jeudi 28 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2201741 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Présidente Bader-Koza |
| Avocat requérant | SCP TEILLOT MAISONNEUVE GATIGNOL JEAN FAGEOLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 août 2022, et un mémoire enregistré le 27 mars 2024, Mme A B, représentée par la SCP Teillot et Associés, Me Marion, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 février 2022 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire (CHU) de Clermont-Ferrand a prononcé à son encontre un blâme, ensemble la décision du 2 juin 2022 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 22 février 2022 est entachée d'un vice de procédure au regard des dispositions de l'article L. 532-4 du code général de la fonction publique dès lors qu'elle n'a pas été suffisamment informée des faits qui lui étaient reprochés ; elle n'a pas pu consulter son dossier administratif avant le 28 janvier 2022 ; elle n'a pas pu produire de nouvelles observations après la consultation de son dossier ;
- la matérialité des faits à l'origine de la sanction n'est pas établie ; faute d'éléments matériels suffisamment circonstanciés permettant d'établir qu'elle a été à l'origine de l'altercation litigieuse, le directeur du CHU ne pouvait prononcer de sanction à son encontre ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation des faits : contrairement à ce qu'a retenu le CHU, elle n'a pas été l'investigatrice de l'altercation à l'origine de la sanction disciplinaire, mais bien la victime.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 mars 2024, le centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 28 mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bader-Koza, présidente ;
- les conclusions de M. Panighel, rapporteur public ;
- et les observations de Me Roy, substituant Me Marion pour Mme B, qui insiste sur le fait qu'il existe un doute sur la matérialité des faits en litige, que Mme B n'est pas à l'origine de l'altercation en litige et qu'en conséquence, la sanction qui lui a été infligée n'est pas justifiée.
Le centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, assistante médico-administrative titulaire au centre hospitalier universitaire Estaing à Clermont-Ferrand, s'est vue infliger, par une décision du 22 février 2022, un blâme à la suite d'une altercation avec l'une de ses collègues. Le 8 mars 2022, Mme B a présenté un recours gracieux, réceptionné le 29 avril 2022, à l'établissement. Par un courrier du 2 juin 2022, notifié le 4 juin 2022, le directeur général du centre hospitalier universitaire a rejeté ce recours. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de la décision du 22 février 2022, ensemble la décision du 2 juin 2022 portant rejet de son recours gracieux.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 532-4 du code général de la fonction publique, applicable au litige : " Le fonctionnaire à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à la communication de l'intégralité de son dossier individuel et de tous les documents annexes. / L'administration doit l'informer de son droit à communication du dossier. / Le fonctionnaire à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à l'assistance de défenseurs de son choix. ". Aux termes de l'article L. 532-5 du même code : " Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe de l'échelle des sanctions de l'article L. 533-1 ne peut être prononcée à l'encontre d'un fonctionnaire sans consultation préalable de l'organisme siégeant en conseil de discipline au sein duquel le personnel est représenté. L'avis de cet organisme et la décision prononçant une sanction disciplinaire doivent être motivés. " Aux termes de l'article L. 533-1 du même code : " Les sanctions disciplinaires pouvant être infligées aux fonctionnaires sont réparties en quatre groupes : 1° Premier groupe : () b) Le blâme () ".
3. Il résulte des dispositions précitées qu'une sanction ne peut être légalement prononcée à l'égard d'un agent public sans que l'intéressé ait été mis en mesure de présenter utilement sa défense. S'agissant des sanctions du premier groupe, dont fait partie le blâme, cette garantie procédurale est assurée par l'information donnée par l'administration à l'intéressé qu'une procédure disciplinaire est engagée, et qu'il dispose du droit à la communication de son dossier individuel et de tous les documents annexes, ainsi qu'à l'assistance des défenseurs de son choix. En revanche, s'agissant d'une sanction du premier groupe, l'administration n'est pas tenue de convoquer l'intéressé, pour les besoins de la procédure contradictoire, à un entretien préalable.
4. Si Mme B soutient que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure au regard des dispositions précitées de l'article L. 532-4 du code général de la fonction publique, il ressort cependant des pièces du dossier que par un courrier du 21 décembre 2021, le directeur des ressources humaines du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand a informé Mme B de ce qu'une procédure disciplinaire était engagée à son encontre. Ce courrier mentionnait de manière suffisamment précise les faits qui lui étaient reprochés et, que l'intéressée disposait des droits à la communication de son dossier ainsi qu'à l'assistance par une personne de son choix au cours de la procédure. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que par un courriel en date du 24 janvier 2022, Mme B a sollicité la communication de son dossier et a indiqué qu'elle allait " [s']organiser pour être accompagnée () ". En tout état de cause, les seules circonstances énoncées par la requérante dans ses écritures au soutien de son moyen, à les supposer établies, ne sont pas par elles-mêmes de nature à caractériser un vice de procédure au sens des dispositions précitées. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, pour prononcer la sanction en litige, le centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand s'est fondé sur les motifs tirés de ce qu'une altercation est survenue entre Mme B et une de ses collègues, le 12 octobre 2021, que les protagonistes de cette rixe se sont livrés à des violences réciproques mais que les différents témoignages recueillis à propos de ce différend n'ont pas permis de déterminer qui de Mme B ou de sa collègue en était à l'origine.
6. Si Mme B conteste la matérialité des faits qui lui sont reprochés, il ressort des pièces du dossier, notamment des comptes rendus d'entretien des deux protagonistes de l'altercation en litige, que cette dernière a pour origine une réponse sèche de sa collègue au téléphone concernant la prise en charge d'un patient. Mme B s'est alors présentée, en fin de matinée du 12 octobre 2021, dans le bureau où se trouvait sa collègue pour évoquer avec elle cette situation. Il ressort des compte-rendu d'entretien produits que les deux agents concernés par cette rixe livrent chacune dans leur compte-rendu d'entretien des versions différentes quant au déroulé des évènements : ainsi, Mme B relate notamment que sa collègue, ne souhaitant pas lui parler, l'aurait prise par le bras pour la " pousser hors du bureau " avant de la saisir par le foulard qu'elle portait. Sa collègue, quant à elle, expose s'être seulement levée pour ouvrir la porte à Mme B afin qu'elle quitte son bureau et cette dernière l'aurait alors prise par le bras pour l'empêcher d'ouvrir la porte, qu'elle a refermée ensuite violemment. L'existence même de cette altercation, qui a occasionné à chacune des ecchymoses, n'est pas contestée. A la suite de celui-ci, Mme B et sa collègue ont chacune déclaré à leur hiérarchie un accident du travail. Il est en outre constant que la requérante et sa collègue ont chacune été sanctionnées par un blâme à la suite de ce conflit. Enfin, Mme B ne conteste pas qu'un agent a dû s'interposer entre elle et sa collègue pour mettre fin à l'altercation. Par suite et nonobstant la circonstance, à la supposer avérée, que Mme B n'aurait pas été à l'origine de l'altercation en litige, le moyen tiré de l'absence de matérialité des faits ne peut qu'être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision en litige. Sa requête doit dès lors être rejetée, y compris les conclusions relatives aux frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.
La présidente,
S. BADER-KOZA Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
zr
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026