vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2201019 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | SEBAN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 mai 2022, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 11 avril 2022 par laquelle l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) a implicitement rejeté son recours administratif préalable dirigé contre la décision du 17 janvier 2022 portant refus d'attribution d'une prime de transition énergétique.
Il soutient que :
- il n'a pas demandé l'annulation de sa demande de prime de rénovation énergétique ;
- il est de bonne foi ; il n'a pu suivre la procédure dès lors qu'il a été contraint de changer sa chaudière rapidement en raison d'une fuite d'eau durant la saison hivernale.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 septembre 2024, l'Agence nationale de l'habitat, représentée par SELAS Seban et associés, Me Aderno, conclut, à titre principal à l'irrecevabilité de la requête de M. B et, à titre subsidiaire, à son rejet.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est insuffisamment motivée ; M. B ne produit aucune argumentation de nature juridique au soutien de sa demande ; la requête ne contient l'exposé d'aucun moyen permettant de déterminer la raison pour laquelle la décision attaquée doit être annulée ; elle est dépourvue de conclusions ;
- la décision du 17 janvier 2022 comporte un motif erroné, à savoir la volonté du requérant d'annuler sa demande de prime ; la décision de rejet de la demande de subvention du 17 janvier 2022 aurait pu être fondée sur la réalisation des travaux antérieurement au dépôt de la demande de prime par l'intéressé ;
- aucun élément ou document n'a été produit par M. B afin d'apporter la preuve du caractère urgent et nécessaire de la réalisation des travaux en amont du dépôt de sa demande d'aide ; elle n'a pas été en mesure de juger de l'opportunité d'accorder à titre exceptionnel une prime en l'absence d'éléments concrets quant au caractère urgent des travaux réalisés en amont du dépôt de sa demande de prime ; l'installation de sa chaudière à gaz, avant le dépôt de sa demande de prime, ne relève pas des dispositions dérogatoires prévues au II de l'article 2 du décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 relatives à la prime de transition énergétique, ces travaux ne pouvait être qualifiés d'urgent en raison d'un risque manifeste pour la santé ou la sécurité du requérant.
Vu l'ensemble des pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020, notamment son article 15 ;
- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Debrion, premier conseiller, pour exercer les fonctions de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bader-Koza,
- et les conclusions de M. Debrion, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a sollicité le bénéfice de la prime pour la rénovation énergétique auprès de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH). Par une décision du 17 janvier 2022, l'Agence nationale de l'habitat a rejeté la demande de subvention de M. B au motif de l'annulation, par ce dernier, de sa demande d'aide. Par une décision du 11 février 2022, l'Agence nationale de l'habitat a implicitement rejeté le recours administratif préalable obligatoire introduit par M. B le 9 février 2022. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette dernière décision.
2. L'article 15 de la loi du 28 décembre 2019 de finances pour 2020 prévoit la création d'" une prime de transition énergétique destinée à financer, sous conditions de ressources, des travaux et dépenses en faveur de la rénovation énergétique des logements. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la décision du 17 janvier 2022, que pour refuser la prime de rénovation énergétique sollicitée, l'Agence nationale de l'habitat s'est fondée sur la circonstance que M. B a annulé sa demande d'aide. Toutefois, le requérant soutient, sans être contredit, ne pas avoir demandé l'annulation de sa demande de prime. Par suite, et dès lors que l'Agence nationale de l'habitat doit être réputée avoir admis l'exactitude matérielle des faits allégués par M. B, ce dernier est fondé à demander l'annulation de la décision en litige.
4. L'Agence nationale de l'habitat demande toutefois au tribunal de substituer au motif initial le motif tiré de ce que les travaux ont été réalisés en amont du dépôt de la demande de prime par l'intéressé.
5. L'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existante à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
6. L'article 2 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime à la transition énergétique dispose, dans sa version applicable au litige, que : " () / II.- Seuls les travaux et prestations commencés après l'accusé de réception par l'Agence nationale de l'habitat de la demande de prime y ouvrent droit. Cet accusé de réception ne vaut pas décision d'attribution de la prime. / Par dérogation au premier alinéa du présent II : / 1° Le directeur général de l'Agence nationale de l'habitat peut, à titre exceptionnel, accorder une prime lorsque le dossier a été déposé après le commencement des travaux ou prestations, notamment en cas de travaux ou prestations : / - urgents en raison d'un risque manifeste pour la santé ou la sécurité des personnes ; / - résultant de dommages causés par une catastrophe naturelle ou technologique, ou par effets du vent dû aux tempêtes, ouragans et cyclones, dûment constatés en application des articles L. 125-1, L. 122-7 et L. 128-1 du code des assurances ; () ". Selon l'article 11 dudit décret, " En cas de non-respect des conditions d'attribution de la prime de transition énergétique, la décision attributive peut être retirée en totalité ou partiellement, entraînant le reversement de tout ou partie des sommes perçues au titre de la prime. / () ".
7. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. B a déposé une demande de prime pour la rénovation énergétique le 10 janvier 2022 auprès de l'Agence nationale de l'habitat qui en a accusé réception le même jour. Il ressort également des pièces du dossier que les travaux ont été réalisés au mois de décembre 2021, soit en amont du dépôt de cette demande de prime. D'autre part, en se bornant à soutenir qu'il n'a " pu suivre à la lettre la procédure " dès lors qu'il a été contraint de faire remplacer rapidement sa chaudière en raison d'une importante fuite d'eau durant l'hiver, M. B n'apporte aucune précision quant au caractère urgent des travaux à réaliser en raison d'un risque manifeste pour sa santé ou sa sécurité. Ainsi, le requérant ne saurait être regardé comme relevant d'une des exceptions mentionnées au II de l'article 2 du décret du 14 janvier 2021. Dans ces conditions, l'Agence nationale de l'habitat aurait pris la même décision si elle avait entendu se fonder initialement sur ce motif relevant du même pouvoir d'appréciation, qui peut dès lors être substitué au motif fondant le refus de subvention dans la mesure où cette substitution n'a pour effet de priver M. B d'aucune garantie.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par l'Agence nationale de l'habitat, que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision en litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Agence nationale de l'habitat.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bader-Koza, présidente,
Mme Jaffré, première conseillère,
M. Brun, conseiller.
Rendu public par la mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.
La présidente,
S. BADER-KOZA
L'assesseure la plus ancienne,
dans l'ordre du tableau,
M. JAFFRÉ
Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.AA
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026