoluant pour son propre compte qui n'est pas en lien avec l'accident du 4 octobre 2016. Si M. B conteste les conclusions de l'expert, il ne produit toutefois aucune pièce médicale ou aucun élément de nature à les contredire. Par suite, son moyen doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés n°2021/267 et n°2021/268 du 26 janvier 2021, de l'arrêté n°2021/350 du 12 avril 2021 et de la décision rejetant son recours gracieux.
En ce qui concerne l'arrêté n°2022/299 :
7. En premier lieu, en se bornant à se référer aux motifs invoqués dans l'instance enregistrée sous le n° 2101289 et à soutenir que son inaptitude est la conséquence de son accident de service du 4 octobre 2016, M. B n'assortit pas son moyen de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause et au surplus, il résulte de ce qui a été dit au point 5 du présent jugement que ses arrêts de travail à compter du 18 octobre 2020 ne sont pas en lien avec ledit accident de service.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 alors applicable: " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. () ; / 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. () ".
9. En se bornant à soutenir qu'il aurait dû bénéficier de congés de longue maladie prévus par les dispositions citées au point précédent sans produire aucune pièce ou aucun élément au soutien de son allégation, M. B ne met pas le tribunal à même de juger du bien-fondé de son moyen alors que l'arrêté attaqué, qui rejette implicitement mais nécessairement sa demande de placement en congés de longue maladie, s'est appuyé sur un avis du comité médical départemental indiquant que l'intéressé n'en remplissait pas les conditions.
10. En dernier lieu, si M. B soutient qu'il pourrait " peut-être être reclassé ", il n'assortit pas son moyen de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté n°2022/299 et de la décision rejetant son recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
12. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la communauté d'agglomération du bassin d'Aurillac au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n°s 2101289 et 221350 de M. B sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté d'agglomération du bassin d'Aurillac au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3: Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la communauté d'agglomération du bassin d'Aurillac.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
La rapporteure,
L. BOLLON
La présidente,
R. CARAËS La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au préfet du Cantal en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2 ; 2201350
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026