jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2201027 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | MARTINET-BEUNIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 9 mai 2022, 18 juillet 2023 et 2 novembre 2023, M. B A C, représenté par Me Martinet Beunier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 août 2021 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a prononcé la saisie définitive d'armes et de munitions découvertes à son domicile ;
2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui restituer les armes et munitions saisies dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- l'arrêté en litige a été pris par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il n'a pas pris en compte le certificat médical produit en méconnaissance des dispositions de l'article R. 312-69 du code de la sécurité intérieure ;
- il a été pris au terme d'une procédure non contradictoire en l'absence de communication d'un rapport d'enquête établi le 28 juillet 2021 par les services du commissariat de police de Clermont-Ferrand et d'une note de renseignement établie en 2023 ;
- il est entaché d'erreur d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistré le 18 juillet 2022 et le 4 octobre 2023, le préfet du Puy-de-Dôme, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- Le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Nivet,
- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique,
- et les observations de Me Martinet-Beunier, représentant M. A C.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 17 juin 2019, le préfet du Puy-de-Dôme a ordonné à M. A C de remettre les armes et munitions qu'il était susceptible de détenir. Le 19 février 2020, en l'absence de remise volontaire des armes et munitions par l'intéressé, le préfet du Puy-de-Dôme, après autorisation du juge des libertés et de la détention délivrée par ordonnance du 14 janvier 2020, a procédé à la perquisition de l'ensemble des armes et munitions trouvées au domicile de M. A C. Par un arrêté du 31 août 2021, le préfet du Puy-de-Dôme a prononcé la saisie définitive d'armes et de munitions découvertes au domicile du requérant. Par la présente requête, M. A C demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 312-7 du code de la sécurité intérieure : " Si le comportement ou l'état de santé d'une personne détentrice d'armes, de munitions et de leurs éléments présente un danger grave pour elle-même ou pour autrui, le représentant de l'Etat dans le département peut lui ordonner, sans formalité préalable ni procédure contradictoire, de les remettre à l'autorité administrative, quelle que soit leur catégorie ". Selon les dispositions de l'article L. 312-8 du même code : " L'arme, les munitions et leurs éléments faisant l'objet de la décision prévue à l'article L. 312-7 doivent être remis immédiatement par le détenteur (). Le commissaire de police ou le commandant de la brigade de gendarmerie peut procéder, sur autorisation du juge des libertés et de la détention, à la saisie de l'arme, des munitions et de leurs éléments entre 6 heures et 21 heures au domicile du détenteur ". L'article L. 312-9 prévoit : " La conservation de l'arme, des munitions et de leurs éléments remis ou saisis est confiée pendant une durée maximale d'un an aux services de la police nationale ou de la gendarmerie nationale territorialement compétents. / Durant cette période, le représentant de l'Etat dans le département décide, après que la personne intéressée a été mise à même de présenter ses observations, soit la restitution de l'arme, des munitions et de leurs éléments, soit leur saisie définitive. () ". Aux termes de l'article R. 312-69 du code de la sécurité intérieure : " Avant de prendre la décision prévue au deuxième alinéa de l'article L. 312-9, le préfet invite la personne qui détenait l'arme et les munitions à présenter ses observations, notamment quant à son souhait de les détenir à nouveau et quant aux éléments propres à établir que son comportement ou son état de santé ne présente plus de danger grave et immédiat pour elle-même ou pour autrui, au vu d'un certificat médical délivré par un médecin spécialiste mentionné à l'article R. 312-6 ". Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet s'est fondé sur le danger présenté par une personne pour lui ordonner de remettre une arme à l'autorité administrative, cette mesure emporte pour l'intéressé une interdiction d'acquérir ou de détenir des armes et munitions qui produit effet tant que le préfet n'a pas décidé la restitution de l'arme. Le préfet dispose d'un délai d'un an pour décider, après avoir invité la personne à présenter ses observations, la restitution ou la saisie définitive de l'arme. L'expiration de ce délai ne le prive pas de la possibilité de prendre l'une ou l'autre de ces décisions mais ouvre seulement à l'intéressé la possibilité de rechercher la responsabilité de l'Etat au titre des préjudices que le retard apporté à la décision a pu lui causer. Le juge de l'excès de pouvoir exerce un entier contrôle sur les décisions prises par l'autorité préfectorale en application de ces dispositions.
3. Il ressort des pièces du dossier que le 21 février 2019, les services de police de Clermont-Ferrand sont intervenus au domicile de M. A C en raison d'une rixe entre ce dernier et une autre personne et qu'ils ont constaté, à cette occasion, que l'intéressé manipulait un fusil à pompe. Suite à cet évènement, par un arrêté du 17 juin 2019, la préfète du Puy-de-Dôme a ordonné à M. A C, en application des dispositions de l'article L. 312-7 du code de la sécurité intérieure, de lui remettre les armes et munitions qu'il détenait. L'intéressé n'a pas remis les armes et munition en sa possession. Il n'a également pas répondu à la convocation des services de la police judiciaire. Dans ces circonstances, le préfet du Puy-de-Dôme a, le 19 février 2020, après autorisation du juge des libertés et de la détention délivrée par ordonnance du 14 janvier 2020, procédé à la perquisition de l'ensemble des armes et munitions trouvées au domicile de M. A C. L'arrêté du 31 août 2021 attaqué, qui procède à la saisie définitive des armes et munitions a été prononcé au regard de ces éléments et après une enquête réalisée par les services du commissariat police central de Clermont-Ferrand sur le profil de l'intéressé.
4. Toutefois, par courrier du 17 novembre 2020, pris antérieurement à l'arrêté attaqué, le préfet avait invité le requérant, conformément aux dispositions de l'article R. 312-69 du code la sécurité intérieure, à présenter ses observations et à apporter des éléments de nature à établir que son état de santé physique et psychique n'était pas incompatible avec l'acquisition et la détention de ces matériels, armes ou munitions, en produisant, notamment, un certificat médical. M. A C a produit un certificat médical daté du 11 août 2021 attestant que son état physique et psychique était compatible avec l'acquisition et la détention d'armes et de munitions. L'arrêté indique toutefois que M. A C n'a pas produit le certificat précité. Par suite, le préfet, qui n'a pas tenu compte de l'existence de ce certificat avant de prendre l'arrêté contesté, a méconnu les dispositions de l'article R. 312-69 du code de la sécurité intérieure.
5. Il résulte de ce qui précède que le requérant est fondé à demander à l'annulation de l'arrêté du 31 août 2021 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a prononcé la saisie définitive des armes et de munitions découvertes à son domicile.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Dans les circonstances de l'espèce, l'annulation de l'arrêté attaqué implique seulement que la demande de M. A C soit réexaminée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de procéder à ce réexamen.
Sur les frais de l'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros euros au titre des frais exposés par M. A C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 31 août 2021 du préfet du Puy-de-Dôme est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Puy-de-Dôme de procéder au réexamen de la situation de M. A C.
Article 3 : L'Etat versera à M. A C une somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bentéjac, présidente,
Mme Jaffré, première conseillère,
Mme Nivet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
Le rapporteur,
C. NIVET
La présidente,
C. BENTÉJAC La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2201027
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026