jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2200161 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 janvier 2022, M. B A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 juillet 2018 par lequel le commandant de gendarmerie départementale du Puy-de-Dôme l'a radié des cadres à compter du 1er août 2018 ;
2°) de condamner le ministre de l'intérieur à lui verser un montant équivalent aux garanties et droits dont il a été privé en raison de l'absence de recours à la commission de réforme et de pension ainsi que l'indemnisation pour perte d'emploi et la pension de retraite à jouissance immédiate " par suite d'infirmités " ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à sa réintégration ainsi qu'à la reconstitution de sa carrière ;
4°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de fournir les justificatifs médicaux au service des pensions sur la période du 1er janvier 2009 au 1er août 2018.
Le requérant soutient que :
- l'arrêté contesté a été adopté par une autorité incompétente ;
- il est illégal dès lors qu'il se trouvait en congé de longue durée pour maladie et que l'autorité administrative n'a pas suivi la procédure de réforme prévue aux dispositions des articles R. 4138-47 et suivants du code de la défense qui prévoient notamment l'intervention de la commission de réforme ;
- il est entaché d'un détournement de procédure ;
- il a été pris à la suite d'une procédure irrégulière dès lors qu'il a été privé des délais prévus à l'article D1 du code des pensions civiles et militaires de retraite.
Par une ordonnance du 23 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 juin 2024.
Un mémoire produit par le ministre de l'intérieur a été enregistré le 14 novembre 2024.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que la requête est irrecevable en l'absence de recours administratif préalable exercé devant la commission des recours des militaires en application de l'article R. 4125-1 du code de la défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la défense,
- le code des pensions civiles et militaires de retraite,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Nivet,
- et les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A exerce les fonctions de gendarme. Après avoir bénéficié de trois périodes de congé de longue durée pour maladie de six mois entre 2007 et 2009, il a fait l'objet, en raison de l'absence de soumission aux visites de contrôle médical, d'une suspension de rémunération par décision du ministre de la défense du 17 mars 2009. Par arrêté du 24 juillet 2018, le commandant de gendarmerie départementale du Puy-de-Dôme l'a radié des cadres à compter du 1er août 2018. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de prononcer l'annulation de l'arrêté du 24 juillet 2018.
2. Aux termes des dispositions de l'article R. 4125-1 du code de la défense : " I. - Tout recours contentieux formé par un militaire à l'encontre d'actes relatifs à sa situation personnelle est précédé d'un recours administratif préalable, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux. / Ce recours administratif préalable est examiné par la commission des recours des militaires, placée auprès du ministre de la défense. () ".
3. La commission des recours des militaires ne peut être régulièrement saisie que d'un recours formé contre une décision administrative, y compris en matière indemnitaire. Le président de la commission a le pouvoir de rejeter le recours formé par un militaire devant la commission au motif qu'il doit être réputé, en l'absence de décision administrative préalable, y avoir renoncé. Il incombe au juge, s'il est saisi par le militaire d'un recours qui n'a ainsi été valablement précédé d'aucun recours administratif préalable, de le rejeter comme irrecevable, alors même que l'administration présenterait devant lui des observations au fond.
4. Il ressort des pièces du dossier que la requête de M. A n'a été précédée d'aucun recours administratif préalable devant la commission des recours des militaires en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 4125-1 du code de la défense. Les conclusions aux fins d'annulation ne sont donc pas recevables.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bentéjac, présidente,
M. Debrion, premier conseiller,
M. Nivet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
Le rapporteur,
C. NIVET
La présidente,
C. BENTÉJAC La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2200161
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