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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2201123

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2201123

mercredi 12 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2201123
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantDMMJB AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés 20 mai 2022 et le 3 septembre 2022, Mme A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 7 avril 2022 par lequel le maire de la commune de Pont-du-Château a interdit l'arrêt et le stationnement entre les numéros 1 et 7 de la rue Gustave Flaubert à Pont-du-Château.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2022, la commune de Pont-du-Château, représentée par la SELARL DMMJB avocats, Me Martins Da Silva, doit être regardée comme concluant à titre principal à l'irrecevabilité de la requête en ce qu'elle ne comporte aucun moyen de droit, et à titre subsidiaire, au non-lieu à statuer dès lors que par arrêté du 21 juillet 2022, l'arrêté du 7 avril 2022 a été abrogé.

Par une ordonnance du 22 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 mars 2024.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par sa requête, Mme B demande l'annulation de l'arrêté du 7 avril 2022 par lequel le maire de la commune de Pont-du-Château a interdit l'arrêt et le stationnement entre les numéros 1 et 7 de la rue Gustave Flaubert à Pont-du-Château.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

Sur l'exception de non-lieu à statuer :

3. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du recours dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le recours formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.

4. La commune de Pont-du-Château fait valoir en défense que par arrêté du 21 juillet 2022, l'arrêté du 7 avril 2022 en litige a été abrogé. Toutefois, cet arrêté du 21 juillet 2022 n'a eu pour objet ni pour effet de faire disparaître rétroactivement de l'ordonnancement juridique l'arrêté attaqué. Il en résulte que cet arrêté n'a pas été retiré mais seulement abrogé à compter de l'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation de police qui lui a succédé. L'arrêté du 7 avril 2022 ayant produit des effets à compter de son affichage et jusqu'à son abrogation, la requête de Mme B n'a, en application des principes rappelés au point précédent, pas perdu son objet. L'exception de non-lieu à statuer opposée en défense doit, par suite, être rejetée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

5. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".

6. Au soutien de sa requête, Mme B se borne à évoquer le différend qui l'oppose à son voisin, sa surprise face à l'édiction de l'arrêté en litige, le risque de perte de valeur de sa maison et la circonstance qu'il n'y a jamais eu d'accident dans la rue en cause, si bien que sa requête ne comporte aucune argumentation juridique, donc aucun moyen d'annulation au sens de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Par suite, et alors que Mme B n'a pas présenté d'autre mémoire, sa requête est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la commune de Pont-du-Château.

Fait à Clermont-Ferrand, le 12 juin 2024.

La présidente du tribunal,

S. BADER-KOZA

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.JC

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