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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2201960

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2201960

vendredi 9 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2201960
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre 1
Avocat requérantREMEDEM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 septembre 2022, M. B A, représenté par la SCP Blanc-Barbier-Vert-Remedem et associés, avocats, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler les décisions du 23 août 2022 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office ;

3°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

la décision de refus de titre de séjour :

- est entachée d'incompétence ;

- est entachée d'un défaut de motivation ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît les prescriptions de la circulaire du 28 novembre 2012 ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

l'obligation de quitter le territoire français :

- est entachée d'incompétence ;

- est entachée d'un défaut de motivation ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la mesure d'éloignement en litige n'est pas justifiée par un besoin social impérieux ;

- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

la décision fixant le pays d'éloignement :

- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- n'a pas été précédée d'un examen réel et complet de sa situation.

Le dossier de la présente instance a été communiqué, en son intégralité, au préfet du Puy-de-Dôme, qui n'a pas présenté d'observation.

Une ordonnance du 19 avril 2023 a fixé la clôture d'instruction au 5 mai 2023.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Jurie.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté en date du 23 août 2022, le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A, ressortissant albanais, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné. Le requérant demande l'annulation de ces décisions.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Selon les dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. En l'absence d'urgence, il n'y a pas lieu d'admettre M. A à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

S'agissant du refus de titre de séjour :

4. L'arrêté attaqué est signé par M. C, sous-préfet de l'arrondissement de Riom, qui bénéficiait d'une délégation de signature selon un arrêté du 21 avril 2022 du préfet du Puy-de-Dôme, régulièrement publié le 22 avril 2022 au recueil des actes administratifs de ladite préfecture, à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement du secrétaire général de cette préfecture, tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département du Puy-de-Dôme à l'exception d'actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions relatives au droit au séjour et à l'éloignement des ressortissants étrangers. Par suite, et alors que le requérant se borne à soutenir qu'il n'est pas établi que le préfet du Puy-de-Dôme ait été empêché, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit, ainsi, être écarté.

5. La décision par laquelle l'autorité préfectorale a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cette décision est, par suite, suffisamment motivée.

6. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". Aux termes de l'article L. 425-9 du même code : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ".

7. Le requérant se prévaut de l'état de santé de son épouse et des pathologies dont elle souffre. Toutefois, il ressort des mentions de la décision attaquée que la demande de titre de séjour de l'épouse de M. A pour raisons de santé a été rejetée après avis défavorable du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). En outre, par un avis du 17 janvier 2022, le collège de médecins de l'OFII, saisi dans le cadre de la demande de titre de séjour présentée par Mme A, a estimé que l'état de santé de cette dernière nécessitait des soins dont le défaut n'était pas susceptible d'entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle pouvait voyager sans risque vers son pays d'origine.

8. M. A fait valoir que son épouse est soumise à un important suivi médical pour le traitement de ses pathologies ; que l'avis du collège de médecins de l'OFII du 17 janvier 2022 est totalement contradictoire avec celui émis par le personnel médical en charge de son suivi ; qu'elle est atteinte d'une coxopathie de la hanche droite pour laquelle elle a bénéficié de la pose d'une prothèse totale de hanche en Albanie le 3 mai 2013 ; qu'elle souffre également d'une pyléonéphrite et d'anxiété ; qu'elle présente encore un syndrome anxiodépressif sévère compliquant un trouble de l'adaptation consécutif à différents évènements de vie traumatique et qu'elle encourt un risque de suicide en cas de retour dans son pays d'origine. À l'appui de ces allégations, le requérant se prévaut d'un certificat daté du 13 septembre 2022, établi par le docteur D, qui indique que le retour de son épouse en Albanie aura des conséquences d'une exceptionnelle gravité pour son état de santé par la réactivation d'événements de vie traumatiques, par une décompensation dépressive sévère, voire par un potentiel risque suicidaire. Toutefois, ce certificat est rédigé en termes généraux et ne comporte ni élément circonstancié, ni précision factuelle permettant au tribunal d'apprécier concrètement l'état de santé de l'épouse du requérant. Dès lors, ni ce certificat, ni au demeurant aucun des autres éléments médicaux du dossier ne tend à infirmer l'avis susmentionné du collège de médecins de l'OFII selon lequel l'état de santé de Mme A nécessite des soins dont le défaut n'est pas susceptible d'entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Si, par ailleurs, le requérant fait valoir qu'eu égard à la date à laquelle a été émis l'avis du collège de médecins de l'OFII et la date à laquelle a été édicté le refus de titre de séjour en litige, ce dernier " est totalement déconnecté de la réalité de ses pathologies ", aucune des pièces du dossier n'est de nature à étayer cette allégation au demeurant dépourvue de précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Enfin, si M. A expose que l'avis du collège de médecins de l'OFII ne fait nullement état de la disponibilité de traitements médicaux appropriés en Albanie et que l'autorité préfectorale n'a pas relevé leur indisponibilité dans ce pays, ledit collège ainsi que le préfet du Puy-de-Dôme n'étaient pas tenus de se prononcer sur l'offre de soins en Albanie et sur la possibilité pour l'épouse de l'intéressé d'y bénéficier d'un traitement adapté à ses pathologies, dès lors que l'avis du 17 janvier 2022 relève, ainsi qu'il a été précédemment rappelé, que le défaut de traitement n'était pas susceptible d'entraîner pour Mme A des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, tel que soulevé par le requérant, ne peut qu'être écarté.

9. Le requérant soutient que le refus de titre de séjour en litige méconnaît les recommandations de la circulaire du 28 novembre 2012. Toutefois, les prescriptions de cette dernière sont dépourvues de caractère impératif, de sorte que M. A ne peut utilement s'en prévaloir.

10. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. M. A expose qu'il a fui l'Albanie en raison des exactions qu'il a subies et des craintes qu'il entretient pour son intégrité physique ; qu'il est régulièrement entré sur le territoire français le 13 août 2019 accompagné de son épouse et de leurs deux enfants ; que de son union avec son épouse est né un troisième enfant en France le 6 octobre 2019 pour lequel une demande d'asile a été formée ; qu'aucun trouble à l'ordre public ne peut lui être opposé ainsi qu'à sa famille ; que ses enfants sont régulièrement scolarisés en France et que son insertion sociale ainsi que celle de sa famille ne peut être remise en cause. Toutefois, il ressort des mentions non contestées de la décision attaquée que l'épouse du requérant fait également l'objet d'un refus de titre de séjour et d'une mesure d'éloignement. En outre, la scolarisation de ses enfants à l'école maternelle publique Nestor Perret de Clermont-Ferrand, alors qu'il n'est pas établi, ni même allégué qu'ils ne pourraient pas être scolarisés dans leur pays d'origine, ne fait pas, par elle-même et à elle seule, obstacle à la reconstitution de la cellule familiale de M. A hors de France. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé serait dépourvu d'attache familiale dans son pays d'origine. Enfin, aucune des pièces soumises à l'appréciation du tribunal ne tend à corroborer que le requérant entretiendrait des liens intenses, anciens ou stables sur le territoire français. Il suit de là que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, le refus de titre de séjour édicté à l'encontre de M. A ne peut être regardé comme ayant porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts poursuivis par cette mesure. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'autorité préfectorale, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, aurait méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

12. La décision par laquelle l'autorité préfectorale a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A n'a pas pour objet ou pour effet de le contraindre à regagner son pays d'origine où il allègue encourir des risques de traitements inhumains ou dégradants. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant et ne peut, pour ce motif, qu'être écarté.

13. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9 du présent jugement, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision de refus de titre de séjour serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et méconnaîtrait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

14. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 2, 3 et 9 du présent jugement, il y a lieu d'écarter les moyens soulevés à l'encontre de la mesure d'éloignement en litige, tirés respectivement de l'incompétence de son signataire, de son défaut de motivation et de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

15. Il ne résulte pas des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'édiction d'une obligation de quitter le territoire français serait subordonnée à l'existence d'" un besoin social impérieux ". Dès lors, le moyen tiré de ce que la mesure d'éloignement en litige ne serait pas justifiée par un tel besoin est inopérant et ne peut, pour ce motif, qu'être écarté.

S'agissant de la décision fixant le pays d'éloignement :

16. La décision par laquelle l'autorité préfectorale a fixé le pays à destination duquel M. A pourra être éloigné d'office comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cette décision est, par suite, suffisamment motivée.

17. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'autorité préfectorale n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. A préalablement à la détermination du pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen réel et complet doit être écarté.

18. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

19. M. A expose qu'au regard de la situation actuelle en Albanie, et plus largement dans les régions environnantes, un éloignement comporterait un risque grave pour sa sécurité et sa santé. Toutefois, aucun des éléments produits devant le tribunal ne tend à corroborer les allégations de l'intéressé tenant aux risques qu'il invoque craindre en cas de retour dans son pays d'origine. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A encourrait personnellement des risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Albanie. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en déterminant son pays d'éloignement, l'autorité préfectorale aurait méconnu les stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

20. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 23 août 2022 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

21. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A, n'implique aucune mesure particulière d'exécution au sens des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Par suite, les conclusions du requérant aux fins d'injonction et d'astreinte ne peuvent être accueillies.

Sur les frais d'instance :

22. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 que le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées sur le fondement desdites dispositions doivent, par suite, être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. A n'est pas admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Puy-de-Dôme.

Délibéré après l'audience du 26 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Caraës, présidente,

M. Jurie, premier conseiller,

Mme Bollon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2024.

Le rapporteur,

G. JURIE

La présidente,

R. CARAËS

La greffière,

F. LLORACH

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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