LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2200463

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2200463

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2200463
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 2
Avocat requérantAD'VOCARE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 mars 2022, Mme A B, représentée par le cabinet d'avocats Ad'Vocare, Me Gauché, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 23 juin 2021 par laquelle le directeur général des finances publiques l'a licenciée pour insuffisance professionnelle, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre à la direction départementale des finances publiques du Puy-de-Dôme de réexaminer sa décision dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la direction départementale des finances publiques du Puy-de-Dôme la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

La requérante soutient que :

- la décision contestée a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que le principe du contradictoire n'a pas été respecté ;

- elle méconnaît l'article 6 sexies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires qui oblige l'employeur à mettre en place des mesures appropriées à l'égard des travailleurs handicapés ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et d'inexactitude matérielle des faits dès lors qu'elle a subi à plusieurs reprises des faits d'humiliations, d'isolement et d'intimidations et qu'il ne peut pas lui être reproché que les lenteurs et erreurs commises ont été sources de tensions au sein du service.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2023, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- à titre principal, la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;

- les conclusions présentées à titre d'injonction sont irrecevables ;

- les moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 décembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 ;

- le décret n° 2016-580 du 11 mai 2016 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Nivet,

- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique,

- les observations de Me Gauché, représentant Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. En 2019, Mme B a intégré la direction générale des finances publiques en qualité d'agent administratif des finances publiques. Le 11 juin 2019, elle a été affectée au sein du pôle de supervision des tiers de la direction départementale des finances publiques du Puy-de-Dôme afin d'y réaliser son stage probatoire en qualité d'agent administrative principale des finances publiques stagiaire. Par une décision du 23 juin 2021, le directeur général des finances publiques a prononcé son licenciement pour insuffisance professionnelle. Par lettre du 15 septembre 2021, elle a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision. Par la présente requête, elle demande l'annulation de la décision de licenciement du 23 juin 2021 ainsi que celle de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.

2. Aux termes de l'article 7 du décret du 7 octobre 1994 fixant les dispositions communes applicables aux stagiaires de l'Etat et de ses établissements publics : " Le fonctionnaire stagiaire peut être licencié pour insuffisance professionnelle lorsqu'il est en stage depuis un temps au moins égal à la moitié de la durée normale du stage. () ".

3. Un agent public ayant, à la suite de son recrutement ou dans le cadre de la formation qui lui est dispensée, la qualité de stagiaire se trouve dans une situation probatoire et provisoire. La décision de ne pas le titulariser en fin de stage est fondée sur l'appréciation portée par l'autorité compétente sur son aptitude à exercer les fonctions auxquelles il peut être appelé et, de manière générale, sur sa manière de servir, et se trouve ainsi prise en considération de sa personne. L'autorité compétente ne peut donc prendre légalement une décision de refus de titularisation, qui n'est soumise qu'aux formes et procédures expressément prévues par les lois et règlements, que si les faits qu'elle retient caractérisent des insuffisances dans l'exercice des fonctions et la manière de servir de l'intéressé. Cependant, la circonstance que tout ou partie de tels faits seraient également susceptibles de caractériser des fautes disciplinaires ne fait pas obstacle à ce que l'autorité compétente prenne légalement une décision de refus de titularisation, pourvu que l'intéressé ait été alors mis à même de faire valoir ses observations. Il résulte de ce qui précède que, pour apprécier la légalité d'une décision de refus de titularisation, il incombe au juge de vérifier qu'elle ne repose pas sur des faits matériellement inexacts, qu'elle n'est entachée ni d'erreur de droit, ni d'erreur manifeste dans l'appréciation de l'insuffisance professionnelle de l'intéressé, qu'elle ne revêt pas le caractère d'une sanction disciplinaire et n'est entachée d'aucun détournement de pouvoir et que, si elle est fondée sur des motifs qui caractérisent une insuffisance professionnelle mais aussi des fautes disciplinaires, l'intéressé a été mis à même de faire valoir ses observations.

4. En premier lieu, il ressort de la décision en litige et des autres pièces du dossier que le licenciement pour insuffisance professionnelle de Mme B a été prononcée en raison de l'absence d'acquisition des connaissances professionnelles suffisantes, de son absence d'autonomie, des erreurs commises et de son absence d'efficacité. Ces motifs ne constituant pas des fautes disciplinaires, l'administration n'avait pas à mettre l'intéressée à même de faire valoir ses observations. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que la période de stage a été ponctuée de nombreux entretiens au cours desquels Mme B a pu faire valoir ses observations. Elle a notamment été informée, au cours d'un entretien qui s'est tenu le 11 mai 2021, de ce que l'administration envisageait de la licencier pour insuffisance professionnelle et elle a fait valoir ses observations par écrit le 18 mai 2021. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que la procédure est irrégulière en l'absence de respect du principe du contradictoire ne peut qu'être écarté.

5. En deuxième lieu, si la requérante soutient qu'elle est travailleur handicapée et que l'administration a commis une erreur de droit en ne motivant pas son refus de titularisation au regard des dispositions relatives aux mesures appropriées à mettre en œuvre à l'égard des travailleurs handicapés, elle n'assortit son moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. En particulier, elle n'apporte aucun élément sur les éventuelles mesures qui auraient dû être mises en œuvre par l'administration. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que la décision est illégale dès lors qu'elle méconnaît les dispositions relatives aux travailleurs handicapés doit être écarté.

6. En troisième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que le licenciement pour insuffisance professionnelle de Mme B a été décidé après une prorogation de son stage d'une année. Ce licenciement repose sur les griefs formulés par sa hiérarchie à l'occasion des différents rapports de stage intermédiaire réalisés depuis le mois de juin 2019. Il ressort de ces différents rapports que la requérante a rencontré de grandes difficultés à acquérir les connaissances professionnelles nécessaires à l'exercice de ses fonctions, qu'elle n'a pas acquis l'autonomie suffisante pour réaliser les missions confiées et que ses travaux manquent de fiabilité. Par ailleurs, selon les pièces du dossier, Mme B n'est pas parvenue à instaurer des relations professionnelles adaptées avec ses collègues et il lui est également reproché de ne pas tenir compte des conseils de sa hiérarchie, de ne pas accepter de se remettre en cause et d'adopter un comportement inapproprié au sein du service. Si Mme B soutient qu'elle a été victime de faits d'humiliation, d'isolement et d'intimidations, elle n'apporte aucun élément permettant d'établir la réalité des faits allégués, les seules fiches de signalement renseignées par la requérante dans le cadre de la prévention de risques psychosociaux étant insuffisantes pour ce faire. La requérante n'établit pas davantage les conséquences de ces faits sur les griefs qui lui ont été reprochés. Par suite, les moyens tirés de ce que la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et d'inexactitude matérielle des faits doivent être écartés.

7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit nécessaire de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision en litige, ni l'annulation de la décision implicite de rejet de son recours gracieux. Par voie de conséquence, les conclusions présentées à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais du litige doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.

Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bentéjac, présidente,

M. Debrion, premier conseiller,

M. Nivet, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.

Le rapporteur,

C. NIVET

La présidente,

C. BENTÉJAC La greffière,

C. PETIT

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2200463

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions