mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2201026 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Présidente Bader-Koza |
| Avocat requérant | SELARL MARCHESSEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 mai 2022, la société à responsabilité limitée parisienne de gestion hôtelière, représentée par la SELAS Goldwin partners, Me Zahedi, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021 dans les rôles de la commune de Montluçon ;
2°) à titre subsidiaire, de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021 dans les rôles de la commune de Montluçon ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, outre les dépens.
Elle soutient que :
- la décision du 9 mars 2022 rejetant sa réclamation contentieuse est insuffisamment motivée ;
- elle remplit les conditions pour bénéficier du dégrèvement prévu par l'article 1389 du code général des impôts ; son bien est inexploitable en raison d'un incendie ; même si elle n'a pas exploité les locaux, elle les a acquis en vue de les exploiter elle-même ;
- les établissements hôteliers n'ont pas été exploitables à compter du 14 mars 2020 en raison de la crise sanitaire ; les réponses ministérielles numéros 35916, 32561 et 32840 du 27 avril 2021 prévoient un possible dégrèvement en raison de ces fermetures administratives ;
- l'administration n'apporte aucune réponse quant au caractère bâti du bien en litige ;
- en raison de l'incendie, la valeur locative servant de base de détermination du montant de la taxe foncière due est surévaluée ; un coefficient d'entretien doit être appliqué en vertu de l'article 324 Q de l'annexe III au code général des impôts ;
- elle n'est pas responsable des dégradations affectant son bien ; ces dégradations ne sont pas prises en compte dans les frais d'entretien compris dans l'abattement prévu par l'article 1388 du code général des impôts.
Par un mémoire en défense, enregistré 11 octobre 2022, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la société requérante n'a pas chiffré le montant du dégrèvement sollicité ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de M. Panighel, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. La société parisienne de gestion hôtelière est propriétaire d'un bien sis 2 route de Moulins à Montluçon (Allier). Par la présente requête, la société parisienne de gestion hôtelière demande au tribunal de prononcer la décharge, et à titre subsidiaire la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021.
2. En premier lieu, les vices propres dont peut être entachée la décision par laquelle l'administration fiscale rejette la réclamation dont elle est saisie par un contribuable sont sans influence sur la régularité et le bien-fondé des impositions contestées. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision du 8 mars 2022 rejetant la réclamation préalable formulée par la société requérante doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1389 du code général des impôts : " I. - Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. / Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée. () ".
4. Il résulte de ces dispositions que si l'inexploitation d'un immeuble peut ouvrir droit au dégrèvement qu'elles prévoient, c'est notamment à la double condition que le contribuable utilise lui-même cet immeuble à des fins commerciales ou industrielles et que son exploitation soit interrompue du fait de circonstances indépendantes de sa volonté. Le respect de cette condition exige, en principe, que le contribuable exploite lui-même l'établissement avant l'interruption de l'exploitation. Toutefois, lorsqu'un contribuable achète un immeuble dont l'exploitation à des fins industrielles ou commerciales est interrompue du fait de circonstances indépendantes de sa volonté, il peut prétendre à l'exonération prévue par les dispositions précitées s'il résulte de l'instruction qu'il a acquis cet immeuble en vue de l'exploiter lui-même à des fins industrielles et commerciales.
5. La société requérante ne conteste pas qu'elle n'a jamais exploité elle-même l'ensemble immobilier en litige. Alors qu'elle a acquis ce bien en 2019, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle aurait procédé à l'aménagement de ce dernier ni, au regard de ses seules déclarations, qu'elle l'aurait acquis en vue de l'exploiter elle-même à des fins industrielles ou commerciales. Enfin, si elle impute la vacance de son bien à un incendie survenu le 1er juin 2021, cet incendie ne saurait justifier cette vacance pour la période antérieure à cette date. Dès lors, elle n'est pas fondée à solliciter l'exonération prévue par les dispositions précitées de l'article 1389 du code général des impôts.
6. En troisième lieu, aux termes du second alinéa de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente () ". Lorsque le contribuable invoque, sur le fondement de ces dispositions, l'interprétation d'un texte fiscal que l'administration a fait connaître par des instructions ou circulaires publiées aucune imposition, même primitive, qui serait contraire à cette interprétation, ne peut être établie. Toutefois, le refus de dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties en cas de vacance ou d'inexploitation, dont tout contribuable peut demander à bénéficier en application des dispositions précitées du I de l'article 1389 du code général des impôts, ne constitue pas un rehaussement des impositions mises à sa charge.
7. Il s'ensuit que la société parisienne de gestion hôtelière ne peut utilement invoquer le bénéfice des réponses ministérielles numéros 35916, 32561 et 32840 du 27 avril 2021, intéressant la possibilité d'obtenir un dégrèvement sur le fondement de l'article 1389 du code général des impôts pour les établissements ayant été fermés administrativement pendant la crise sanitaire dès lors que les impositions en litige ne résultent pas d'un rehaussement.
8. En quatrième lieu, la société parisienne de gestion hôtelière ne saurait utilement se prévaloir de l'application du coefficient d'entretien prévu par les dispositions de l'article 324 Q de l'annexe III au code général des impôts, qui sont relatives à la détermination de la surface pondérée des locaux d'habitation, utilisée pour déterminer l'assiette de la taxe foncière sur les propriétés bâties de ces locaux, dès lors que le présent litige ne porte pas sur l'imposition d'un immeuble à usage d'habitation.
9. En dernier lieu, et d'une part, si la société requérante soutient que l'administration n'apporte aucune réponse sur le caractère bâti du bien, il est constant que le bien en litige est un immeuble bâti. D'autre part, si la société requérante cite l'article 1388 du code général des impôts, et soutient que les dégradations de son bien ne sont pas prises en compte dans les frais d'entretien compris dans l'abattement prévu par l'article 1388 du code général des impôts, elle n'assortit ce moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Ces moyens doivent, par suite, être écartés.
10. Dans ces conditions, les conclusions de la société parisienne de gestion hôtelière aux fins de décharge ou, à tout le moins, de réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021 dans les rôles de la commune de Montluçon, doivent être rejetées. Le rejet des conclusions aux fins de décharge entraine, par voie de conséquences, le rejet des conclusions présentées au titre des frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société parisienne de gestion hôtelière est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée parisienne de gestion hôtelière et au directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
La présidente,
S. A Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2201026JC
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026