mercredi 12 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2201109 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | DMMJB AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 mai 2022, et des mémoires, enregistrés le 5 juillet 2022, le 7 septembre 2022 et le 18 janvier 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, Mme B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 7 avril 2022 par lequel le maire de la commune de Pont-du-Château a interdit l'arrêt et le stationnement entre les numéros 1 et 7 de la rue Gustave Flaubert à Pont-du-Château.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2022, la commune de Pont-du-Château, représentée par la SELARL DMMJB avocats, Me Martins Da Silva, doit être regardée comme concluant à titre principal à l'irrecevabilité de la requête en ce qu'elle ne comporte aucun moyen de droit, et à titre subsidiaire, au non-lieu à statuer dès lors que par arrêté du 21 juillet 2022, l'arrêté du 7 avril 2022 a été abrogé.
Par une ordonnance du 22 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par sa requête, Mme A demande l'annulation de l'arrêté du 7 avril 2022 par lequel le maire de la commune de Pont-du-Château a interdit l'arrêt et le stationnement entre les numéros 1 et 7 de la rue Gustave Flaubert à Pont-du-Château.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
3. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du recours dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le recours formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
4. La commune de Pont-du-Château fait valoir en défense que par arrêté du 21 juillet 2022, l'arrêté du 7 avril 2022 en litige a été abrogé. Toutefois, cet arrêté du 21 juillet 2022 n'a eu ni pour objet ni pour effet de faire disparaître rétroactivement de l'ordonnancement juridique l'arrêté attaqué. Il en résulte que cet arrêté n'a pas été retiré mais seulement abrogé à compter de l'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation de police qui lui a succédé. L'arrêté du 7 avril 2022 ayant produit des effets à compter de son affichage et jusqu'à son abrogation, la requête de Mme A n'a, en application des principes rappelés au point précédent, pas perdu son objet. L'exception de non-lieu à statuer opposée en défense doit, par suite, être rejetée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
5. Au soutien de sa requête, et d'une part, si Mme A soutient que l'arrêté en litige est punitif, ce dernier ne saurait constituer une sanction, si bien que ce moyen est inopérant. D'autre part, si Mme A soutient que la décision du maire est incompréhensible et favorise les habitants des numéros pairs de la rue Gustave Flaubert au détriment de ceux habitant les numéros pairs, ce faisant, elle n'invoque la méconnaissance d'aucune disposition réglementaire ou législative ni d'aucun principe, si bien qu'elle n'apporte pas de précisions suffisantes pour apprécier le bien-fondé de ces moyens. Dans ces conditions, Mme A n'assortit sa demande que de moyens inopérants ou non assortis des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. Par suite, la requête de Mme A doit être rejetée par application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la commune de Pont-du-Château.
Fait à Clermont-Ferrand, le 12 juin 2024.
La présidente du tribunal,
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.JC
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026