vendredi 22 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2101374 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | LAFFONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 juin 2021, Mme B D C A, représentée par Me Laffont, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 février 2021 par laquelle le préfet de Haute-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour et la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de Haute-Loire de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Elle soutient que :
- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'un défaut de motivation ;
- le préfet ne justifie pas avoir pris en considération les revenus de son époux au moment où la décision a été prise ;
- elle n'a pas été mise en mesure de justifier des revenus de son époux, qui avaient augmenté, ni de la présence des membres de sa famille en France ;
- les conditions d'exercice du recours hiérarchique se sont avérées inexactes, le courrier recommandé lui étant revenu avec la mention " destinataire inconnu à l'adresse " ;
- la décision méconnaît le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle pouvait prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 octobre 2022, le préfet de Haute-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 24 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 22 novembre 2022.
Mme D C A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- Vu l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Caraës,
Considérant ce qui suit :
1. Mme B D C A, ressortissante marocaine née le 6 avril 1972, est entrée en France le 27 juillet 2020 sous couvert d'un titre de séjour délivré par les autorités italiennes le 2 juillet 2013. Le 6 août 2020, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par une décision du 4 février 2021, le préfet de Haute-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Le 21 avril 2021, elle a formé un recours gracieux auprès du préfet de Haute-Loire et un recours hiérarchique auprès du ministre de l'intérieur qui ont fait l'objet de décisions implicites de rejet. Par la présente requête, Mme D C A demande au tribunal d'annuler la décision du 4 février 2021 du préfet de Haute-Loire et la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
2. La décision du 4 février 2021 en litige vise les considérations de droit qui en constituent le fondement, notamment les articles L. 313-4-1 et L. 313-11-1 et le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et comporte également l'énoncé des éléments de fait relatifs à la situation familiale et personnelle de Mme D C A. Si elle indique que le préfet n'a pas tenu compte des revenus effectivement perçus par son époux à la date de la décision en litige, l'autorité administrative a précisé que les revenus du foyer avaient été évalués à la somme de 1 201,74 euros nets mensuels en prenant en compte les fiches de paie jusqu'en août 2020 qui seules avaient été transmises au service. Par suite, le préfet de Haute-Loire n'a pas entaché la décision du 4 février 2021 d'un défaut de motivation.
3. Le moyen tiré de ce que le préfet ne justifie pas avoir pris en considération les revenus de l'époux de Mme D C A à la date de la décision en litige est inopérant dès lors que le refus de titre de séjour est, à titre principal, fondé sur le motif tiré de ce que l'intéressée ne pouvait bénéficier des dispositions de l'article L. 313-4-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence d'éléments établissant qu'elle n'avait pas perdu le statut de résident de longue durée - UE.
4. Aux termes de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration : " Lorsqu'une demande adressée à l'administration est incomplète, celle-ci indique au demandeur les pièces et informations manquantes exigées par les textes législatifs et réglementaires en vigueur. Elle fixe un délai pour la réception de ces pièces et informations. () ".
5. Les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile constituent des dispositions spéciales régissant le traitement par l'administration des demandes de titres de séjour, en particulier les demandes incomplètes, que le préfet peut refuser d'enregistrer. Par suite, la procédure prévue à l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration n'est pas applicables à ces demandes.
6. En tout état de cause, pour prendre le refus de titre en litige, le préfet de Haute-Loire n'a pas opposé à l'intéressée le caractère incomplet de son dossier mais, comme il a déjà été indiqué, à titre principal, la circonstance que Mme D C A ne pouvait bénéficier des dispositions de l'article L. 313-4-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence d'éléments établissant qu'elle n'avait pas perdu le statut de résident de longue durée - UE et, à titre subsidiaire et uniquement dans l'hypothèse où elle établirait bénéficier toujours de ce statut en Italie, qu'elle ne pouvait se prévaloir d'un droit au séjour au titre des mêmes dispositions dès lors notamment que les revenus du foyer n'étaient pas suffisants pour assurer son entretien et celui des membres de sa famille. Par ailleurs, il était loisible à la requérante de produire les pièces qu'elle estimait utiles à l'instruction de sa demande de titre de séjour. Par suite, la requérante, qui ne se réfère qu'au code des relations entre le public et l'administration sans en invoquer une disposition précise, ne peut utilement faire valoir qu'elle n'a pas été mise en mesure de justifier des revenus de son époux qui avaient augmenté ni de la présence des membres de sa famille en France.
7. La circonstance que les conditions d'exercice de son recours hiérarchique telles que précisées par l'autorité administrative seraient inexactes est sans incidence sur la légalité des décisions en litige.
8. Aux termes des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors applicable, : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () / 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
9. Mme D C A fait valoir que son époux de nationalité marocaine est en situation régulière et travaille, qu'elle est entrée régulièrement en France et qu'elle bénéficie d'une promesse d'embauche. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressée n'est entrée en France que le 27 juillet 2020 accompagnée de ses deux enfants après avoir résidé en Italie de 2003 à 2016 et être retournée vivre au Maroc jusqu'à sa date d'entrée en France en 2020. Elle a ainsi vécu en étant longtemps éloignée de son époux. Par suite, et alors même que son père réside régulièrement en France, rien ne s'oppose à ce que la vie familiale de Mme D C A se poursuive ailleurs qu'en France et notamment au Maroc où elle n'établit pas être dépourvue d'attaches familiales. La circonstance qu'elle bénéficie d'une promesse d'embauche ne caractérise pas une insertion particulière au regard de sa durée de séjour. Dès lors, le refus de délivrance du titre de séjour litigieux n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale et n'a, par suite, pas méconnu les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, la décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de la situation familiale de Mme D C A.
10. Pour les mêmes motifs que ceux précédemment énoncés, le préfet de Haute-Loire n'a pas méconnu l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme D C A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D C A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C A et au préfet de Haute-Loire.
Délibéré après l'audience du 8 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mars 2024.
La présidente-rapporteure,
R. CARAËS
L'assesseur le plus ancien,
G. JURIE La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au préfet de Haute-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026