jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2101702 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | SCP COLLET DE ROCQUIGNY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 9 août 2021, le 24 janvier 2022 et le 14 mars 2023, la SARL JBCM et la SARL Alexandre, représentées par Me Boyer, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 juillet 2021 par lequel le maire de la commune d'Aubière a accordé un permis de construire à la société Alpha Services pour la construction d'un bâtiment à usage de moto école sur un terrain cadastré BT 151 situé 24 avenue des frères Montgolfier ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Aubière et de la société Alpha Services des sommes de 3 000 euros à chacune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les requérantes soutiennent que :
- la requête est recevable dès lors qu'elles justifient d'un intérêt pour agir suffisant ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions des articles L. 425-4 du code de l'urbanisme et L. 752-1 du code de commerce relatives aux projets soumis à autorisation d'exploitation commerciale ;
- il est irrégulier dès lors que le projet empiète sur la parcelle cadastrée BT 135 dont elles ont la jouissance exclusive en vertu de baux commerciaux ;
- il méconnaît les dispositions relatives à l'affichage du permis de construire sur le terrain.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 23 novembre 2021 et le 31 mai 2023 (non communiqué), la société Alpha Services, représentée par la SCP Collet - de Rocquigny - Chantelot - Brodiez - Gourdou et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge des requérantes le versement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérantes ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 décembre 2021 et le 4 mai 2023, la commune d'Aubière, représentée par la SCP Teillot et Associés, Me Maisonneuve, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge des requérantes le versement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient :
- à titre principal, que la requête est irrecevable en raison du défaut d'intérêt pour agir des requérantes ;
- à titre subsidiaire, que le moyen selon lequel le projet empiète sur la parcelle dont les requérantes ont la jouissance est inopérant ;
- que le moyen tiré de ce que le permis n'a pas été affiché sur le terrain conformément aux dispositions en vigueur du code de l'urbanisme est également inopérant ;
- que le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions des articles L. 425-4 du code de l'urbanisme et L. 752-1 du code de commerce relatives aux projets soumis à autorisation d'exploitation commerciale est infondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Nivet,
- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique,
- et les observations de Me Maisonneuve, représentant la commune d'Aubière, et de Me Collet, représentant la SARL Alpha Services.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 2 juillet 2021, le maire de la commune d'Aubière a accordé un permis de construire à la société Alpha Services pour la construction d'un bâtiment à usage de moto école sur un terrain cadastré BT 151 situé 24 avenue des frères Montgolfier. Par la présente requête, les requérantes demandent au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur le désistement de la SARL Alexandre :
2. Par un mémoire enregistré le 14 mars 2023, la SARL Alexandre déclare se désister de l'ensemble de ses conclusions. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-4 du code de l'urbanisme " Lorsque le projet est soumis à autorisation d'exploitation commerciale au sens de l'article L. 752-1 du code de commerce, le permis de construire tient lieu d'autorisation dès lors que la demande de permis a fait l'objet d'un avis favorable de la commission départementale d'aménagement commercial ou, le cas échéant, de la Commission nationale d'aménagement commercial. () ". Selon les dispositions de l'article L. 752-1 du code de commerce : " Sont soumis à une autorisation d'exploitation commerciale les projets ayant pour objet : / 1° La création d'un magasin de commerce de détail d'une surface de vente supérieure à 1 000 mètres carrés, résultant soit d'une construction nouvelle, soit de la transformation d'un immeuble existant ; / 2° L'extension de la surface de vente d'un magasin de commerce de détail ayant déjà atteint le seuil des 1 000 mètres carrés ou devant le dépasser par la réalisation du projet. () / 3° Tout changement de secteur d'activité d'un commerce d'une surface de vente supérieure à 2 000 mètres carrés. () / 4° La création d'un ensemble commercial tel que défini à l'article L. 752-3 et dont la surface de vente totale est supérieure à 1 000 mètres carrés ; / 5° L'extension de la surface de vente d'un ensemble commercial ayant déjà atteint le seuil des 1 000 mètres carrés ou devant le dépasser par la réalisation du projet ; () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que le projet porte sur la construction d'un bâtiment à usage de moto école d'une surface de 246 mètres carrés et n'entre donc pas dans le champ des dispositions précitées du code de commerce. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que le projet méconnaît les dispositions des articles L. 425-4 du code de l'urbanisme et L. 752-1 du code de commerce doit être écarté comme étant inopérant.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article A 424-8 du code de l'urbanisme : " () Le permis est délivré sous réserve du droit des tiers : il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme. Il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme ".
6. La société requérante fait valoir que la piste de moto, qui doit s'implanter sur la parcelle cadastrée BT 151, empiète sur la parcelle cadastrée BT 135 dont elle est locataire au terme d'un bail commercial. Il résulte toutefois des dispositions précitées qu'une autorisation d'urbanisme a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'elle autorise avec la législation et la réglementation d'urbanisme et est accordée sous réserve des droits des tiers. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que la piste de moto ait été autorisée par l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de ce que le projet empièterait sur la parcelle cadastrée BT 135 est inopérant et doit être écarté.
7. En troisième et dernier lieu, le caractère incomplet de l'affichage est sans influence sur la légalité du permis de construire. Il s'ensuit que le moyen tiré du non-respect des règles relatives à l'affichage des travaux doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que la société JBCM n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 2 juillet 2021 par lequel le maire de la commune d'Aubière a accordé un permis de construire à la société Alpha Services pour la construction d'un bâtiment à usage de moto école.
Sur les frais du litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Aubière et de la société Alpha Services, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que la requérante demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a en revanche lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SARL JBCM le versement d'une somme de 1 200 euros à la société Alpha Services ainsi que le versement de cette même somme à la commune d'Aubière au titre des frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de la SARL Alexandre.
Article 2 : La requête de la SARL JBCM est rejetée.
Article 3 : La SARL JBCM versera à la commune d'Aubière la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La SARL JBCM versera à la société Alpha Services la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SARL JBCM, première dénommée pour l'ensemble des sociétés requérantes, à la société Alpha Services et à la commune d'Aubière.
Délibéré après l'audience du 25 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bentéjac, présidente,
M. Debrion, premier conseiller,
M. Nivet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.
Le rapporteur,
C. NIVET
La présidente,
C. BENTÉJAC La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°210170
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026