jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2200271 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Présidente Bader-Koza |
| Avocat requérant | ROUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 février 2022 et le 22 mai 2023, Mme B A, représentée par Me Gaucher, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 décembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental du Puy-de-Dôme a rejeté son recours administratif préalable dirigé contre la décision du 11 octobre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Puy-de-Dôme a refusé de faire droit à sa demande visant à bénéficier du revenu de solidarité active ;
2°) de mettre à la charge du département du Puy-de-Dôme la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle peut se prévaloir d'un changement de circonstance survenu entre la délivrance du titre de séjour et la décision contestée ; elle n'est plus hébergée par sa fille ; suite au divorce de sa fille, cette dernière n'a plus la capacité financière de la prendre en charge ; elle est désormais domiciliée au collectif " pauvreté précarité ".
Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 septembre 2022 et le 19 juin 2023, le département du Puy-de-Dôme, représenté par Me Roux, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que le moyen tiré de l'absence de motivation de la décision attaquée est irrecevable et que la requérante ne justifie pas d'un changement de situation permettant de regarder sa famille comme n'étant plus en mesure d'assumer sa charge.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale pour une décision du 29 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bordes, premier conseiller, pour exercer les fonctions de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
La présidente a dispensé le rapporteur public sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 25 janvier 2023, en présence de M. Manneveau, greffier d'audience :
- le rapport de Mme Bader-Koza, présidente ;
- et les observations de Me Roux, avocate du département du Puy-de-Dôme, qui s'en remet à ses écritures et précise qu'aucun changement de situation de la requérante permettrait de ne plus la regarder comme étant à la charge exclusive de sa fille dès lors que cette dernière bénéficie d'une pension alimentaire versée par son ancien conjoint, s'est vue attribuer le bénéfice du domicile familial et exerce une activité professionnelle.
La requérante n'était ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante dominicaine, a présenté une demande de revenu de solidarité active le 22 septembre 2021 en se prévalant de sa carte de résident en qualité d'ascendant à charge d'un ressortissant français, obtenue en avril 2016. Par une décision du 11 octobre 2021, la caisse d'allocations familiales du Puy-de-Dôme a refusé de faire droit à sa demande au motif qu'elle ne possède pas un des titres de séjour permettant d'en bénéficier. Par une décision du 16 décembre 2021, le département du Puy-de-Dôme a rejeté le recours administratif préalable formé par Mme A. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à l'allocation de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation ou à cette aide qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.
3. Il résulte de ce qui précède que doit être écarté en tant qu'il est inopérant le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée.
4. En second lieu, et d'une part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre ", l'article L. 262-3 du même code précisant que l'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1 de ce code, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active. Aux termes de l'article L. 262-4 du même code : " Le bénéfice du revenu de solidarité active est subordonné au respect, par le bénéficiaire, des conditions suivantes : / () 2° Etre français ou titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour autorisant à travailler. Cette condition n'est pas applicable : a) () aux étrangers titulaires de la carte de résident () ".
5. D'autre part, en vertu du 2° de l'article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable, sauf si la présence de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public, la carte de résident est délivrée de plein droit, sous réserve de la régularité du séjour aux ascendants d'un ressortissant de nationalité française et de son conjoint qui sont à sa charge. Aux termes de l'article R. 314-2 du même code : " Pour l'application des dispositions des articles L. 314-11 et L. 314-12, l'étranger présente à l'appui de sa demande : () 5° Les pièces justifiant qu'il entre dans l'un des cas prévus aux articles L. 314-11 et L. 314-12 pour se voir délivrer de plein droit la carte de résident () ".
6. Il résulte de ces dispositions que, si la circonstance qu'un étranger soit titulaire d'une carte de résident délivrée sur le fondement du 2° de l'article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont les dispositions sont désormais reprises à l'article L. 423-11 de ce code, ne fait pas obstacle, par elle-même, à ce qu'il puisse bénéficier du revenu de solidarité active, le titulaire d'une telle carte est réputé entièrement pris en charge par son descendant et ne saurait dès lors, en principe, être regardé comme remplissant la condition de ressources prévue par les dispositions citées au point 4. Il ne peut en aller autrement que si l'intéressé, invoquant un changement dans sa situation à cet égard depuis la délivrance de ce titre de séjour, justifie qu'il ne peut plus, du fait de ce changement, être regardé comme entièrement pris en charge par son descendant, la condition de ressources devant être alors examinée au regard de l'ensemble des ressources du foyer.
7. En l'espèce, Mme A soutient qu'un changement dans sa situation justifie qu'elle ne puisse plus être regardée comme entièrement prise en charge par sa fille dès lors que cette dernière est divorcée de son conjoint, que sa fille a été admise en centre hospitalier et qu'elle a dû quitter le foyer de cette dernière. Toutefois, si la requérante invoque un bouleversement de la situation économique du foyer, elle ne produit à l'appui de cette allégation aucun élément permettant de démontrer que la séparation a eu pour conséquence de priver de revenus le foyer au point que sa fille, qui exerce par ailleurs une activité indépendante et bénéficie de diverses prestations sociales, ne serait plus en mesure de prendre en charge sa mère. Il résulte au contraire de l'instruction, et notamment de l'ordonnance de non-conciliation du 17 juin 2020 produite par le département, que la fille de la requérante perçoit une pension alimentaire mensuelle de 1 200 euros par mois de la part de son ancien conjoint. De plus, le bulletin de situation fourni par la requérante se bornant à attester que sa fille a séjourné pendant un mois à l'hôpital n'est pas de nature à démontrer que cette dernière ne la prend plus en charge. Enfin, si la requérante produit une attestation de domiciliation au sein du collectif pauvreté précarité mentionnant une date de première domiciliation au 2 mars 2020 et une durée de validité du 12 mars 2022 au 11 avril 2022 ainsi qu'un avis d'impôt à l'adresse dudit collectif, cette dernière, qui a introduit sa requête en indiquant une adresse postale encore différente, a également invoqué dans sa requête avoir été hébergée par sa petite fille ainsi qu'à l'hôtel au cours de cette même période. Ces circonstances ne sont ainsi pas de nature à établir que sa fille, qui s'est engagée à subvenir à ses besoins, n'est pas en mesure de la prendre en charge, d'autant plus qu'il ressort de l'ordonnance de non-conciliation précitée que cette dernière a obtenu le bénéfice du domicile familial. Par suite, la requérante n'est pas fondée à invoquer un changement dans sa situation dès lors qu'elle n'apporte aucun élément probant de nature à démontrer l'absence de prise en charge par sa fille.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 16 décembre 2021. Le rejet des conclusions aux fins d'annulation entraine, par voie de conséquence, le rejet de celles présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département du Puy-de-Dôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.
La présidente,
S. BADER-KOZA Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2200271
AC
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026