vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2101933 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SELARL CHANON LELEU ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 15 septembre 2021 et 18 avril 2023, le conseil régional de l'ordre des architectes Auvergne Rhône-Alpes, représenté par la Selarl Chanon Leleu Associés , Me Chanon, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 8 mars 2021 par laquelle la ministre de la culture a annulé la décision du 9 juillet 2020 du conseil régional de l'ordre des architectes Auvergne Rhône-Alpes et a inscrit M. B A au tableau de l'ordre des architectes, ainsi que la décision implicite de rejet née du silence gardé sur son recours gracieux du 12 mai 2021 et la décision confirmative du 4 août 2021 ;
2°) d'enjoindre à la ministre de la culture de prendre une nouvelle décision confirmant la décision du 9 juillet 2020 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'il dispose d'un intérêt pour agir ;
- le recours administratif préalable obligatoire formé par M. A étant tardif, la décision attaquée n'a pu se substituer à la décision du 9 juillet 2020 ; la décision attaquée doit dès lors être considérée comme inexistante ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle le prive de toute appréciation sur la condition de moralité prévue à l'article 10 de la loi du 3 janvier 1977 ;
- la décision du 9 juillet 2020 était fondée et elle ne pouvait être retirée ;
Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 novembre 2021 et 17 mai 2023, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, M. B A, représenté par Me Metivier, conclut dans le dernier état de ses écritures à titre principal au dessaisissement du tribunal au profit de la cour administrative d'appel de Lyon ; à titre subsidiaire au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du conseil régional de l'ordre des architectes Auvergne Rhône-Alpes une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le conseil régional de l'ordre des architectes Auvergne Rhône-Alpes a interjeté appel de l'ordonnance n°2002291 du 9 juillet 2021 du tribunal administratif de Clermont-Ferrand devant la cour administrative d'appel de Lyon ; il convient dès lors, pour une bonne administration de la justice, de renvoyer la présente affaire à la cour en application des dispositions des articles 101, 102 et 103 du code civil ;
- le conseil régional de l'ordre des architectes Auvergne Rhône-Alpes ne dispose pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par le conseil régional de l'ordre des architectes Auvergne Rhône-Alpes sont infondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 janvier 2022, la ministre de la culture conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que le conseil régional de l'ordre des architectes Auvergne Rhône-Alpes ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- le moyen soulevé par conseil régional de l'ordre des architectes Auvergne Rhône-Alpes n'est pas fondé.
Par une ordonnance du 24 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 22 mai 2023.
Par une lettre du 28 mai 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'impliquer le prononcé d'office d'une injonction tendant au réexamen par la ministre de la culture de la situation de M. A.
Un mémoire présenté pour M. A a été enregistré le 31 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°77-2 du 3 janvier 1977 ;
- le décret n°77-1481 du 28 décembre 1977 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bollon,
- les conclusions de M. Panighel, rapporteur public,
- et les observations de Me Chanon, représentant le conseil régional de l'ordre des architectes Auvergne Rhône-Alpes et de Me Metivier, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Le 9 juillet 2020, le conseil régional de l'ordre des architectes Auvergne Rhône-Alpes a rejeté la demande de M. B A aux fins d'inscription au tableau de l'ordre des architectes. Ce dernier a alors formé un recours devant la ministre de la culture contre cette décision. Par une décision du 8 mars 2021, dont le conseil régional de l'ordre des architectes Auvergne Rhône-Alpes demande l'annulation, la ministre de la culture a annulé la décision du 9 juillet 2020 et a inscrit M. A au tableau de l'ordre des architectes.
Sur l'exception de connexité :
2. Si M. A demande à ce que le présent recours soit transmis à la cour administrative d'appel de Lyon dès lors qu'un appel a été interjeté contre l'ordonnance n°2002291 du 9 juillet 2021 du tribunal administratif de Clermont-Ferrand qui a pris acte de son désistement de sa requête dirigée contre la décision du 9 juillet 2020 et la décision implicite de rejet de son recours, il n'en résulte pas un lien de connexité entre la présente requête, qui relève du tribunal administratif de Clermont-Ferrand en premier ressort, et l'appel interjeté devant la cour administrative d'appel de Lyon à l'encontre de l'ordonnance précitée, qui justifierait que l'affaire soit renvoyée à cette dernière. Par ailleurs, les deux recours, qui relèvent pour l'un de la première instance et pour l'autre de l'appel, ne relèvent d'aucune des hypothèses envisagées par les dispositions des articles R. 341-1 et suivants du code de justice administrative. Par suite, l'exception de connexité ainsi soulevée ne peut qu'être écartée.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
3. Par la décision attaquée du 8 mars 2021, la ministre de la culture a annulé la décision du 9 juillet 2020 par laquelle le conseil régional de l'ordre des architectes Auvergne Rhône-Alpes a refusé d'inscrire M. A sur le tableau de l'ordre des architectes et a procédé à cette inscription. Il en résulte que le conseil régional de l'ordre des architectes Auvergne Rhône-Alpes, dont le président a été autorisé à ester en justice par une décision du 22 septembre 2021, a un intérêt à l'annulation de la décision attaquée. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir opposée tant par la ministre de la culture que par M. A doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 9 de la loi du 3 janvier 1977 sur l'architecture : " Les personnes physiques inscrites à un tableau régional d'architectes conformément aux dispositions des articles 10 et 11 ci-après peuvent seules porter le titre d'architecte. (). " et aux termes de l'article 10 de la même loi : " Sont inscrites, sur leur demande, à un tableau régional d'architectes les personnes physiques de nationalité française ou ressortissantes d'un Etat membre de l'Union européenne ou d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen qui jouissent de leurs droits civils, présentent les garanties de moralité nécessaires (). ".
5. Il résulte de ces dispositions qu'il incombe au conseil régional de l'ordre des architectes de tenir à jour le tableau relevant de son ressort et que les garanties de moralité mentionnées à l'article 10 de la loi du 3 janvier 1977 précité sont au nombre de celles qui doivent être remplies au moment de l'inscription.
6. Pour annuler la décision du 9 juillet 2020 par laquelle le conseil régional de l'ordre des architectes Auvergne Rhône-Alpes a refusé d'inscrire M. A au tableau de l'ordre des architectes et de procéder à son inscription audit tableau, la ministre de la culture s'est fondée sur le motif tiré de ce qu'un conseil régional peut refuser d'inscrire un architecte dans les cas où il constate par un simple constat objectif d'un état de fait que le demandeur ne remplit pas les conditions légales pour exercer la profession et que les cas sur lesquels entre un élément d'appréciation pour pouvoir statuer relèvent exclusivement des chambres disciplinaires et qu'ainsi, en l'espèce, en relevant que M. A ne remplissait pas les conditions de moralité prévues par l'article 10 de la loi du 3 janvier 1977 du fait d'un risque de confusion d'activités, le conseil régional de l'ordre des architectes Auvergne Rhône-Alpes ne s'est pas borné à un constat objectif d'un état de fait et a porté une appréciation sur la situation de M. A alors que celle-ci relevait de la compétence de la chambre régional de discipline.
7. Toutefois, en se fondant sur un tel motif alors qu'il appartient au conseil régional de l'ordre des architectes Auvergne Rhône-Alpes d'apprécier si les garanties de moralité mentionnées à l'article 10 de la loi du 3 janvier 1977 sont remplies avant de procéder à l'inscription au tableau de l'ordre des architectes, la ministre de la culture a commis une erreur de droit.
8. Il résulte de ce qui précède que le conseil régional de l'ordre des architectes Auvergne Rhône-Alpes est fondé à demander l'annulation de la décision du 8 mars 2021 par laquelle la ministre de la culture a annulé la décision du 9 juillet 2020 et a procédé à l'inscription de M. A au tableau de l'ordre des architectes ainsi que de la décision rejetant son recours gracieux.
Sur l'injonction :
9. Eu égard à ses motifs, la présente décision implique nécessairement que la ministre de la culture statue à nouveau sur le recours administratif préalable obligatoire formé par M. A . Il y a lieu, par suite, de faire application des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative et d'enjoindre à la ministre de la culture de procéder à un nouvel examen de la demande de M. A, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du conseil régional de l'ordre des architectes Auvergne Rhône-Alpes qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme réclamée sur ce fondement par M. A. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, la somme demandée sur le même fondement par le requérant.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de la ministre de la culture du 8 mars 2021 et la décision rejetant son recours gracieux sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la ministre de la culture de réexaminer la demande de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4: Le présent jugement sera notifié au conseil régional de l'ordre des architectes Auvergne Rhône-Alpes, à la ministre de la culture et à M. B A.
Délibéré après l'audience du 31 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
La rapporteure,
L. BOLLON
La présidente,
R. CARAËS La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne à la ministre de la culture en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026