vendredi 17 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2200579 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | GUYON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 mars 2022, Mme C A, représentée par Me Guyon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la lettre du 2 février 2022 par laquelle le directeur général de l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes l'a mise en demeure de produire les pièces justificatives au regard de son statut vaccinal dans un délai de 72 heures ;
2°) à titre principal, d'enjoindre à l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes de la rétablir dans ses fonctions et de procéder au versement de sa rémunération dans tous ses éléments et accessoires de manière rétroactive, sous astreinte de 400 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de procéder au versement de sa rémunération dans tous ses éléments et accessoires de manière rétroactive, sous astreinte de 400 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée lui fait grief ;
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions combinées des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration en l'absence de signature de son auteur ;
- elle méconnaît le principe du respect des droits de la défense en méconnaissance des article L. 122-1 et L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est illégale dès lors qu'elle constitue une sanction disciplinaire déguisée ;
- elle est illégale dès lors qu'elle constitue une mesure de police administrative injustifiée ; l'administration ne démontre pas l'utilité de l'obligation vaccinale au personnel soignant ; elle est disproportionnée dès lors qu'elle ne sert ni l'intérêt général ni la santé publique ; la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation et est disproportionnée dès lors qu'elle ne permet pas d'atteindre l'objectif poursuivi par le législateur ;
- elle méconnaît le principe d'égalité au regard d'un refus de justification de son état de santé et en raison d'une exposition identique à la contamination et à sa transmission et en raison d'une situation géographique ;
- elle est illégale dès lors qu'elle constitue une discrimination ;
- elle méconnaît l'intérêt supérieur de l'enfant en méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle méconnaît l'article 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
- elle méconnaît l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme dès lors qu'une obligation vaccinale indistincte, générale et absolue à l'égard d'individus tous unique contrevient au droit à la vie dès lors qu'il existe un risque qui peut s'avérer supérieure à celui de la contamination à la covid-19 ;
- elle méconnaît son droit de mener une vie privée et familiale normale en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît son droit à la santé au sens des dispositions de l'alinéa 11 du préambule de la Constitution de 1946 ;
- elle méconnaît le principe de respect de l'intégrité physique et du corps humain ;
- elle méconnaît le principe de précaution ;
- elle méconnaît le droit au respect du secret médical dès lors que l'ARS ne pouvait pas lui demander directement de communiquer des éléments relevant du secret médical ;
- elle méconnaît la liberté individuelle ;
- elle méconnaît la liberté d'entreprendre et la liberté du commerce et de l'industrie.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 août 2022, l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 août 2023.
Vu :
- l'ordonnance n° 2200580 du 18 mars 2022 du juge des référés ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la Constitution et son préambule ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 ;
- le décret n° 2021-1059 du 7 août 2021 ;
- le code de justice administrative.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bader-Koza, présidente ;
- et les conclusions de M. Panighel, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 3 janvier 2022, l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes a invité Mme A, exerçant la profession de sage-femme libérale, à justifier de son respect de l'obligation vaccinale dans un délai de huit jours. En l'absence de transmission de tout justificatif, par un deuxième courrier du 2 février 2022, l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes a mis en demeure Mme A de produire ces justificatifs dans un délai de 72 heures et l'a informée, qu'à défaut de transmission, il serait constaté une interdiction d'exercice à compter du 15 septembre 2021 ou à compter du 15 octobre 2021 si un schéma vaccinal est engagé. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article 12 de la loi du 5 août 2021 : " I. - Doivent être vaccinés, sauf contre-indication médicale reconnue, contre la covid-19 : () / 2° Les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du code de la santé publique () " Aux termes de l'article 13 de la même loi : " I. Les personnes mentionnées au I de l'article 12 établissent : / 1° Satisfaire à l'obligation de vaccination en présentant le certificat de statut vaccinal () / Par dérogation au premier alinéa du présent 1°, peut être présenté, pour sa durée de validité, le certificat de rétablissement () / 2° Ne pas être soumises à cette obligation en présentant un certificat médical de contre-indication () / II. Les personnes mentionnées au I de l'article 12 justifient avoir satisfait à l'obligation prévue au même I ou ne pas y être soumises auprès de leur employeur lorsqu'elles sont salariées ou agents publics () / Pour les autres personnes concernées, les agences régionales de santé compétentes accèdent aux données relatives au statut vaccinal () / En cas d'absence du certificat de statut vaccinal mentionné au I du présent article, les personnes mentionnées au deuxième alinéa du présent II adressent à l'agence régionale de santé compétente le certificat de rétablissement ou le certificat médical de contre-indication prévus au I () " Aux termes de l'article 14 de la loi : " I. A. A compter du lendemain de la publication de la présente loi et jusqu'au 14 septembre 2021 inclus, les personnes mentionnées au I de l'article 12 ne peuvent plus exercer leur activité si elles n'ont pas présenté les documents mentionnés au I de l'article 13 ou, à défaut, le justificatif de l'administration des doses de vaccins requises par le décret mentionné au II de l'article 12 ou le résultat, pour sa durée de validité, de l'examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par la covid-19 prévu par le même décret. / B. A compter du 15 septembre 2021, les personnes mentionnées au I de l'article 12 ne peuvent plus exercer leur activité si elles n'ont pas présenté les documents mentionnés au I de l'article 13 ou, à défaut, le justificatif de l'administration des doses de vaccins requises par le décret mentionné au II de l'article 12. / Par dérogation au premier alinéa du présent B, à compter du 15 septembre 2021 et jusqu'au 15 octobre 2021 inclus, sont autorisées à exercer leur activité les personnes mentionnées au I de l'article 12 qui, dans le cadre d'un schéma vaccinal comprenant plusieurs doses, justifient de l'administration d'au moins une des doses requises par le décret mentionné au II du même article 12, sous réserve de présenter le résultat, pour sa durée de validité, de l'examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par la covid-19 prévu par le même décret () ".
3. En premier lieu, la décision attaquée, qui comporte la signature de son auteur, nom, prénom et sa qualité, a été prise par le directeur de l'agence régionale de Santé Auvergne-Rhône-Alphes, M. D B. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte en litige et de la méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ne peuvent qu'être écartés.
4. En deuxième lieu, la décision attaquée comprend les considérants de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
5. En troisième lieu, Mme A soutient que la décision attaquée constitue une sanction disciplinaire déguisée et méconnaît le respect des droits de la défense. Toutefois, tant la mise en demeure de produire les justificatifs prévus au I de l'article 13 de la loi du 5 août 2021 que la cessation d'activité prononcée en conséquence de leur absence de production, en application du I de l'article 14 de la même loi, constituent des mesures se rattachant à la mise en œuvre d'une mission de police administrative spéciale, répondant à une finalité de santé publique et n'ayant pas vocation à sanctionner un manquement commis par les professionnels de santé. Par suite, la décision attaquée, qui se borne à enjoindre à la requérante de respecter les conditions légales requises pour l'exercice de son activité, ne constitue pas une sanction disciplinaire. Par suite, ces moyens doivent être écartés comme étant inopérants.
6. En quatrième lieu, pour soutenir que la décision attaquée est injustifiée et disproportionnée, Mme A soulève " l'absence de prise en compte d'une solution moins radicale " que la vaccination, " de l'inutilité de l'obligation vaccinale pour limiter la propagation de l'épidémie ", la " disproportion des conséquences négatives provoquées par la vaccination obligatoire " ou encore " l'inadéquation de l'extension de l'obligation vaccinale quant à la lutte contre l'épidémie ". Toutefois, il ne relève pas de l'office du juge administratif de se prononcer sur l'opportunité de la politique vaccinale adoptée par le législateur. Dès lors, ce moyen, y compris ceux tirés de ce que l'obligation vaccinale porte une atteinte disproportionnée à la liberté d'entreprendre, du commerce et de l'industrie et à la liberté individuelle de Mme A doivent être écartés.
7. En cinquième lieu, la requérante fait valoir que la décision attaquée méconnaît le principe d'égalité dès lors qu'" aucune personne ne devrait être contrainte de révéler un élément de sa santé ", que " la vaccination n'est pas capable de réduire ou de supprimer le risque de partage viral et donc le risque de transmission du virus d'une personne vaccinée à une personne vaccinée " et qu' " aux Antilles, la date butoir a été repoussée à la fin de la quatrième vague ". Toutefois, d'une part, il résulte des termes des dispositions de la loi du 5 août 2021, adoptées par le législateur dans un objectif de santé publique afin de protéger les patients avec lesquels les professionnels de santé sont en contact et de limiter la propagation de l'épidémie due au virus du covid-19, et notamment le 2° du I de l'article 2 et le II de l'article 13, que les professionnels soignants libéraux sont soumis, à l'instar de ceux exerçant dans les établissements publics de santé, à l'obligation de présenter un certificat de statut vaccinal ou des certificats de rétablissement, pour pouvoir continuer d'exercer leur activité professionnelle. Dans ce cadre, le législateur a doté, dans au IV de l'article 14 de la loi, les agences régionales de santé d'un pouvoir de contrôle et, le cas échéant, de suspension de l'activité professionnelle du professionnel de santé. Il s'ensuit que le directeur de l'ARS d'Auvergne-Rhône-Alpes disposait du pouvoir de mettre en demeure Mme A de lui transmettre soit un justificatif de son schéma vaccinal soit des certificats de rétablissement sans méconnaître le principe d'égalité. Au demeurant il n'appartient pas au juge de l'excès de pouvoir de se prononcer sur de tels moyens relatifs à la constitutionnalité de dispositions législatives hormis dans le cas où par un mémoire distinct il serait saisi d'une demande tendant à la transmission d'une question prioritaire de constitutionnalité. Dès lors, et au regard de ce qui a été dit au point précédent, le moyen tiré de la méconnaissance du principe d'égalité doit être écarté.
8. En sixième lieu, ainsi que le prescrivent les dispositions du II de l'article 12 de la loi du 5 août 2021, les dispositions de l'article L. 1110-4 du code de la santé publique, définissant le secret médical, ne sont pas opposables aux mesures prises pour le contrôle des obligations prévues par le I du même article. Par suite, et au regard de ce qui a été dit au point précédent, le moyen tiré de la méconnaissance du secret médical ne peut qu'être écarté.
9. En septième lieu, la requérante, qui fait valoir que la décision attaquée méconnaît l'article 2 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle la met en demeure de se conformer à l'obligation vaccinale au regard des risques d'aggravation de son état de santé et que les vaccins sont encore en phase expérimentale, doit être regardée comme excipant de l'inconventionnalité de la loi du 5 août 2021. Toutefois, les vaccins contre la covid-19 administrés en France ont fait l'objet d'une autorisation conditionnelle de mise sur le marché de l'Agence européenne du médicament qui procède à un contrôle strict des vaccins afin de garantir que ces derniers répondent aux normes européennes en matière de sécurité, d'efficacité et de qualité et soient fabriqués et contrôlés dans des installations agréées et certifiées. Contrairement à ce qui est soutenu, les vaccins ne sauraient dès lors être regardés comme en phase expérimentale. Par ailleurs, la requérante ne démontre pas que l'obligation vaccinale aurait pour effet d'aggraver l'état de santé de la personne vaccinée, alors qu'au demeurant, le législateur a prévu la possibilité de contre-indications liées à l'état de santé. Par suite, et au regard de ce qui a été dit au point 6, ce moyen ne peut qu'être écarté.
10. En huitième lieu, et au regard de ce qui a été dit précédemment, le moyen tiré de la méconnaissance du principe de précaution ne peut qu'être écarté.
11. En neuvième lieu, et au regard de ce qui a été dit précédemment, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée porte une atteinte à son droit à la santé tel que prévu par l'alinéa 11 du préambule de la Constitution. Au demeurant, et comme il a été dit au point 7, si Mme A fait valoir que " l'obligation vaccinale porte atteinte à sa santé ", il n'appartient pas au juge de l'excès de pouvoir de se prononcer sur de tels moyens relatifs à la constitutionnalité de dispositions législatives hormis dans le cas où par un mémoire distinct il serait saisi d'une demande tendant à la transmission d'une question prioritaire de constitutionnalité. Par suite, ce moyen doit être écarté.
12. En dixième lieu, Mme A qui soutient que les personnels soignants non vaccinés subiront une discrimination puisqu'ils ne pourront plus exercer, qu'ils auront des difficultés d'accès à l'emploi et ne seront pas reclassés, doit être regardée comme excipant de l'inconventionnalité de la loi du 5 août 2021 au regard des stipulations de l'article 288 du traité sur le fonctionnement de l'Union Européenne eu égard à la discrimination qu'elle créait. Toutefois, l'article 13 de la loi du 5 août 2021 prévoit que l'obligation de vaccination ne s'applique pas aux personnes qui présentent un certificat médical de contre-indication ainsi que, pendant la durée de sa validité, aux personnes disposant d'un certificat de rétablissement. Le champ de cette obligation apparaît ainsi cohérent et proportionné au regard de l'objectif de santé publique poursuivi, alors même que l'obligation ne concerne pas l'ensemble de la population mais seulement les professionnels qui se trouvent dans une situation qui les expose particulièrement au virus et au risque de le transmettre aux personnes les plus vulnérables à ce virus. Dès lors, ce moyen doit être écarté.
13. En onzième lieu, Mme A soutient que la décision attaquée, en la mettant en demeure de se conformer à l'obligation vaccinale, constitue une atteinte arbitraire à sa liberté et à la sûreté en méconnaissance de l'article 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, méconnaît son droit à l'intégrité physique, son droit au respect de la vie privée et familiale prévu à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et à l'intérêt supérieur de l'enfant prévu à l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Toutefois, d'une part, la décision attaquée, qui se borne à mettre en demeure l'intéressée de produire les pièces justificatives au regard de son statut vaccinal dans un délai de 72 heures, n'a pas pour objet de contraindre Mme A à subir une injection du vaccin contre la covid-19. D'autre part, une vaccination obligatoire constitue une ingérence dans ce droit, qui peut être admise si elle remplit les conditions du paragraphe 2 de l'article 8 et, notamment, si elle est justifiée par des considérations de santé publique et proportionnée à l'objectif poursuivi. Il doit ainsi exister un rapport suffisamment favorable entre, d'une part, la contrainte et le risque présentés par la vaccination pour chaque personne vaccinée et, d'autre part, le bénéfice qui en est attendu tant pour cet individu que pour la collectivité dans son entier, y compris ceux de ses membres qui ne peuvent être vaccinés en raison d'une contre-indication médicale, compte tenu à la fois de la gravité de la maladie, de son caractère plus ou moins contagieux, de l'efficacité du vaccin et des risques ou effets indésirables qu'il peut présenter. Ainsi, au regard des éléments qui ont été développés au point précédent, en particulier au regard de l'objectif de santé publique face à la progression rapide du virus et de la profession de la requérante, sage-femme libérale, ces moyens ne peuvent qu'être écartés.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 2 février 2022 doivent être rejetées et, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes.
Délibéré après l'audience du 3 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bader-Koza, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par la mise à disposition au greffe le 17 mai 2024.
La présidente,
S. BADER-KOZA
L'assesseur le plus ancien,
dans l'ordre du tableau,
G. JURIE
Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.AA
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026