jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2200905 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | FAURE-CROMARIAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 avril 2022, Mme A B, représentée par Me Faure-Cromarias, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a implicitement refusé le versement d'une somme de 2 070 euros ;
2°) de condamner l'État à lui verser la somme de 2 070 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 1er août 2019, dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer sa situation dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir et de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à verser à son conseil, ce dernier renonçant à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée dès lors qu'elle n'a reçu aucune réponse à ses nombreux courriers ni à sa demande de communication des motifs de la décision attaquée ;
- elle a égaré la carte sur laquelle la somme de 2070 euros a été créditée au titre de l'allocation pour demandeur d'asile ; cette somme n'a jamais été utilisée.
Un mémoire présenté pour l'Office français de l'immigration et de l'intégration a été enregistré le 3 juillet 2024 postérieurement à la clôture automatique de l'instruction.
Mme B a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 février 2022.
Vu l'ensemble des pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bentéjac a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante albanaise, a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 26 juin 2019. Une carte pour le versement de l'allocation pour demandeur d'asile (ADA) lui a été remise le 3 mai 2018. Mme B a perdu cette carte. Une seconde carte lui a été délivrée le 27 février 2019. Par un courrier du 30 septembre 2021, Mme B a demandé à l'Office français de l'immigration et de l'intégration que cette nouvelle carte soit créditée de la somme de 2 070 euros correspondant au montant de l'allocation pour demandeur d'asile qui, selon la requérante, n'a pas été utilisé et qui était porté au crédit de la carte perdue. Une troisième carte lui a été délivrée le 21 janvier 2020. La somme de 2 070 euros n'a pas été portée au crédit de cette dernière carte. Elle a sollicité la communication des motifs de la décision de refus de verser la somme de 2 070 euros qui est restée sans réponse. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision implicite et de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2 070 euros et d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder à un nouvel examen de sa situation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Si la requérante demande l'annulation de la décision portant rejet de sa demande de versement de l'allocation pour demandeur d'asile qui lui avait été versée sur sa première carte, une telle décision n'a d'autre objet que de lier le contentieux et ne peut utilement faire l'objet de conclusions tendant à son annulation pour excès de pouvoir.
Sur le bien-fondé de la créance :
3. Aux termes de l'article L. 553-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile qui a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées en application de l'article L. 551-9 bénéficie d'une allocation pour demandeur d'asile s'il satisfait à des conditions d'âge et de ressources. Le versement de cette allocation est ordonné par l'Office français de l'immigration et de l'intégration. ". L'article L. 553-3 dudit code dispose : " () L'étranger, présent sur le territoire français, peut introduire une action en paiement dans un délai de deux ans à compter de la date d'ouverture de ses droits.() ". L'article D. 553-18 du même code dispose : " L'allocation pour demandeur d'asile est versée mensuellement sur la base de la transmission prévue à l'article D. 553-21, à terme échu, par alimentation d'une carte de retrait ou de paiement.() ".
4. Mme B se borne à soutenir qu'elle a perdu la carte sur laquelle était versée l'allocation pour demandeur d'asile qu'elle percevait et que les sommes portées au crédit de cette carte s'élevaient à " au moins 2 070 euros ".
5. S'il est constant que, suite à la perte de sa carte pour le versement de l'allocation pour demandeur d'asile, l'administration a, le 27 février 2019, délivré à Mme B une nouvelle carte, il ne résulte pas de l'instruction qu'au moment de la perte de cette carte, cette dernière était créditée d'une quelconque somme ni, comme le soutient la requérante, que la somme en cause a été récupérée par le comptable de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Il ne résulte pas davantage de l'instruction que l'Etat ni même l'Office resterait redevable de la somme en cause dès lors qu'il ressort des relevés de versement de l'aide, produits par la requérante elle-même, que l'aide lui a bien été versée pour la période allant du mois de mars 2018 au juillet 2019. Dans ces conditions, et alors que Mme B ne précise pas le fondement juridique de sa demande, elle n'établit pas, en tout état de cause, détenir une créance sur l'Etat ni même sur l'Office français de l'immigration et de l'intégration ni ne démontre qu'une illégalité fautive a été commise en lui refusant le versement des sommes en cause.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et d'indemnisation présentées par Mme B doivent être rejetées, y compris les conclusions présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bentéjac, présidente-rapporteure,
Mme Jaffré, première conseillère,
M. Debrion, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
La présidente-rapporteure,
C. BENTÉJAC
L'assesseure la plus ancienne,
M. JAFFRÉ
Le greffier,
C. PETIT
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2200905AA
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026