jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2200922 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | FAURE-CROMARIAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 avril 2022, Mme A B, représentée par Me Faure-Cromarias, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 janvier 2022 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler, le tout dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du préfet du Puy-de-Dôme la somme de 1 500 euros au titre des frais irrépétibles ;
4°) de mettre à la charge du préfet du Puy-de-Dôme la somme de 2 500 euros à verser à son conseil, ce dernier renonçant à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision portant refus de séjour est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée : elle est stéréotypée et ne précise pas sa pathologie ni les raisons exactes pour lesquelles elle ne remplit pas les conditions posées par l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée de vices de procédure en l'absence d'avis régulier du collège de médecins de l'OFII et d'un défaut de saisine de la commission du titre de séjour ; l'autorité préfectorale ne démontre pas l'existence de l'avis et sa régularité ;
- le collège des médecins de l'OFII a commis une erreur manifeste d'appréciation en retenant que l'absence de traitement approprié n'aurait pas de conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle pourrait voyager sans risque vers son pays d'origine ; elle remplit les conditions posées par l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour prétendre à un titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'un vice de procédure dès lors que le préfet du Puy-de-Dôme était tenu de saisir la commission du titre de séjour ; elle remplit les conditions posées par l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard de son certificat médical ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation en méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle remplit les conditions posées par cet article, que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle justifie ne pas pouvoir accéder à un traitement approprié dans son pays d'origine, celui-ci n'existant pas en Guinée ; le préfet du Puy-de-Dôme s'est cru en situation de compétence liée après l'avis du collège des médecins de l'OFII ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ; elle a déposé une demande d'asile pour sa fille qui est en cours d'instruction devant l'OFPRA ; la décision de refus de titre de séjour fragilise sa situation sociale, administrative, matérielle et ses conditions d'existence et ne lui permet pas d'assurer une stabilité matérielle et affective à sa fille.
La procédure a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui n'a pas produit de mémoire en défense mais a communiqué des pièces le 17 mai 2022.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 mars 2022.
Par une ordonnance du 19 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bentéjac a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante guinéenne, est entrée irrégulièrement sur le territoire français le 19 août 2018. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 18 août 2020 confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 8 janvier 2021. Le 23 février 2021, Mme B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour pour raison de santé sur le fondement de l'article L. 311-11 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile devenu l'article L. 425-9 du même code. Par une décision du 12 janvier 2022, le préfet du Puy-de-Dôme a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de cette décision.
Sur l'étendue du litige :
2. Le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Clermont-Ferrand a statué, le 31 mai 2022, sur la légalité des décisions obligeant Mme B à quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi. Dès lors, il y a lieu, par le présent jugement, de ne statuer que sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 12 janvier 2022 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme B.
Sur les conclusions aux fins d'annulation du refus de titre de séjour :
3. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêt n° 22LY02499 du 9 novembre 2023, la cour administrative d'appel de Lyon a annulé la décision du 12 janvier 2022 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a rejeté la demande de titre de séjour de Mme B et a enjoint à ce dernier de délivrer à l'intéressée un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de cette décision ainsi que les conclusions aux fins d'injonction relatives à la délivrance de ce titre sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
Sur les frais d'instance :
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de Mme B présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 12 janvier 2022 du préfet du Puy-de-Dôme portant refus de délivrance d'un titre de séjour et sur les conclusions à fin d'injonction relatives à la délivrance de ce titre.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bentéjac, présidente-rapporteure,
Mme Jaffré, première conseillère,
M. Debrion, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
La présidente-rapporteure,
C. BENTÉJAC
L'assesseure la plus ancienne,
M. JAFFRÉ Le greffier,
C. PETIT
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2200922AA
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026