mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2200026 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 janvier 2022, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 11 décembre 2021 par laquelle l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) a implicitement rejeté sa demande de versement d'une prime pour la rénovation énergétique.
Elle soutient que :
- l'Agence nationale de l'habitat refuse de procéder au versement de la subvention de la prime pour la rénovation énergétique dès lors que la date de la facture est antérieure au dépôt de la demande de subvention ;
- elle se trouvait dans l'impossibilité de déposer sa demande de prime avant la réalisation des travaux dès lors que l'annulation d'une précédente demande n'était pas prise en compte par les services informatiques de l'Agence nationale de l'habitat.
La requête a été communiquée à l'Agence nationale de l'habitat qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu l'ensemble des pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020, notamment son article 15 ;
- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".
2. L'article 15 de la loi du 28 décembre 2019 de finances pour 2020 prévoit la création d'" une prime de transition énergétique destinée à financer, sous conditions de ressources, des travaux et dépenses en faveur de la rénovation énergétique des logements. () ". L'article 2 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime à la transition énergétique dispose, dans sa version applicable au litige, que : " () / II.- Seuls les travaux et prestations commencés après l'accusé de réception par l'Agence nationale de l'habitat de la demande de prime y ouvrent droit. Cet accusé de réception ne vaut pas décision d'attribution de la prime. / Par dérogation au premier alinéa du présent II :/ 1° Le directeur général de l'Agence nationale de l'habitat peut, à titre exceptionnel, accorder une prime lorsque le dossier a été déposé après le commencement des travaux ou prestations, notamment en cas de travaux ou prestations : / - urgents en raison d'un risque manifeste pour la santé ou la sécurité des personnes ; / - résultant de dommages causés par une catastrophe naturelle ou technologique, ou par effets du vent dû aux tempêtes, ouragans et cyclones, dûment constatés en application des articles L. 125-1, L. 122-7 et L. 128-1 du code des assurances ; () ". Selon l'article 11 dudit décret, " En cas de non-respect des conditions d'attribution de la prime de transition énergétique, la décision attributive peut être retirée en totalité ou partiellement, entraînant le reversement de tout ou partie des sommes perçues au titre de la prime. / () ".
3. Pour contester la décision en litige, Mme B se borne à soutenir qu'elle se trouvait dans l'impossibilité de déposer sa demande de prime pour la rénovation énergétique avant de faire réaliser les travaux dès lors que l'annulation de sa précédente demande n'était pas prise en compte par les services informatiques de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH). Toutefois, ce faisant, Mme B ne conteste pas utilement le motif de la décision en litige dès lors qu'elle était tenue, conformément aux dispositions précitées de l'article 2 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique, de débuter les travaux après accusé réception par l'Agence nationale de l'habitat de sa demande de prime. Ainsi, Mme B, qui n'a présenté aucun autre mémoire, n'assortit sa demande que de moyens inopérants. Par suite, sa requête doit être rejetée par application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à l'Agence nationale de l'habitat.
Fait à Clermont-Ferrand, le 11 juin 2024.
La présidente du tribunal,
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.AA
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