jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2200758 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | TREINS-POULET-VIAN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 4 avril 2022, le 6 avril 2022, le 25 avril 2022 et le 11 juin 2022, Mme B A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler " les décisions concernées, particulièrement pour les thèmes cités (association Horizon des Hauts de l'Arzon, maison de la faune et de la flore, accès aux registre communal et aux archives, adressage, antenne dont le projet en cours a occasionné un vote) " ;
2°) " d'imposer une revue de ce qui a été déjà entrepris depuis [la prise de mandat du conseil municipal de la commune de Beaune-sur-Arzon] afin qu'aucune nuisance environnementale et/ou à la population ne soit engendrée du fait d'une gestion défectueuse et de décisions trop légèrement prises, par intérêt ou non, négligeant la sécurité de la population et ses droits fondamentaux, allant même jusqu'aux atteintes aux droits de la personne " ;
3°) d'évoquer la responsabilité civile, pénale et disciplinaire de la maire de la commune de Beaune-sur-Arzon ;
4°) de condamner la maire de la commune de Beaune-sur-Arzon à lui verser la somme de 2 000 euros en réparation de son préjudice moral et en compensation des frais générés par l'absence de prise en compte d'aspects réglementaires obligatoires de sa fonction ;
5°) de saisir le parquet financier si une corruption était à rechercher ;
6°) d'infliger à la commune de Beaune-sur-Arzon une amende pour production de faux documents ;
7°) de mettre les dépens à la charge de la commune de Beaune-sur-Arzon.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 23 mai 2022 et le 26 juillet 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la commune de Beaune-sur-Arzon, représentée par Me Treins, conclut au rejet de la requête, notamment en ce qu'elle est irrecevable, aucune décision n'étant visée par la requérante, la demande visant les statuts de l'association Horizon des Hautes de l'Arzon étant tardive, et la demande indemnitaire de la requérante n'ayant pas été précédé d'une demande préalable de nature à lier le contentieux. Elle demande également au tribunal de mettre à la charge de la requérante la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 20 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 juillet 2022.
Mme A a produit un mémoire, enregistré le 30 juillet 2022, soit postérieurement à la clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 411-1 du même code : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ". L'article R. 421-1 du même code dispose : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ".
3. Le juge administratif ne peut être saisi que de conclusions tendant à l'annulation d'une décision administrative ou de conclusions indemnitaires lorsque la responsabilité de l'administration est engagée.
4. Dans sa requête, Mme A demande l'annulation des " décisions concernées, particulièrement pour les thèmes cités (association Horizon des Hauts de l'Arzon, maison de la faune et de la flore, accès aux registre communal et aux archives, adressage, antenne dont le projet en cours a occasionné un vote) ". Malgré la demande de production de la ou des décisions attaquées, envoyée par le greffe du tribunal administratif dans un courrier du 11 avril 2022, Mme A n'a pas précisé dans ses productions ultérieures quelles décisions administratives lui faisant grief elle entendait contester.
5. En tout état de cause, à supposer qu'elle entende contester la circonstance que l'association " Horizon des Hauts de l'Arzon " soit domiciliée à la mairie de Beaune-sur-Arzon, d'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une décision ait été prise par ladite commune en ce sens. A supposer qu'une telle décision existe, la requérante ne précise pas en quoi celle-ci lui ferait grief.
6. Enfin, si Mme A, dans son mémoire enregistré le 11 juin 2022, semble viser plus particulièrement une décision du 9 juin 2022 par laquelle la commune de Beaune-sur-Arzon aurait refusé de lui fournir le détail du budget de l'année 2022, elle ne produit toutefois pas ladite décision, qui au demeurant, est postérieure à la présente requête, enregistrée le 4 avril 2022, si bien que les conclusions aux fins d'annulation d'une telle décision constitueraient une demande nouvelle devant faire l'objet d'une requête distincte.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".
8. Si Mme A demande au tribunal de condamner la maire de la commune de Beaune-sur-Arzon à lui verser la somme de 2 000 euros en réparation de ses préjudices, elle n'allègue ni n'établit avoir saisi ladite commune d'une demande indemnitaire préalable, laquelle est seule propre à lier le contentieux devant le juge administratif conformément aux dispositions précitées de l'article R. 421-1 du code de justice administrative.
Sur les autres conclusions :
9. D'une part, dans sa requête, Mme A demande à ce que le tribunal impose " une revue de ce qui a été déjà entrepris depuis [la prise de mandat du conseil municipal de la commune de Beaune-sur-Arzon] afin qu'aucune nuisance environnementale et/ou à la population ne soit engendrée du fait d'une gestion défectueuse et de décisions trop légèrement prises, par intérêt ou non, négligeant la sécurité de la population et ses droits fondamentaux, allant même jusqu'aux atteintes aux droits de la personne ". Toutefois, il n'appartient pas au juge administratif de faire œuvre d'administrateur.
10. D'autre part, si Mme A demande au tribunal d'évoquer la responsabilité civile, pénale et disciplinaire de la maire de la commune de Beaune-sur-Arzon, de saisir le parquet financier si une corruption était à rechercher, et d'infliger à la commune de Beaune-sur-Arzon une amende pour production de faux document, il n'appartient pas au juge administratif de connaitre de telles demandes.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A est manifestement irrecevable et ne peut qu'être rejetée en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
12. En premier lieu, Mme A ne justifie pas avoir exposé des dépens dans la présente instance. Par suite, les conclusions présentées par elle à ce titre doivent être rejetées.
13. En second lieu, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par la commune de Beaune-sur-Arzon.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Beaune-sur-Arzon sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la commune de Beaune-sur-Arzon.
Fait à Clermont-Ferrand, le 27 juin 2024.
La présidente du tribunal,
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.JC
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026