vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2102167 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | SEBAN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 octobre 2021, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'agence nationale de l'habitat (ANAH) sur son recours administratif préalable du 17 juin 2021 contre la décision portant refus d'attribution de la prime de transition énergétique dite " MaPrimeRénov' " ;
2°) d'enjoindre à l'ANAH de lui attribuer la prime de transition énergétique.
Il soutient que les travaux en cause ont pour objet l'isolation des rampants de toiture et plafonds de combles, si bien qu'ils sont éligibles à la prime en litige.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 septembre 2024, l'agence nationale de l'habitat, représentée par la SELAS Seban et associés, Me Aderno, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- le montant de la prime pouvant être accordée à M. A étant inférieur à 80 euros, elle était fondée à rejeter sa demande de prime ;
- le motif initialement opposé étant erroné, elle sollicite que soit opérée une substitution de motif.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020 ;
- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;
- l'arrêté du 24 mai 2013 relatif aux plafonds de ressources applicables à certains bénéficiaires des subventions de l'Agence nationale de l'habitat ;
- l'arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Debrion, premier conseiller, pour exercer les fonctions de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bader-Koza,
- et les conclusions de M. Debrion, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. En vue de la réalisation de travaux de rénovation de son logement, M. A a sollicité auprès de l'agence nationale de l'habitat (ANAH) le bénéfice de la prime de transition énergétique dite " MaPrimeRenov' ". Cette demande ayant été rejetée par une décision de la directrice générale de l'ANAH, M. A a formé un recours administratif préalable à l'encontre de cette décision, réceptionné le 21 juin 2021. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'ANAH sur son recours.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. L'article 15 de la loi du 28 décembre 2019 de finances pour 2020, dans sa version applicable au litige, prévoit la création d'" une prime de transition énergétique destinée à financer, sous conditions de ressources, des travaux et dépenses en faveur de la rénovation énergétique des logements. Par dérogation, jusqu'au 31 décembre 2022, elle peut être distribuée sans condition de ressources, selon la nature des travaux et dépenses financés ". Cet article précise notamment que " Les caractéristiques et conditions d'octroi de cette prime ne peuvent être moins favorables pour le bénéficiaire que celles régissant le crédit d'impôt prévu à l'article 200 quater du code général des impôts dans sa rédaction résultant de la présente loi. Elles sont définies par décret ". L'article 2 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime à la transition énergétique expose que : " I. - Les dépenses éligibles à la prime de transition énergétique au titre de travaux et prestations figurent à l'annexe 1 du présent décret et peuvent être réalisées dans un immeuble bâti individuel ou collectif () ". L'annexe I à ce décret, dans sa version applicable au litige, prévoit que " Les dépenses suivantes, lorsqu'elles satisfont les critères techniques fixés par l'arrêté mentionné au VIII de l'article 2 du présent décret, sont éligibles à la prime : (); 11. Isolation des rampants de toiture et plafonds de combles ; () ". Enfin, aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 14 janvier 2020, dans sa version applicable au litige : " I.-Le montant de la prime est fixé forfaitairement par type de dépense éligible, en fonction des ressources du demandeur. (.. .) ".
3. En l'espèce, pour refuser l'octroi de la subvention sollicitée par M. A, l'ANAH a retenu que les travaux projetés par l'intéressé n'étaient pas éligibles à la prime de transition énergétique. Il ressort du devis produit par le requérant que ces travaux ont pour objet d'une part, la pose de laine de verre " soutenue par ossature métallique en rampant sous toiture pour comble aménagé ", et d'autre part la pose de laine de verre " collé et chevillé au mur ". Les travaux concernant bien des combles aménagés, il apparait que les travaux projetés, s'agissant de l'isolation des rampants de toiture, relevaient des travaux éligibles à la prime de transition énergétique. Toutefois, s'agissant de la seconde partie des travaux, concernant l'isolation des murs, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'ils relèvent de la catégorie " Isolation des rampants de toiture et plafonds de combles ". Dans ces conditions, M. A n'est fondé à soutenir que l'ANAH a entaché sa décision d'illégalité en faisant une inexacte application des dispositions mentionnées au point 2 du présent jugement, qu'en tant qu'elle rejette sa demande de prime, s'agissant des travaux d'isolation des rampants de toiture des combles aménagés.
4. L'ANAH demande toutefois au tribunal de substituer au motif initial le motif tiré de ce que le montant de la prime pouvant être accordée au requérant est inférieur au minimum de 80 euros pouvant être accordé.
5. L'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
6. Aux termes de l'article 3 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique : " () II.-La demande de prime peut porter sur une ou plusieurs dépenses éligibles. Chaque dépense éligible à la prime s'entend du montant toutes taxes comprises, après déduction des aides, ristournes, remises, rabais ou contreparties apportées par toute entreprise participant à la réalisation ou à la facturation des travaux, à l'exception de celles apportées au titre des aides mentionnées au IV, dans la limite d'un plafond défini par arrêté. () IV.-Pour des mêmes travaux et dépenses éligibles, le montant total de la prime, des aides perçues au titre des certificats d'économie d'énergie mentionnés aux articles L. 221-1 et suivants du code de l'énergie, des aides aux actions de maîtrise de la demande en énergie en outre-mer, mentionnées par la délibération de la Commission de régulation de l'énergie du 17 janvier 2019 portant décision relative aux cadres territoriaux de compensation pour les petites actions de maîtrise de la demande en énergie en Corse, Guadeloupe, Guyane, Martinique, à Mayotte et à La Réunion, et des aides mentionnées à l'article L. 313-3 du code de la construction et de l'habitation, ne peut avoir pour conséquence de laisser à la charge du bénéficiaire : -moins de 10 % de la dépense éligible du projet pour les ménages dont les revenus sont définis au 1 du I du présent article ; -moins de 25 % de la dépense éligible du projet pour les ménages dont les revenus sont définis au 2 du I du présent article ; -moins de 40 % de la dépense éligible du projet pour les ménages dont les revenus sont définis au 3 du I du présent article ; -moins de 60 % de la dépense éligible du projet pour les ménages dont les revenus sont définis au 4 du I du présent article. () ".
7. Aux termes de l'article 2 de l'arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique : " I. - Le plafond de ressources prévu au a de l'article 1er du décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 susvisé est égal à celui mentionné à l'annexe II de l'arrêté du 24 mai 2013 relatif aux plafonds de ressources applicables à certains bénéficiaires des subventions de l'Agence nationale de l'habitat () ".
8. Enfin, aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique : " () II.-Le bénéficiaire déclare à l'Agence nationale de l'habitat, lors du dépôt de sa demande de prime et de paiement de la prime, l'ensemble des aides dont il bénéficie au titre des dépenses éligibles faisant l'objet de sa demande et en particulier les aides des collectivités territoriales, les aides perçues au titre des certificats d'économie d'énergie, prévus aux articles L. 221-1 et suivants du code de l'énergie () ". Et aux termes de l'article 7-1 du même arrêté, dans sa version applicable au litige : " Lorsque le montant de la prime calculé selon les dispositions prévues au IV de l'article 3 du décret du 14 janvier 2020 susvisé est inférieur à 80 euros, l'agence ne verse pas la prime. () ".
9. Eu égard à ses ressources, M. A fait partie des ménages dont les ressources sont " intermédiaires ", pour lesquels une prime peut être accordée, correspondant au maximum à 60% du montant des travaux éligibles. Il ressort des pièces du dossier que les travaux envisagés représentent un montant de 1 726, 51 euros, si bien que M. A peut au maximum prétendre à 1 035, 9 euros d'aides. Toutefois, alors que M. A a déjà perçu 961 euros d'aides au titre des certificats d'économie d'énergie, le montant restant est de 74,9 euros, somme inférieure au minimum indemnisable précité de 80 euros. Dans ces conditions, l'ANAH aurait pris la même décision si elle avait entendu se fonder initialement sur ce motif relevant du même pouvoir d'appréciation, qui peut dès lors être substitué au motif fondant le refus de subvention dans la mesure où cette substitution n'a pour effet de priver M. A d'aucune garantie.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision en litige. Le rejet des conclusions aux fins d'annulation entraine, par voie de conséquence, celui des conclusions aux fins d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'Agence nationale de l'habitat.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bader-Koza, présidente,
Mme Jaffré, première conseillère,
M. Brun, conseiller.
Rendu public par la mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.
La présidente,
S. BADER-KOZA
L'assesseure la plus ancienne,
dans l'ordre du tableau,
M. JAFFRÉ
Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.JC
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026