vendredi 9 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2201961 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | REMEDEM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 septembre 2022, Mme C A, représentée par la SCP Blanc-Barbier-Vert-Remedem et associés, avocats, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler les décisions du 23 août 2022 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office ;
3°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
la décision de refus de titre de séjour :
- est entachée d'incompétence ;
- est entachée d'un défaut de motivation ;
- est illégale dès lors que l'autorité préfectorale s'est estimée à tort liée par l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les prescriptions de la circulaire du 28 novembre 2012 ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
l'obligation de quitter le territoire français :
- est entachée d'incompétence ;
- est entachée d'un défaut de motivation ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle n'est pas justifiée par un besoin social impérieux ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
la décision fixant le pays d'éloignement :
- est entachée d'un défaut de motivation ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- n'a pas été précédée d'un examen réel et complet de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2023, le préfet du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Une ordonnance du 25 avril 2023 a fixé la clôture d'instruction au 11 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Jurie.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté en date du 23 août 2022, le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme A, ressortissante albanaise, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée. La requérante demande l'annulation de ces décisions.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Selon les dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. En l'absence d'urgence, il n'y a pas lieu d'admettre Mme A à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
S'agissant du refus de titre de séjour :
4. L'arrêté attaqué est signé par M. B, sous-préfet de l'arrondissement de Riom, qui bénéficiait d'une délégation de signature selon un arrêté du 21 avril 2022 du préfet du Puy-de-Dôme, régulièrement publié le 22 avril 2022 au recueil des actes administratifs de ladite préfecture, à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement du secrétaire général de cette préfecture, tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département du Puy-de-Dôme à l'exception d'actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions relatives au droit au et à l'éloignement des ressortissants étrangers. Par suite et alors que la requérante se borne à soutenir qu'il n'est pas établi que le préfet du Puy-de-Dôme ait été empêché, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit, ainsi, être écarté.
5. La décision par laquelle l'autorité préfectorale a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme A comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cette décision est, par suite, suffisamment motivée.
6. Aucun des éléments du dossier ne tend à corroborer que le préfet du Puy-de-Dôme se serait mépris sur l'étendue de l'appréciation qu'il lui appartenait de porter sur la situation médicale de Mme A et se serait cru, à tort, lié par l'avis émis le 17 janvier 2022 par le collège de médecins de l'OFII pour édicter le refus de titre de séjour en litige. Dès lors, ce moyen doit être écarté.
7. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ".
8. Par un avis du 17 janvier 2022, le collège des médecins de l'OFII, saisi dans le cadre de la demande de titre de séjour présentée par Mme A, a estimé que l'état de santé de l'intéressée nécessitait des soins dont le défaut n'était pas susceptible d'entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle pouvait voyager sans risque vers son pays d'origine.
9. Mme A fait valoir qu'elle est soumise à un important suivi médical pour le traitement de ses pathologies ; que l'avis du collège des médecins de l'OFII du 17 janvier 2022 est totalement contradictoire avec celui émis par le personnel médical en charge de son suivi ; qu'elle est atteinte d'une coxopathie de la hanche droite ; qu'elle a bénéficié de la pose d'une prothèse totale de hanche en Albanie le 3 mai 2013 ; qu'elle souffre également d'une pyléonéphrite et d'anxiété ; qu'elle présente encore un syndrome anxiodépressif sévère compliquant un trouble de l'adaptation consécutif à différents évènements de vie traumatique et qu'elle encourt un risque de suicide en cas de retour dans son pays d'origine. À l'appui de ces allégations, la requérante se prévaut d'un certificat daté du 13 septembre 2022, établi par le docteur D, qui indique que le retour en Albanie de Mme A aura des conséquences d'une exceptionnelle gravité pour son état de santé par la réactivation d'événements de vie traumatiques, par une décompensation dépressive sévère, voire par un potentiel risque suicidaire. Toutefois, ce certificat est rédigé en termes généraux et ne comporte ni élément circonstancié, ni précision factuelle permettant au tribunal d'apprécier concrètement l'état de santé de l'intéressée. Dès lors, ni ce certificat, ni au demeurant aucun des autres éléments médicaux du dossiers, ne tend à infirmer l'avis susmentionné du collège de médecins de l'OFII, selon lequel l'état de santé de Mme A nécessite des soins dont le défaut n'est pas susceptible d'entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Si, par ailleurs, la requérante fait valoir qu'eu égard à la date à laquelle a été émis l'avis du collège de médecins de l'OFII et la date à laquelle a été édicté le refus de titre de séjour en litige, ce dernier " est totalement déconnecté de la réalité de ses pathologies ", aucune des pièces du dossier n'est de nature à étayer cette allégation au demeurant dépourvue de précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Enfin, si Mme A expose que l'avis du collège de médecins de l'OFII ne fait nullement état de la disponibilité de traitements médicaux appropriés en Albanie et que l'autorité préfectorale n'a pas relevé leur indisponibilité dans son pays d'origine, ledit collège ainsi que le préfet du Puy-de-Dôme n'étaient pas tenus de se prononcer sur l'offre de soins en Albanie et sur la possibilité pour l'intéressée d'y bénéficier d'un traitement adapté à ses pathologies, dès lors que l'avis du 17 janvier 2022 relève, ainsi qu'il a été précédemment rappelé, que le défaut de traitement n'était pas susceptible d'entraîner pour Mme A des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
10. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
11. Mme A expose qu'elle a fui l'Albanie en raison des exactions qu'elle a subies et des craintes qu'elle entretient pour son intégrité physique ; qu'elle est régulièrement entrée sur le territoire français le 13 août 2019 accompagnée de son époux et de leurs deux enfants ; que de son union avec son époux est né un troisième enfant en France le 6 octobre 2019 pour lequel une demande d'asile a été formée ; qu'aucun trouble à l'ordre public ne peut lui être opposé ainsi qu'à sa famille ; que ses enfants sont régulièrement scolarisés en France et que son insertion sociale ainsi que celle de sa famille ne peut être remise en cause. Toutefois, il ressort des mentions non contestées de la décision attaquée que l'époux de la requérante fait également l'objet d'un refus de titre de séjour et d'une mesure d'éloignement. En outre, la scolarisation de ses enfants à l'école maternelle publique Nestor Perret de Clermont-Ferrand, alors qu'il n'est pas établi, ni même allégué, qu'ils ne pourraient pas être scolarisés dans leur pays d'origine, ne fait pas, par elle-même et à elle seule, obstacle à la reconstitution de la cellule familiale de Mme A hors de France. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressée serait dépourvue d'attache familiale dans son pays d'origine. Enfin, aucune des pièces soumises à l'appréciation du tribunal ne tend à corroborer que la requérante entretiendrait des liens intenses, anciens ou stables sur le territoire français. Il suit de là que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, le refus de titre de séjour édicté à l'encontre de Mme A ne peut être regardé comme ayant porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts poursuivis par cette mesure. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'autorité préfectorale, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, aurait méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
12. La décision par laquelle l'autorité préfectorale a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme A n'a pas pour objet ou pour effet de la contraindre à regagner son pays d'origine où elle allègue encourir des risques de traitements inhumains ou dégradants. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant et ne peut, pour ce motif, qu'être écarté.
13. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
14. Les dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne prescrivent pas la délivrance d'un titre de plein droit mais laissent à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels dont l'intéressé se prévaut. Le législateur n'a ainsi pas entendu imposer à l'administration d'examiner d'office si l'étranger remplit les conditions prévues par cet article ni, le cas échéant, de consulter d'office la commission du titre de séjour quand l'intéressé est susceptible de justifier d'une présence habituelle en France depuis plus de dix ans. Il en résulte qu'un étranger ne peut pas utilement invoquer le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 alors qu'il n'avait pas présenté une demande de titre de séjour sur le fondement de cet article et que l'autorité compétente n'a pas procédé à un examen d'un éventuel droit au séjour à ce titre. Or, il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est d'ailleurs pas allégué par la requérante, que sa demande de titre de séjour aurait été fondée sur les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors, de surcroît, que selon le formulaire de dépôt de demande de titre de séjour remplie par l'intéressée et reçu en préfecture le 17 mai 2021, cette demande était exclusivement présentée sur le fondement des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, devenues celles de l'article L. 425-9 du même code. Il ne ressort pas davantage des éléments produits devant le tribunal et notamment pas des mentions de l'arrêté en litige, que l'autorité préfectorale aurait examiné le droit au séjour de Mme A au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions est inopérant et ne peut, pour ce motif, qu'être écarté.
15. La requérante soutient que le refus de titre de séjour en litige méconnaît la circulaire du 28 novembre 2012. Toutefois, les prescriptions de cette dernière sont dépourvues de caractère impératif, de sorte que Mme A ne peut utilement s'en prévaloir.
16. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9 du présent jugement, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision de refus de titre de séjour serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et méconnaîtrait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
17. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 2, 3 et 9 du présent jugement, il y a lieu d'écarter les moyens soulevés à l'encontre de la mesure d'éloignement en litige, tirés respectivement de l'incompétence de son signataire, de son défaut de motivation et de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
18. Il ne résulte pas des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'édiction d'une obligation de quitter le territoire français serait subordonnée à l'existence d'" un besoin social impérieux ". Dès lors, le moyen tiré de ce que la mesure d'éloignement en litige ne serait pas justifiée par un tel besoin est inopérant et ne peut, pour ce motif, qu'être écarté.
S'agissant de la décision fixant le pays d'éloignement :
19. La décision par laquelle l'autorité préfectorale a fixé le pays à destination duquel Mme A pourra être éloignée d'office comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cette décision est, par suite, suffisamment motivée.
20. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'autorité préfectorale n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de Mme A préalablement à la détermination du pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen réel et complet doit être écarté.
21. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
22. Mme A expose qu'au regard de la situation actuelle en Albanie, et plus largement dans les régions environnantes, un éloignement comporterait un risque grave pour sa sécurité et sa santé. Toutefois, aucun des éléments produits devant le tribunal ne tend à corroborer les allégations de l'intéressée tenant aux risques qu'elle invoque craindre en cas de retour dans son pays d'origine. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A encourrait personnellement des risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Albanie. Il suit de là que la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'en déterminant son pays d'éloignement, l'autorité préfectorale aurait méconnu les stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
23. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions en date du 23 août 2022 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
24. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A, n'implique aucune mesure particulière d'exécution au sens des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Par suite, les conclusions de la requérante aux fins d'injonction et d'astreinte ne peuvent être accueillies.
Sur les frais d'instance :
25. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 que le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées sur le fondement desdites dispositions doivent, par suite, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Mme A n'est pas admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au préfet du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 26 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2024.
Le rapporteur,
G. JURIE
La présidente,
R. CARAËS
La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026