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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2101389

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2101389

jeudi 27 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2101389
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre 2
Avocat requérantSCP TEILLOT MAISONNEUVE GATIGNOL JEAN FAGEOLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 1er juillet 2021 et le 28 janvier 2022, et un mémoire, enregistré le 22 mai 2023, qui n'a pas été communiqué, M. et Mme B A, représentés par Me Maamouri, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 3 mars 2021 par laquelle le maire de la commune de Lezoux (Puy-de-Dôme) a refusé à Inès A, leur fille, la possibilité de consommer le repas tiré du sac qu'ils lui avaient préparé ainsi que la décision portant rejet implicite de leur recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de Lezoux d'accepter qu'Inès A puisse consommer le repas tiré du sac lorsque le menu préparé à la cantine scolaire se compose de viande porcine ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Lezoux une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable ;

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle a été prise en méconnaissance du principe d'égalité ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'intérêt général qui s'attache à ce que tous les enfants puissent se nourrir ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle a été prise en méconnaissance de la liberté de conscience et de la liberté religieuse ;

- si la décision en litige est justifiée par le règlement intérieur de la restauration scolaire, aucun article dudit règlement n'interdit la consommation des repas tirés du sac et la commune ne justifie pas de l'existence d'un tel article ;

- la position de la commune est contradictoire dès lors qu'elle a demandé aux parents de préparer des repas pour leurs enfants à l'occasion de la sortie culturelle du 26 juin 2021.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 septembre 2021 et le 9 mars 2022, la commune de Lezoux, représentée par la SCP Teillot et Associés, Me Marion, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, la requête est irrecevable en ce qu'elle est dirigée contre un acte qui ne présente pas un caractère décisoire ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par les époux A ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 27 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Debrion,

- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique,

- les observations de Mme A,

- et les observations de Me Marion, avocate de la commune de Lezoux.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme A demandent au tribunal d'annuler le courrier du 3 mars 2021 par lequel le maire de la commune de Lezoux a refusé à Inès A, leur fille, la possibilité de consommer le repas tiré du sac qu'ils lui avaient préparé ainsi que la décision portant rejet implicite de leur recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () ".

3. Le courrier du 3 mars 2021 signé par l'adjointe au maire de Lezoux en charge des affaires scolaires revient sur l'incident, survenu le 24 février 2021, en lien avec l'accueil de la fille des requérants au restaurant scolaire, rappelle la réglementation applicable aux enfants inscrits à la cantine et se termine en indiquant que l'incident de la nature de celui survenu le 24 février 2021 ne devra pas se reproduire. Ainsi, par les termes qu'il contient, ce courrier ne présente pas le caractère d'une décision susceptible de recours. Par voie de conséquence, le recours formé contre cet acte, à caractère non décisoire, n'a pas pu donner naissance à une décision, même implicite.

4. Faute d'être dirigées contre une décision au sens de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, les conclusions à fin d'annulation présentées par M. et Mme A doivent être rejetées comme irrecevables.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

5. Le sens du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par les époux A doivent être rejetées.

Sur les frais au litige :

6. D'une part, la commune de Lezoux n'étant pas partie perdante à l'instance, les conclusions présentées par M. et Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

7. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme réclamée par la commune défenderesse au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Lezoux en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B A et à la commune de Lezoux.

Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Bentéjac, présidente,

- M. Debrion, premier conseiller,

- M. Nivet, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.

Le rapporteur,

J-M. DEBRION

La présidente,

C. BENTÉJAC La greffière,

C. PETIT

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2101389

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