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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2101755

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2101755

mercredi 31 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2101755
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantROUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 août 2021, M. A B, représenté par Me Roux, demande au tribunal :

1°) d'annuler les arrêtés du 16 avril 2021 portant prolongation de son congé longue durée en ce qu'ils portent la mention " pathologie contractée hors du cadre des fonctions " ;

2°) d'annuler la décision implicite par laquelle la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a rejeté son recours formé contre ces arrêtés ;

3°) d'enjoindre à la préfète de l'Allier de le placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service avec effet rétroactif au 25 août 2018 ;

4°) à défaut, d'enjoindre à la préfète de l'Allier de réexaminer sa situation ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les arrêtés en litige sont entachés d'un vice de procédure dès lors qu'ils se prononcent sur l'imputabilité de sa maladie au service en l'absence de demande en ce sens ; l'administration n'a pas instruit sa demande présentée le 18 mai 2021 et n'a pas saisi la commission de réforme pour avis ;

- la préfète de l'Allier a commis une erreur d'appréciation de sa situation en refusant de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie qui présente un lien direct et certain avec le service ;

Par un courrier du 28 septembre 2022, la ministre du travail, de la santé et des solidarités a été mise en demeure de produire ses observations en application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative.

Par un courrier du 28 septembre 2022, le directeur de la direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités d'Auvergne-Rhône-Alpes a été mis en demeure de produire ses observations en application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2023, la préfète de l'Allier conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- le requérant n'a jamais fait état de " pressions culpabilisatrices " ni de " souffrance au travail " lors de son arrêt de travail du 25 août 2018 ;

- il n'a pas effectué sa demande de reconnaissance de cet arrêt maladie en accident de service dans les délais fixés par le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ; il ne pouvait pas ignorer ces délais puisqu'il a déjà déposé une demande d'accident de service en 2016 ;

- il est placé en arrêté maladie depuis le 25 août 2018 et n'a présenté aucune demande de reconnaissance de maladie professionnelle ; l'arrêt du médecin psychiatre mentionnant un état dépressif ne précise pas un éventuel lien entre son état de santé et ses conditions de travail ; cet arrêt est daté de plus de deux ans après le recours gracieux notifié à l'administration ;

- les arrêtés contestés ne sont que la conséquence de la décision initiale prise en 2018 pour laquelle aucune demande de reconnaissance de maladie professionnelle n'a été sollicitée.

Par une ordonnance du 6 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 février 2023 à 12h00.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / () ".

2. M. B, contrôleur du travail affecté à l'unité départementale de l'Allier de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi, demande l'annulation de huit arrêtés du 16 avril 2021 portant prolongation de son congé de longue durée en tant qu'y figure la mention " pathologie contractée hors du cadre des fonctions " ainsi que la décision implicite par laquelle la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a rejeté le recours préalable formé contre ces arrêtés.

3. Pour contester ces arrêtés, M. B soutient tout d'abord qu'ils sont entachés d'un vice de procédure dès lors que l'administration s'est ainsi nécessairement prononcée sur l'imputabilité au service de sa maladie alors qu'il n'a présenté aucune demande en ce sens. Il ressort des pièces du dossier, notamment du courrier du 3 mai 2021 qui les accompagne que ces arrêtés ont été pris à la suite d'un dysfonctionnement informatique. Ils se bornent à régulariser la situation administrative du requérant en le maintenant en congé de longue durée à compter du 25 août 2018 comme les précédents arrêtés auxquels ils se substituent et, s'agissant de la période du 25 août 2021 au 24 février 2022, à indiquer que l'intéressé est rémunéré à demi-traitement. Ils n'ont, contrairement à ce que soutient le requérant, pas pour objet de se prononcer sur l'imputabilité au service de sa maladie que le requérant n'avait d'ailleurs pas sollicitée avant la prise de ces arrêtés, si bien que le moyen soulevé est inopérant.

4. M. B fait également valoir qu'il a adressé le 18 mai 2021, soit postérieurement aux arrêtés du 16 avril 2021, une demande tendant à la reconnaissance de sa maladie comme étant imputable au service et qu'ainsi, les arrêtés et la décision implicite de rejet sont entachés d'erreur d'appréciation. Toutefois, à supposer que le courrier du 18 mai 2021 comporte une telle demande, M. B ne peut utilement se prévaloir de circonstances postérieures qui sont sans incidence sur la légalité des arrêtés pris antérieurement. Ainsi, M. B, qui n'a présenté aucun autre mémoire, n'assortit sa demande que de moyens inopérants. Par suite, sa requête ne peut qu'être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et à la préfète de l'Allier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 juillet 2024.

La présidente de la 2ème chambre,

C. BENTÉJAC

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No2101755

AC

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