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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2200718

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2200718

mardi 16 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2200718
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationPrésidente Bader-Koza

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 mars 2022 et des mémoires enregistrés respectivement les 13 juin et 27 septembre 2022, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe d'habitation et de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles il a été assujetti au titre des années 2019 et 2020 dans les rôles de la commune d'Orbeil.

Il soutient que :

- le bien imposé n'est pas une construction nouvelle ; il s'agit d'un bien ancien, en mauvais état, qui n'a connu aucun travaux depuis 1938, année au cours de laquelle il a été bâti ;

- l'administration devrait répertorier le bien imposé au " fichier cadastral H1 " en tant qu'" inscription nouvelle (réalisation du changement) " et prendre en compte le caractère ancien de la construction dans la base de calcul de la valeur locative cadastrale ;

- il a sollicité de l'administration que son bien soit classé en catégorie cadastrale C et non un changement de tarif ; c'est donc à tort que l'administration lui a indiqué, d'une part, dans un courriel du 20 mai 2021 que les dispositions de l'article 1406 du code général des impôts étaient applicables à sa situation alors qu'il n'a pas déclaré de construction nouvelle dans le délai de quatre-vingt-dix jours prévu par ces dispositions et, d'autre part, dans un courriel du 15 octobre 2021, qu'il devait arrêter de solliciter l'administration fiscale d'une même demande ; c'est également à tort que la cellule foncière d'Issoire, par un courriel du 16 mars 2022, lui a demandé de compléter un formulation H1 dans lequel il a été renseigné de manière incorrecte, que son bien est une construction nouvelle ;

- il reste dans l'attente de réponses de l'administration fiscale à deux de ses courriels, ceci alors qu'il lui a été indiqué que sa réclamation était en cours d'instruction et serait traitée dans le délai légal de six mois ;

- il sollicite de l'administration qu'elle lui explique en vertu de quelle disposition du code général des impôts elle a inscrit, sur les fiches d'évaluation des propriétés bâties, le bien comme étant une construction nouvelle, ceci alors même qu'elle reconnaît qu'il s'agit en réalité d'une évaluation nouvelle, comme en témoigne le courriel qu'elle lui a adressé du 17 janvier 2020 ;

- son père, duquel il a hérité le bien imposé, s'est toujours acquitté " de l'imposition sur l'ensemble de son patrimoine " après qu'il ait lui-même hérité dudit bien de sa mère et de sa grand-mère ;

- il n'a pas reçu, dans son espace particulier, sur le site internet des impôts, de courrier adressé en 2019 par la cellule foncière d'Issoire, lui demandant de souscrire une déclaration modèle H1 ;

- son bien a été classé d'office, dès 2019, comme étant une construction nouvelle ;

- contrairement à ce qu'affirme l'administration fiscale, la commune d'Orbeil ne connaît pas que la seule catégorie cadastrale B, dès lors que l'existence de la catégorie " D " a été reconnue par un agent de la cellule foncière d'Issoire ; dès lors, son bien devrait être classé en catégorie cadastrale D, compte tenu du mauvais état de son bien daté de 1938 et en application des articles 324 G et 324 H de l'annexe III au code général des impôts.

Par des mémoires en défense enregistrés les 1er septembre et 4 octobre 2022, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est recevable en ce que, d'une part, elle fait suite à une réclamation en date du 31 août 2021, laquelle conteste les bases d'imposition de la taxe foncière sur les propriétés bâties 2020, qui est elle-même recevable et, d'autre part, l'administration n'a pas donné suite dans le délai de six mois qui lui était imparti aux réclamations du 3 septembre 2021 et 3 décembre 2021 qui lui ont été adressée ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 7 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 novembre 2022.

Un mémoire présenté par M. B, enregistré le 6 février 2024, n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C ;

- les conclusions de M. Loïc Panighel, rapporteur public ;

- et les observations de M. B.

Le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme n'était ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B est propriétaire depuis 2018 d'une remise sise parcelle ZB 421 sur la commune d'Orbeil (63500), à raison de laquelle il a été assujetti à la taxe foncière sur les propriétés bâties ainsi qu'à la taxe d'habitation au titre des années 2019 et 2020. Contestant le bien-fondé des impositions mises à sa charge, l'intéressé en a sollicité le dégrèvement par de très nombreuses réclamations, lesquelles ont donné lieu à des décisions de rejet implicites et explicites. Par la présente requête, le requérant sollicite la décharge des impositions mises à sa charge.

2. En premier lieu, aux termes de l'article 1388 du code général des impôts : " La taxe foncière sur les propriétés bâties est établie d'après la valeur locative cadastrale de ces propriétés déterminée conformément aux principes définis par les articles 1494 à 1508 et 1516 à 1518 B et sous déduction de 50 % de son montant en considération des frais de gestion, d'assurances, d'amortissement, d'entretien et de réparation. ". Aux termes de l'article 1494 de ce même code, dans sa version applicable au litige : " La valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de la taxe d'habitation ou d'une taxe annexe établie sur les mêmes bases est déterminée, conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508, pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte. ". Aux termes de l'article 1495 dudit code : " Chaque propriété ou fraction de propriété est appréciée d'après sa consistance, son affectation, sa situation et son état, à la date de l'évaluation () ". Aux termes de l'article 1496 de ce même code, lequel énonce les règles de détermination de la valeur locale pour les locaux à usage d'habitation : " I. - La valeur locative des locaux affectés à l'habitation ou servant à l'exercice d'une activité salariée à domicile est déterminée par comparaison avec celle de locaux de référence choisis, dans la commune, pour chaque nature et catégorie de locaux. / II. - La valeur locative des locaux de référence est déterminée d'après un tarif fixé, par commune ou secteur de commune, pour chaque nature et catégorie de locaux, en fonction du loyer des locaux loués librement à des conditions de prix normales et de manière à assurer l'homogénéité des évaluations dans la commune et de commune à commune. / Le tarif est appliqué à la surface pondérée du local de référence, déterminée en affectant la surface réelle de correctifs fixés par décret et destinés à tenir compte de la nature des différentes parties du local, ainsi que de sa situation, de son importance, de son état et de son équipement. () ". Enfin, aux termes de l'article 1517 de ce code : " I. - 1. Il est procédé, annuellement, à la constatation des constructions nouvelles et des changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties (). Il en va de même pour les changements de caractéristiques physiques ou d'environnement. () ". Enfin, aux termes de l'article 1406 du code général des impôts : " I. - Les constructions nouvelles, ainsi que les changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties, sont portés par les propriétaires à la connaissance de l'administration, dans les quatre-vingt-dix jours de leur réalisation définitive et selon les modalités fixées par décret () ".

3. En outre, aux termes de l'article L. 175 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au litige : " En ce qui concerne la taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe d'habitation et les taxes annexes établies sur les mêmes bases, les omissions ou les insuffisances d'imposition peuvent être réparées à toute époque lorsqu'elles résultent du défaut ou de l'inexactitude des déclarations des propriétés bâties mentionnées aux articles 1406 et 1502 du code général des impôts () ". Il résulte de ces dernières dispositions que lorsque les déclarations que les redevables de la taxe foncière sur les propriétés bâties sont tenus de souscrire, hors le cas de révision des évaluations prévu par l'article 1502 du code général des impôts (CGI), à raison des constructions nouvelles ou des changements de consistance ou d'affectation de ces propriétés en application de l'article 1406 du CGI, sont entachées d'omissions ou d'insuffisances, celles-ci peuvent être réparées à tout moment et les cotisations rehaussées dans la limite de quatre années prévue à l'article 1508 du CGI.

4. Il résulte de l'instruction et notamment des courriels produits, dont le contenu n'est pas contesté par le requérant, qu'aucune évaluation cadastrale n'a été réalisée à raison du bien litigieux avant son acquisition par le requérant en 2018 suite à une donation. Après avoir procédé à une première évaluation du bien donnant lieu à l'établissement d'une première déclaration H1 du 19 juillet 2018 sur laquelle figure la mention " construction nouvelle ", l'administration fiscale a procédé à une nouvelle évaluation d'office du bien imposé, faute pour M. B d'établir de lui-même une nouvelle déclaration H1. Ainsi, la valeur locative du bien dont est propriétaire le requérant, qui a permis de déterminer le montant des impositions en litige, fixée à 15, a été déterminée en tenant compte des caractéristiques du bien, donnant lieu à l'établissement d'une seconde déclaration H1 en date du 22 janvier 2020. Par conséquent, M. B n'est pas fondé à soutenir que la valeur locative de son bien a été déterminée en tant que construction nouvelle.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 324 G de l'annexe III au code général des impôts : " I. - La classification communale consiste à rechercher et à définir par nature de construction (maisons individuelles immeubles collectifs dépendances bâties isolées) les diverses catégories de locaux d'habitation existant dans la commune. / II. - Pour la classification communale, sont assimilés aux dépendances bâties isolées les dépendances bâties et les éléments bâtis formant dépendances qui doivent faire l'objet d'une évaluation distincte en raison de leur nature particulière, notamment les éléments de pur agrément ainsi que dans les immeubles collectifs les garages et les emplacements individuels aménagés pour le stationnement des véhicules automobiles. ". En outre, aux termes de l'article 324 H du code général des impôts : " () II. - Pour les dépendances bâties isolées et les divers éléments visés au II de l'article 324 G, la classification communale est établie à partir d'une nomenclature-type spéciale comportant quatre catégories, en adaptant aux normes locales de construction les critères généraux décrits au tableau ci-après. () ".

6. Il résulte à ce titre de l'instruction et, en particulier, du procès-verbal des opérations, établi en 1970, dont il est constant qu'il n'a connu aucune révision, que pour les dépendances bâties isolées, il n'existe qu'une seule catégorie " B ", laquelle comporte les constructions avec des matériaux ordinaires. Ainsi, dès lors qu'il est constant que la remise imposée constitue une dépendance bâtie isolée et qu'il n'existe aucune autre catégorie pour de tels biens, c'est à bon droit que l'administration l'a classé en catégorie B, nonobstant l'état dans lequel se trouve celui-ci.

7. En dernier lieu, en se bornant à contester les réponses que l'administration fiscale a adressé à ses courriels, ou son absence de réponse, à indiquer que son père s'est acquitté de " l'imposition sur l'ensemble de son patrimoine ", et à alléguer qu'il n'a pas reçu, dans son espace particulier sur le site internet des impôts, de courrier de 2019 lui demandant de souscrire à une déclaration modèle H1, le requérant ne remet pas sérieusement en cause le bien-fondé des impositions contestées.

8. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties et de taxe d'habitation auxquelles il a été assujetti au titre des années 2019 et 2020.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directement départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.

La présidente,

S. C Le greffier,

P. MANNEVEAU

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.ZR

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