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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2201376

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2201376

jeudi 11 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2201376
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre 2
Avocat requérantHEMEURY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 juin 2022 et le 22 décembre 2022, le syndicat des copropriétaires de la résidence les Hauts de Jaude, représenté par la SCP Collet-De Rocquigny-Chantelot-Bordiez-Gourdou et associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 décembre 2021 par lequel le maire de Clermont-Ferrand a délivré un permis de construire à la SCCV Clermont Fleuries en vue de la démolition d'une maison et de la construction de 4 bâtiments à usage d'habitation comprenant 69 logements sur un terrain situé 78 rue des Côtes Fleuries à Clermont-Ferrand, ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours administratif ;

2°) de mettre à la charge de la commune la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le requérant soutient que :

- il justifie d'un intérêt pour agir suffisant à l'encontre de l'arrêté en litige ;

- l'arrêté en litige est entaché d'un vice de procédure tiré de l'absence de consultation du gestionnaire de la voirie en méconnaissance des dispositions de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme ;

- il a été délivré sur la base d'un dossier de permis de construire incomplet qui n'a pas permis à l'autorité administrative d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement ;

- il est illégal en raison de l'insuffisante capacité de la voie de desserte et des difficultés d'accès pour les engins de lutte contre les incendies ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 113-2 du code de l'urbanisme en raison de la présence, en fond de parcelle, d'un espace boisé classé à protéger ;

- il est illégal dès lors que le projet est de nature à porter atteinte au site et au paysage dans lequel il s'implante en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;

- il est incompatible avec les orientations d'aménagement et de programmation applicables aux " franges urbaines " ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UG2 du règlement du plan local d'urbanisme relatives à l'implantation des constructions ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UG3 du règlement du plan local d'urbanisme relatives à la hauteur des constructions ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UG4 du règlement du plan local d'urbanisme relatives à l'imperméabilisation des sols.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 octobre 2022, la SCCV Clermont Fleuries, représentée par Me Hemeury, conclut au rejet de la requête, au besoin après avoir fait application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient :

- à titre principal, que la requête est irrecevable en raison de l'absence de notification, par le requérant, des recours gracieux et contentieux à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation et du défaut d'intérêt pour agir du requérant ;

- à titre subsidiaire, que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme est inopérant ;

- que les autres moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2022, la commune de Clermont-Ferrand, représentée par la SELARL DMMJB Avocats, Me Bonicel-Bonnefoi, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient :

- à titre principal, que la requête est irrecevable en raison de l'absence de notification, par le requérant, des recours gracieux et contentieux à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation et du défaut d'intérêt pour agir du requérant ;

- à titre subsidiaire, que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme est inopérant ;

- que les autres moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par un courrier du 12 juin 2024, les parties ont été invitées, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser les vices susceptibles d'entacher le permis de construire attaqué.

Par un courrier, enregistré le 25 juin 2024, la SCCV Clermont Fleuries a présenté des observations sur cette possibilité de régularisation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de Mme Nathalie Luyckx, rapporteure publique,

- et les observations de Me Gourdou, représentant le syndicat des copropriétaires de la résidence les Hauts de Jaude, Me Bonicel-Bonnefoi, représentant la commune de Clermont-Ferrand, et Me Hemeury, représentant la SCCV Clermont Fleuries.

Une note en délibéré, présentée par le syndicat requérant, a été enregistrée le 4 juillet 2024.

Une note en délibéré, présentée par la SCCV Clermont Fleuries, a été enregistrée le 5 juillet 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 28 décembre 2021, le maire de Clermont-Ferrand a délivré un permis de construire à la SCCV Clermont Fleuries en vue de la démolition d'une maison et de la construction de 4 bâtiments à usage d'habitation comprenant 69 logements sur un terrain situé 78 rue des Côtes Fleuries à Clermont-Ferrand. Par un courrier du 23 février 2022, le syndicat des copropriétaires de la résidence les Hauts de Jaude a demandé au maire de retirer le permis de construire accordé. Par la présente requête, il demande au tribunal l'annulation de cet arrêté de permis de construire ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours administratif.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet aurait pour effet la création ou la modification d'un accès à une voie publique dont la gestion ne relève pas de l'autorité compétente pour délivrer le permis, celle-ci consulte l'autorité ou le service gestionnaire de cette voie, sauf lorsque le plan local d'urbanisme ou le document d'urbanisme en tenant lieu réglemente de façon particulière les conditions d'accès à ladite voie ".

3. Il ressort des pièces du dossier que le projet aura pour effet de créer un nouvel accès à la voie publique qui relève de la gestion de la métropole Clermont Auvergne Métropole et que, l'arrêté en litige mentionne une prescription émise par la direction de l'espace public et de la proximité de Clermont Auvergne Métropole. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme manque en fait et doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme : " Sont joints à la demande de permis de construire : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12 ". Aux termes de l'article R. 431-8 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement

des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Selon les dispositions de l'article R. 431-10 du code : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; () / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

6. Le syndicat de copropriétaires soutient que le dossier de demande de permis de construire est incomplet dès lors qu'il ne permet pas à l'autorité administrative d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le dossier de demande de permis de construire comprend un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune, des documents photographiques permettant de situer le terrain dans son environnement proche et lointain ainsi que des documents graphiques permettant également d'apprécier l'insertion du projet depuis sa voie de desserte mais également dans le paysage alentour. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que le dossier de demande de permis de construire est incomplet doit être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Aux termes de l'article 7 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux conditions de desserte par la voirie : " Les voies et les accès à créer ou à aménager doivent être adaptés aux usages qu'ils supportent et aux opérations qu'ils doivent desservir. / Dans tous les cas, elles doivent permettre l'accès et la bonne circulation des véhicules de secours et de lutte contre les incendies. / Les accès, y compris les portes de garage situées à l'alignement de l'espace public, doivent être aménagés de façon à répondre aux conditions de sécurité publique, notamment au regard de l'intensité de la circulation et des conditions de visibilité. / L'aménagement des voies doit respecter la réglementation en vigueur, notamment celle relative à l'accessibilité des personnes à mobilité réduite ".

8. Dès lors que les dispositions du règlement d'un plan d'occupation des sols invoquées par le requérant ont le même objet que celles, également invoquées, d'un article du code de l'urbanisme posant les règles nationales d'urbanisme et prévoient des exigences qui ne sont pas moindres, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan d'occupation des sols que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée. En conséquence, le juge exerce un contrôle normal sur la conformité à ces dispositions de la décision attaquée.

9. Le projet a pour objet la construction de quatre bâtiments comportant 69 logements et 70 places de stationnements. L'arrêté comporte la prescription de laisser libre la demi-raquette de contournement. Il s'implante sur un terrain situé 78 rue des Côtes Fleuries desservi par la rue du même nom. Il ressort des pièces du dossier que la majeure partie de cette voie de desserte est à double sens et ne présente aucune difficulté de nature à présenter un risque pour la sécurité publique. Si la dernière portion de cette voie présente une largeur d'environ 3 mètres et n'est empruntable que par un seul véhicule à la fois, cette circonstance n'est pas plus de nature à créer un risque pour la sécurité publique dès lors que, d'une part, la portion concernée est réduite et que, d'autre part, aucune difficulté de visibilité ne s'oppose au passage en alternance des véhicules. Par ailleurs, le projet se situe à l'extrémité d'une voie sans issue et, en conséquence, la portion concernée de voirie n'a vocation à être empruntée que par les résidents de la copropriété requérante et par les futurs résidents du projet. Ainsi, la capacité de la voie de desserte n'apparaît pas insuffisante au regard de l'importance du projet. Enfin, la circonstance que les espaces de stationnement implantés sur la rue de desserte soient actuellement très utilisés est sans incidence sur la légalité du permis au regard des dispositions règlementaires relatives à la desserte du projet. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisance des conditions de desserte du projet doit être écarté.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 113-1 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme peuvent classer comme espaces boisés, les bois, forêts, parcs à conserver, à protéger ou à créer, qu'ils relèvent ou non du régime forestier, enclos ou non, attenant ou non à des habitations. Ce classement peut s'appliquer également à des arbres isolés, des haies ou réseaux de haies ou des plantations d'alignements ". Selon les dispositions de l'article L. 113-2 du même code : " Le classement interdit tout changement d'affectation ou tout mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création des boisements. () ".

11. Pour refuser un permis de construire ou une autorisation de travaux sur la base de ces dispositions, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'apprécier si la construction ou les travaux projetés sont de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création de boisements.

12. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des plans de masse joints au dossier de demande de permis de construire que, contrairement à ce que soutient le syndicat requérant, l'espace boisé classé situé sur le terrain d'implantation, en bordure de celui-ci est préservé par le projet envisagé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 113-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.

13. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Selon les dispositions de l'article UG6 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les constructions, par leur situation, leur architecture, leur dimension ou leur aspect extérieur ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux environnants ainsi qu'aux sites et aux paysages naturels ou urbains ".

14. Il résulte de ces dispositions que si les constructions projetées portent une atteinte aux paysages naturels avoisinants, le permis de construire peut être refusé ou assorti de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel au sens de cet article, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.

15. Il ressort des pièces du dossier que le projet s'implante sur le site des Côtes de Clermont-Ferrand, en limite de la zone urbanisée, dans un secteur résidentiel déjà densément urbanisé, présentant une mixité de bâtiments composé de bâtiments collectifs et d'habitations individuelles. Dans cet environnement urbain disparate, le projet de construction de quatre bâtiments collectifs composés chacun de deux étages avec des façades en enduit blanc, gris et " vieux pisé ", des garde-corps en métal gris et des toitures terrasses végétalisées n'est pas de nature à porter atteinte au paysage dans lequel il s'insère. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que le projet porte atteinte à l'intérêt du site et des paysages doit être écarté.

16. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions () sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation ". Selon les dispositions de l'article L. 152-6 du même code : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports, les déplacements et, en zone de montagne, sur les unités touristiques nouvelles. () ". Aux termes de l'article L. 151-7 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable au présent litige : " I.- Les orientations d'aménagement et de programmation peuvent notamment : / 1° Définir les actions et opérations nécessaires pour mettre en valeur l'environnement, les paysages, les entrées de villes et le patrimoine, lutter contre l'insalubrité, permettre le renouvellement urbain, favoriser la densification et assurer le développement de la commune ; () / 7° Définir les actions et opérations nécessaires pour protéger les franges urbaines et rurales. () ".

17. Il résulte de ces dispositions qu'une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu'elle prévoit sont incompatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation d'un plan local d'urbanisme et, en particulier, en contrarient les objectifs.

18. Selon les dispositions de la partie 1.5 des orientations d'aménagement et de programmation relatives aux franges urbaines : " L'orientation Franges Urbaines concerne les espaces à l'interface entre ville et nature, qu'ils soient urbains autant que naturels ou agricoles, et plus particulièrement, les Côtes de Clermont et leurs quartiers limitrophes (). / Lorsqu'elles sont situées sur les pentes avec une forte visibilité à l'échelle de la ville, les constructions devront privilégier des gabarits limitant leur impact sur le grand paysage. Les programmes de logements collectifs ou de maisons individuelles groupées devront éviter les "effets de barres" avec de longs linéaires bâtis parallèles aux lignes topographiques, en organisant une segmentation réelle ou visuelle des différents volumes () ".

19. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la création de quatre bâtiments comportant chacun deux étages et le projet est orienté dans un axe sud-nord. Au regard de l'emplacement de l'immeuble, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet soit implanté sur une pente avec une forte visibilité à l'échelle de la ville, située en contrebas compte-tenu de la présence du coteau à l'est qui entrave la perspective paysagère du projet depuis la ville. Par ailleurs, si les bâtiments sont implantés parallèlement aux lignes topographiques du terrain, le projet prévoit une segmentation visuelle entre les deux bâtiments situés en contrehaut et une césure entre les deux bâtiments situés en contrebas. Ainsi, contrairement à ce que soutient le syndicat requérant, l'ensemble du projet n'offre pas au paysage environnant la vision d'un long linéaire bâti de nature à créer un " effet de barre ". Enfin, il ressort des pièces du dossier que les bâtiments sont disposés dans la longueur du terrain et que les soubassements des bâtiments s'adaptent aux courbes de niveaux en limitant les remblais et décaissements. Il s'ensuit que le syndicat requérant n'est pas fondé à soutenir que le projet en litige est incompatible avec l'orientation d'aménagement et de programmation applicable aux franges urbaines de la commune de Clermont-Ferrand et le moyen doit être écarté en toutes ses branches.

20. En septième lieu, aux termes de l'article UG2 du règlement du plan local d'urbanisme : " Sous réserve des dispositions particulières figurant sur les documents graphiques, les nouvelles constructions doivent s'implanter à l'alignement ou suivant un recul de 0 à 6 mètres par rapport à l'alignement, sur au moins 50% du linéaire de façade sur rue. () ".

21. Le requérant soutient que le bâtiment D du projet ne respecte pas cette prescription dès lors qu'il n'est pas complètement à l'alignement ou complètement en recul par rapport à l'alignement. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le bâtiment D est implanté suivant un recul de 0 à 6 mètres sur plus de 50 % de la façade sur rue. Il s'ensuit que le moyen relatif à la méconnaissance des dispositions de l'article UG2 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

22. En huitième lieu, aux termes de l'article UG3 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les hauteurs maximales de façade (le plénum) figurent au Plan des hauteurs et sont mesurées du terrain naturel à l'égout de toiture ou à l'acrotère. () ". Il ressort du plan des hauteurs figurant au sein de l'article UG3 du règlement du plan local d'urbanisme que la hauteur maximale de façade autorisée dans la zone concernée par le terrain d'assiette du projet est fixée à 7 mètres. Par ailleurs, selon les dispositions de l'article UG3 du règlement du plan local d'urbanisme relatives à la mesure du terrain naturel (TN) : " La mesure du TN se fait en milieu de façade principale. Pour les façades supérieures à 20 mètres de long, elles sont divisées en sections de 20 mètres en partant du point le plus bas dans le cas d'un terrain en pente et en partant de l'angle dans le cas d'un terrain situé à l'angle de deux voies ou espaces publics. / Lorsque le TN est à un niveau inférieur à l'espace public, la mesure du TN est celle du niveau de la voie ou de l'espace public au droit de la façade considérée. / Dans le cas d'un terrain en pente et à l'angle de deux voies ou espaces publics, le TN retenu est le TN le plus bas. () ". Enfin, les dispositions du même article prévoient : " Bonus lié à la formation d'une canopée habitée. / Les hauteurs de façade maximales pourront être dépassées dans le cas de la formation d'une canopée habitée (attique, émergence). / Ce bonus n'est autorisé que lorsque la toiture est traitée sur tout ou partie sous forme de toiture végétalisée ou comporte des terrasses accessibles bénéficiant de dispositifs, intégrés à la construction, permettant la plantation de végétaux. / Les surfaces de plancher supplémentaires autorisées, par application du bonus ne pourront dépasser 80 % de la surface de toiture du dernier niveau n'ayant pas dépassé le plénum. () / Dans le secteur stratégique FRANGE, les volumes correspondant à la canopée habitée ne pourront dépasser une hauteur de 3 mètres au-delà de la hauteur de façade maximale autorisée, quel que soit la Surface de Plancher supplémentaire autorisée, par application du bonus () ". Selon le lexique du règlement du plan local d'urbanisme, " la canopée habitée concerne les étages supérieurs de la ville directement influencés par le rayonnement solaire et offrant éventuellement des vues lointaines ou rasantes sur les toitures. () " et " Est considéré comme attique le ou les deux dernier(s) niveau(x) droit(s) placé(s) au sommet d'une construction et situé(s) en retrait d'au moins 2 m des façades. L'attique ne constitue pas un élément de façade ".

23. Le syndicat requérant soutient que les bâtiments C et D du projet méconnaissent ces dispositions dès lors que le terrain naturel retenu n'est pas le niveau le plus bas de la voie publique des Côtes Fleuries et que ces bâtiments ne comportent pas d'attique permettant de bénéficier du bonus de hauteur de 3 mètres prévu par les dispositions précitées. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le projet se situe à un niveau inférieur à l'espace public caractérisé par la placette d'accès située au niveau de la rue des Côtes Fleuries. La mesure du terrain naturel doit, conformément à l'article UG3 du plan local d'urbanisme précité, être réalisée au niveau de cet espace public. Ainsi, le niveau du terrain naturel à retenir se situe à 471,33 mètres NGF. En conséquence, la hauteur du 1er étage des bâtiments C et D, mesurée à l'acrotère des bâtiments qui s'élève à 476,85 mètres NGF, est de 5,52 mètres et la hauteur du 2ème étage des mêmes bâtiments, qui s'élève à 479,75 mètres NGF est de 8,42 mètres. Par ailleurs, en application des dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme, les bâtiments dotés d'une " canopée habitée " peuvent dépasser la hauteur maximale de façade autorisée. Dans le secteur du projet en litige, le dépassement maximal est de 3 mètres. Il ressort des pièces du dossier, sans qu'il soit nécessaire de se prononcer sur la création d'un attique au sens du plan local d'urbanisme, que le dernier étage des bâtiments répond à la définition de " canopée habitée " dès lors qu'il s'agit d'étages supérieurs directement influencés par le rayonnement solaire et qui offrent des vues lointaines et rasantes sur les toitures. Conformément aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme précitées, la surface de plancher des derniers niveaux des bâtiments C et D ne dépassent pas 80 % de la surface de toiture du 1er étage et la toiture est traitée sous forme de toiture végétalisée. Ainsi, le dernier niveau des bâtiments C et D peuvent bénéficier du bonus de 3 mètres lié à la formation d'une " canopée habitée " au sens du plan local d'urbanisme. Il s'ensuit que le syndicat requérant n'est pas fondé à soutenir que le permis en litige méconnaît les dispositions de l'article UG3 du règlement du plan local d'urbanisme.

24. En neuvième et dernier lieu, aux termes de l'article UG4 du règlement du plan local d'urbanisme : " Un Coefficient de Biotope par Surface (CBS) minimal est imposé et comprend une part obligatoire de surface aménagée en pleine terre (PLT). Le Coefficient de Biotope par Surface et la surface de pleine terre sont calculés à la parcelle ou à l'unité foncière et sont fixés en fonction des secteurs figurant au Plan de végétalisation. / () / Le Coefficient de Biotope par Surface est calculé selon la formule suivant : CBS = Surface éco-aménagée/Surface de la parcelle ". Selon le plan de végétalisation figurant au règlement du plan local d'urbanisme, le coefficient de biotope par surface est fixé à 0,6 et la part obligatoire de surface de pleine terre à 0,4.

25. Les requérants, qui se bornent à soutenir que le projet ne respectera pas ces dispositions, n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations permettant d'apprécier le bien-fondé du moyen qu'il soulève. Au demeurant, il ressort de la notice paysagère du projet que le coefficient de pleine terre du projet est de 0,60 et le coefficient de biotope par surface de 0,68. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UG4 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

26. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir présentées en défense, que le syndicat requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté en litige ainsi que l'annulation de la décision de rejet de son recours administratif.

Sur les frais liés au litige :

27. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par le syndicat requérant, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, soit mise à la charge de la commune, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.

28. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du syndicat des copropriétaires de la résidence les Hauts de Jaude une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la commune de Clermont-Ferrand et non compris dans les dépens, ainsi que le versement à la SCCV Clermont Fleuries de la même somme au titre des frais du litige.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête du syndicat des copropriétaires des Hauts de Jaude est rejetée.

Article 2 : Le syndicat des copropriétaires des Hauts de Jaude versera à la commune de Clermont-Ferrand une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le syndicat des copropriétaires des Hauts de Jaude versera à la SCCV Clermont Fleuries une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires de la résidence les Hauts de Jaude, à la SCCV Clermont Fleuries et à la commune de Clermont-Ferrand.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Caroline Bentéjac, présidente,

M. Jean-Michel Debrion, premier conseiller,

M. Christophe Nivet, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.

Le rapporteur,

C. A

La présidente,

C. BENTÉJAC

La greffière,

C. PETIT

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2201376

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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