vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2200477 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Présidente Bader-Koza |
| Avocat requérant | FAURE-CROMARIAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 mars 2022 et un mémoire enregistré le 30 mai 2023, M. A B, représenté par Me Faure-Cromarias, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 octobre 2021 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé d'échanger son permis de conduire serbe contre un permis de conduire français, ensemble la décision par laquelle la même autorité administrative a implicitement rejeté son recours gracieux formé le 7 décembre 2021 ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder à l'échange du permis de conduire sollicité ou de procéder à un nouvel examen de sa demande, le tout dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du préfet de la Loire-Atlantique la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions contestées sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il a réalisé une première demande d'échange de son permis de conduire dans les délais et a obtenu une convocation au service de la préfecture du Puy-de-Dôme ;
- il a réitéré sa demande d'échange de permis de conduire en l'absence de réponse à sa première demande ;
- il a rencontré des difficultés dans le suivi de ses démarches administratives en raison d'un déménagement.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 avril 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la demande d'échange de permis de conduire de M. B est tardive dès lors qu'elle a été réalisée au-delà du délai d'un an à compter de la délivrance de son premier récépissé lui reconnaissant la qualité de réfugié ;
- il n'existe pas de dossier enregistré au nom de l'intéressé avant le dépôt de son dossier le 26 mars 2021 et les documents fournis par M. B ne permettent pas d'établir le dépôt réel d'un dossier de demande d'échange en l'absence de production par ce dernier d'une attestation sécurisée de dépôt de permis de conduire ;
- il était tenu de refuser la demande d'échange du permis de conduire de M. B dès lors qu'aucune disposition de l'article R. 222-3 du code de la route et de l'arrêté ministériel du 12 janvier 2012, fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les États n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen, ne permette de déroger au délai réglementaire d'un an.
M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la route ;
- l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme Bader-Koza, présidente, a lu son rapport. Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant serbe, bénéficie du statut de réfugié depuis une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 13 mars 2019. Un récépissé de première demande de titre de séjour lui a été délivré pour la période du 5 avril 2019 au 4 octobre 2020. M. B a sollicité l'échange de son permis de conduire serbe contre un permis de conduire français équivalent. Par une décision du 20 octobre 2021, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de procéder à cet échange au motif de la tardiveté de la demande, cette dernière ayant été déposée au-delà du délai d'un an à compter de la validité du récépissé lui reconnaissant le bénéfice de la qualité de réfugié. Par un courrier du 7 décembre 2021, M. B a formé un recours gracieux contre cette décision auprès de la même autorité qui l'a implicitement rejeté. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.
2. Aux termes de l'article R. 222-3 du code de la route : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de l'Union européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France jusqu'à l'expiration d'un délai d'un an après l'acquisition de la résidence normale de son titulaire. Pendant ce délai, il peut être échangé contre le permis français, sans que son titulaire soit tenu de subir les examens prévus au premier alinéa de l'article D. 221-3 Les conditions de cette reconnaissance et de cet échange sont définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière, après avis du ministre de la justice et du ministre chargé des affaires étrangères. Au terme de ce délai, ce permis n'est plus reconnu et son titulaire perd tout droit de conduire un véhicule pour la conduite duquel le permis de conduire est exigé. " Selon de l'article 4 de l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les États n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen : " I. - Tout titulaire d'un permis de conduire délivré régulièrement au nom d'un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit obligatoirement demander l'échange de ce titre contre un permis de conduire français dans le délai d'un an qui suit l'acquisition de sa résidence normale en France. II. ' A. ' Pour les ressortissants étrangers non- ressortissants de l'Union européenne, la date d'acquisition de la résidence normale est celle du début de validité du premier titre de séjour. / () ". L'article 10 de ce même arrêté dispose : " Les permis de conduire étrangers détenus par les titulaires d'un titre de séjour comportant la mention étudiant, conformément à l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sont reconnus, dans les conditions visées à l'article 3, pendant toute la durée des études en France. " Aux termes de l'article 11 de cet arrêté : " I. - Le délai d'un an pour la reconnaissance et la demande d'échange du permis de conduire pour les bénéficiaires du statut de réfugié, pour les apatrides et les étrangers ayant obtenu la protection subsidiaire, court à compter de la date de début de validité du récépissé constatant la reconnaissance d'une protection internationale. () ".
3. Il résulte de ces dispositions que, pour un réfugié mis en possession d'un titre de séjour provisoire établi à la suite de la reconnaissance de sa qualité de réfugié, le point de départ du délai d'un an imparti pour demander l'échange d'un permis délivré par un État n'appartenant ni à l'Union européenne ni à l'Espace économique européen court à compter de la date de délivrance de ce titre. Par ailleurs, le délai d'un an prévu par ces mêmes dispositions n'est pas un délai franc.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B, de nationalité serbe, a présenté une demande d'asile le 12 décembre 2017 rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 16 mars 2018. Toutefois, par une décision du 13 mars 2019 notifiée à l'intéressé le 28 mars 2019, la Cour nationale du droit d'asile a annulé cette décision et a reconnu la qualité de réfugié à M. B qui s'est vu remettre son premier récépissé le 5 avril 2019. Dès lors, et au regard des dispositions précitées, ce dernier avait jusqu'au 5 avril 2020 pour solliciter l'échange de son permis serbe. Si le requérant soutient qu'il a réalisé une première demande d'échange de son permis de conduire le 15 décembre 2019, pour laquelle il a obtenu une convocation aux services de la préfecture du Puy-de-Dôme en vue du dépôt de son dossier, il n'établit aucunement avoir honoré cette convocation et s'être alors vu remettre une attestation sécurisée de dépôt d'un dossier complet. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet de Loire-Atlantique a commis une erreur manifeste d'appréciation et une erreur de droit en rejetant pour tardiveté sa demande d'échange de permis de conduire, ainsi que son recours gracieux, dès lors que cette même autorité se trouvait en situation de compétence liée pour rejeter la demande.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Loire-Atlantique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.
La présidente,
S. BADER-KOZA La greffière,
E. CONSTANTIN-OUAGNE
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.AA
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026