mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2200866 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 avril 2022, M. B A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2018 par lequel le garde des sceaux, ministre de la justice l'a titularisé au grade de surveillant pénitentiaire avec une ancienneté conservée d'un an, ensemble les décisions implicites de rejet de son recours gracieux et de son recours hiérarchique ;
2°) d'enjoindre à l'administration de prendre en compte son ancienneté au titre de ses états de service en qualité de militaire à savoir une ancineneté de 3 ans, 9 mois et 8 jours et de lui verser, à ce titre, les arriérés de salaire qui lui sont dus à compter du 17 octobre 2017, date de son entrée dans l'administration pénitentiaire en qualité d'élève, assortis des intérêts moratoires au taux légal.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 septembre 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Vu l'ensemble des pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ".
2. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Aux termes de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. / Lorsque dans le délai initial du recours contentieux ouvert à l'encontre de la décision, sont exercés contre cette décision un recours gracieux et un recours hiérarchique, le délai du recours contentieux, prorogé par l'exercice de ces recours administratifs, ne recommence à courir à l'égard de la décision initiale que lorsqu'ils ont été l'un et l'autre rejetés ".
3. M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2018 par lequel le garde des sceaux, ministre de la justice, l'a titularisé au grade de surveillant pénitentiaire avec une ancienneté conservée d'un an. Il ressort des pièces du dossier que M. A a formé, le 5 novembre 2021, un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté dont l'administration a accusé réception le jour même. Une décision implicite de rejet est née au terme d'un délai de deux mois à compter de cette date soit à compter du 6 janvier 2022. Ainsi, M. A disposait d'un délai de deux mois à compter de cette date pour exercer un recours contentieux soit jusqu'au 6 mars 2022. En outre, le recours hiérarchique formé par l'intéressé le 10 janvier 2022 auprès du garde des sceaux, ayant été exercé postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux ouvert à l'encontre de la décision initiale, n'a pas eu pour effet de proroger une nouvelle fois le délai de recours contentieux. Par suite, la requête de M. A, enregistrée au greffe du tribunal le 20 avril 2022 est tardive.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit être rejetée en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Fait à Clermont-Ferrand, le 29 octobre 2024.
La présidente de la 2ème chambre,
C. BENTÉJAC
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.AA
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