LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2201384

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2201384

vendredi 21 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2201384
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre 1
Avocat requérantSCP GIRAUD-NURY

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 juin 2022 et le 15 janvier 2025, ce dernier n'ayant pas été communiqué, le syndicat CGT des agents territoriaux de Domérat, représenté par la SCP Giraud et Nury, avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 18 décembre 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune de Domérat a approuvé l'instauration du régime indemnitaire des personnels tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel ainsi que le rejet du recours gracieux dirigé contre cette délibération ;

2°) de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de la commune de Domérat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la délibération attaquée :

- méconnaît le principe d'égalité dès lors que les critères retenus ne permettent pas la mise en place d'un système objectif de calcul des indemnités ;

- méconnaît l'article 4 du décret du 20 mai 2014 dès lors qu'elle ne prévoit aucune répartition entre indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et complément indemnitaire annuel par rapport au plafond défini par groupe de fonction ;

- ne comporte que les plafonds de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise sans précision quant aux montants minimaux par grade et cadre d'emploi.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2022, la commune de Domérat, représentée par la SELARL DMMJB, avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du syndicat CGT des agents territoriaux de Domérat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que le syndicat requérant ne dispose pas de la capacité d'agir en l'instance ;

- la requête est irrecevable dès lors que le secrétaire du syndicat requérant est dépourvu de qualité pour agir ;

- les moyens soulevés par le syndicat CGT des agents territoriaux de Domérat ne sont pas fondés.

Une ordonnance en date du 30 décembre 2024 a fixé la clôture d'instruction au 16 janvier 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;

- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'État ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Jurie ;

- les conclusions de M. Panighel, rapporteur public ;

- les observations de Nury, représentant le syndicat CGT des agents territoriaux de Domérat et les observations de Me Marins Da Silva, représentant la commune de Domérat.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 18 décembre 2021, le conseil municipal de la commune de Domérat a approuvé l'instauration du régime indemnitaire des personnels tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP). Par un courrier daté du 23 février 2022, le syndicat CGT des agents territoriaux de Domérat a formé un recours gracieux contre cette délibération. Par un courrier en date du 21 avril 2022, le conseil de la commune de Domérat informait ledit syndicat du rejet de ce recours. Par sa requête, le syndicat CGT des agents territoriaux de Domérat demande l'annulation de la délibération du 18 décembre 2021 ainsi que du rejet de son recours gracieux dirigé contre celle-ci.

Sur la légalité de la délibération du 18 décembre 2021 :

2. En premier lieu, le syndicat requérant soutient que la délibération attaquée méconnaît le principe d'égalité dès lors que les " critères définis dans [cette] délibération () ne sont affectés d'aucun coefficient, d'aucune attribution de points, ni d'un quelconque système de notation " et que cette délibération ne précise pas " si les critères () sont appréciés de manière équivalente ou si certains sont privilégiés ". Toutefois, le syndicat requérant ne précise pas dans ses écritures les raisons pour lesquelles l'absence de système de pondération et de notation des critères d'attribution de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) et du complément indemnitaire annuel (CIA) méconnaîtrait le principe d'égalité de traitement, qui s'applique, s'agissant de ces indemnité et complément, uniquement aux fonctionnaires appartenant à un même cadre d'emplois. Dans ces conditions, le moyen n'est pas assorti des précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé et ne peut, pour ce motif, qu'être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 20 mai 2014 susvisé : " Les fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984 () peuvent bénéficier, d'une part, d'une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et, d'autre part, d'un complément indemnitaire annuel lié à l'engagement professionnel et à la manière de servir, dans les conditions fixées par le présent décret () ". Aux termes de l'article 2 de ce décret : " Le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est fixé selon le niveau de responsabilité et d'expertise requis dans l'exercice des fonctions. / Les fonctions occupées par les fonctionnaires d'un même corps ou statut d'emploi sont réparties au sein de différents groupes au regard des critères professionnels suivants : / 1° Fonctions d'encadrement, de coordination, de pilotage ou de conception ; / 2° Technicité, expertise, expérience ou qualification nécessaire à l'exercice des fonctions ; / 3° Sujétions particulières ou degré d'exposition du poste au regard de son environnement professionnel. / Le nombre de groupes de fonctions est fixé pour chaque corps ou statut d'emploi par arrêté du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget et, le cas échéant, du ministre intéressé. / Ce même arrêté fixe les montants minimaux par grade et statut d'emplois, les montants maximaux afférents à chaque groupe de fonctions et les montants maximaux applicables aux agents logés par nécessité de service. / Le versement de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est mensuel ". Aux termes de l'article 4 du même décret : " Les fonctionnaires mentionnés à l'article 1er peuvent bénéficier d'un complément indemnitaire annuel qui tient compte de l'engagement professionnel et de la manière de servir, appréciée dans les conditions fixées en application de l'article 55 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée. / Il est compris entre 0 et 100 % d'un montant maximal par groupe de fonctions fixé par arrêté du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget et, le cas échéant, du ministre intéressé. / Le complément indemnitaire fait l'objet d'un versement annuel, en une ou deux fractions, non reconductible automatiquement d'une année sur l'autre ".

4. Aux termes de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée alors en vigueur à la date d'adoption de la délibération en litige : " Les organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics fixent les régimes indemnitaires, dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'État. / Ces régimes indemnitaires peuvent tenir compte des conditions d'exercice des fonctions, de l'engagement professionnel et, le cas échéant, des résultats collectifs du service. / Lorsque les services de l'État servant de référence bénéficient d'une indemnité servie en deux parts, l'organe délibérant détermine les plafonds applicables à chacune de ces parts et en fixe les critères, sans que la somme des deux parts dépasse le plafond global des primes octroyées aux agents de l'État ".

5. Il résulte des dispositions de l'article 88 de la loi du 11 janvier 1984 que les collectivités territoriales qui souhaitent mettre en œuvre un régime indemnitaire lié aux fonctions, lorsque les services de l'État servant de référence bénéficient d'une indemnité servie en deux parts, doivent le faire en décomposant aussi l'indemnité en deux parts. Dans ce cas, la première de ces parts tient compte des conditions d'exercice des fonctions et la seconde de l'engagement professionnel des agents. Les collectivités territoriales qui décident de mettre en place un tel régime demeurent libres de fixer les plafonds applicables à chacune des parts, sous la réserve, compte tenu du principe de parité rappelé ci-dessus, que leur somme ne dépasse pas le plafond global des primes accordées aux agents de l'État servant de référence, et de déterminer les critères d'attribution des primes correspondant à chacune de ces parts.

6. Le syndicat requérant expose, d'une part, que la délibération attaquée méconnaît l'article 4 du décret du 20 mai 2014 dès lors qu'elle ne prévoit aucune répartition entre IFSE et CIA " par rapport au plafond défini par groupe de fonction " et, d'autre part, que seuls les plafonds de l'IFSE sont indiqués alors que les montants minimaux par grade et statut d'emploi ne le sont pas.

7. Toutefois, si les dispositions précitées de l'article 2 du décret du 20 mai 2014 prévoient qu'un arrêté ministériel fixe les montants minimaux d'IFSE par grade et statut d'emplois, ces dispositions s'appliquent, aux termes de l'article 1er du même décret, aux fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984, au nombre desquels ne figurent pas les fonctionnaires et agents des collectivités territoriales qui relèvent des dispositions précitées de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 selon lesquelles lorsque les services de l'État servant de référence bénéficient d'une indemnité servie en deux parts, l'organe délibérant détermine les plafonds applicables à chacune de ces parts. Dès lors, le conseil municipal de Domérat n'était tenu de mentionner dans la délibération en litige, ni la répartition entre IFSE et CIA " par rapport au plafond défini par groupe de fonction ", ni les montants minimaux d'IFSE par grade et statut d'emplois, mais seulement, d'indiquer les plafonds applicables à l'IFSE et au CIA. Ainsi, c'est conformément aux dispositions de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 que le conseil municipal de Domérat n'a fait figurer dans la délibération en litige que les montants maximum d'IFSE et de CIA par cadre d'emplois et par référence aux plafonds applicables aux fonctionnaires de l'État. Par suite, le syndicat requérant ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions des articles 1er, 2 et 4 du décret du 20 mai 2014 et soutenir que la délibération attaquée ne prévoit aucune répartition entre IFSE et CIA " par rapport au plafond défini par groupe de fonction " ni n'indique les montants minimaux par grade et statut d'emploi. Pour ce motif, ce moyen est inopérant et doit être écarté.

8. Il résulte de tout ce qui précède et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par le syndicat requérant doivent être rejetées et, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions de la commune de Domérat présentées en application de ces mêmes dispositions à l'encontre du requérant doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête du syndicat CGT des agents territoriaux de Domérat est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Domérat tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat CGT des agents territoriaux de Domérat et à la commune de Domérat.

Délibéré après l'audience du 7 février 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Caraës, présidente,

M. Jurie, premier conseiller,

Mme Bollon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2025.

Le rapporteur,

G. JURIE

La présidente,

R. CARAËS

La greffière,

F. LLORACH

La République mande et ordonne au préfet de l'Allier en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

← Retour aux décisions

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026