vendredi 22 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2200615 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | AD'VOCARE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 mars 2022, M. D A, représenté par le cabinet d'avocats Ad'vocare, Me Gauché, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 septembre 2021 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui attribuer rétroactivement le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai d'un mois à compter du présent jugement ;
3°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter du présent jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi de 1991.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux dès lors qu'il ne ressort pas des termes de cette décision que son état de vulnérabilité a été pris en compte ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors que l'administration n'établit pas qu'il est entré sur le territoire français le 27 décembre 2019 et donc que sa demande d'asile n'aurait pas été introduite dans le délai de quatre-vingt-dix jours suivant son entrée en France.
Par un mémoire en défense, enregistré 19 avril 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 21 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 mai 2023.
Par une décision du 26 janvier 2022, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Caraës ;
- et les conclusions de M. Panighel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A, ressortissant guinéen né le 2 mars 2000, est entré en France le 27 décembre 2019 selon ses déclarations. Le 9 août 2021, il a sollicité le bénéfice de l'asile et des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 9 août 2021, remise en mains propres le même jour, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rejeté sa demande. Par un courrier du 13 août 2021, il a formé un recours gracieux. Par une décision du 30 septembre 2021, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rejeté sa demande. Par sa requête, M. A sollicite l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, la décision en litige a été signée par M. B C, directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, lequel nommé par décret du Président de la République du 13 novembre 2018, régulièrement publié au Journal Officiel de la République Française n° 0263 du 14 novembre 2018, était compétent, eu égard aux dispositions de l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige, pour signer la décision attaquée.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. / () ".
4. M. A soutient que la décision en litige est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation dès lors qu'il ne ressort pas des termes de cette décision que son état de vulnérabilité a été pris en compte. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A a bénéficié, conformément aux dispositions précitées, d'un entretien de vulnérabilité le 9 août 2021 à l'occasion de la présentation de sa demande d'asile, dans une langue qu'il a déclaré comprendre et qu'il a pu, à cette occasion, faire valoir l'ensemble des éléments relatifs à sa situation. En tout état de cause, il ne ressort pas de cet entretien, notamment de la fiche d'évaluation de vulnérabilité remplie à cette occasion et signée par l'intéressé, que M. A aurait fait part à l'administration d'une quelconque situation de vulnérabilité. Dans son recours gracieux, M. A n'a, par ailleurs, fait état d'aucune circonstance nouvelle qui n'aurait pas été prise en compte par l'agent lors de cet entretien. En outre, si M. A se prévaut de sa situation d'isolement sur le territoire français et de l'absence de ressources, ces éléments ne sont pas de nature à caractériser une situation de vulnérabilité. De plus, en se bornant à affirmer qu'il bénéficie d'un suivi médical pour des problèmes psychiatriques, M. A ne produit aucun élément de nature à établir la réalité de ce suivi. Par suite, ce moyen doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () / 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. / () ". Selon l'article L. 531-27 du même code, " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée à la demande de l'autorité administrative chargée de l'enregistrement de la demande d'asile dans les cas suivants : / () / 3° Sans motif légitime, le demandeur qui est entré irrégulièrement en France ou s'y est maintenu irrégulièrement n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France ; / () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que pour refuser à M. A le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration s'est fondé sur le fait que l'intéressé a présenté sa demande d'asile, sans motif légitime, plus de quatre-vingt-dix jours après son entrée en France. En se bornant à faire valoir que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'établit pas qu'il est entré sur le territoire français le 27 décembre 2019, alors même que cette date est conforme aux déclarations de l'intéressé lors de son entretien d'évaluation, M. A ne conteste pas utilement le motif de la décision attaqué. Dans ces conditions, M. A doit être regardé comme étant entré sur le territoire français le 27 décembre 2019. Il n'est pas contesté que le requérant a sollicité le bénéfice de l'asile le 9 août 2021, soit plus d'un an et six mois après son entrée sur le territoire français sans se prévaloir d'aucun motif qui serait de nature à justifier le dépassement du délai imparti par les dispositions précitées pour introduire sa demande. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige est entachée d'une erreur de fait.
7. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 30 septembre 2021 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bader-Koza, présidente,
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller.
Rendu public par la mise à disposition au greffe le 22 novembre 2024.
La présidente- rapporteure,
R. CARAËS
La présidente,
S. BADER-KOZA
La greffière,
N. BLANC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2200615
AC
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026