jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2202074 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | POUDEROUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 30 septembre 2022, le 13 janvier 2023 et le 6 mars 2023, M. A G, Mme D B épouse G, M. K F et Mme J I, représentés par la SELARL Paralex, Me Pays, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2022 par lequel le maire de la commune de Les Villettes a accordé un permis de construire à M. H E pour la construction de deux maisons individuelles sur un terrain situé 9 chemin des écoliers sur la commune de Les Villettes ;
2°) de mettre à la charge de la commune la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens ;
Les requérants soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt pour agir suffisant à l'encontre de l'arrêté en litige ;
- l'arrêté en litige est illégal en raison de ce qu'il va accentuer les servitudes de passage et les servitudes de vue ;
- il méconnaît les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone Ug qui n'autorisent que les constructions d'habitations comportant une occupation du sol modérée ;
- il est illégal dès lors qu'il porte atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants et du paysage naturel et urbain ;
- il est illégal dès lors que la voie d'accès n'est pas adaptée à la desserte du projet au regard de la circulation actuelle, de son étroitesse et de l'absence de goudronnage et qu'elle ne permet pas l'accès des véhicules de secours et de lutte contre les incendies ;
- il méconnaît l'article 17 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen en raison du fait que les véhicules empruntant le chemin d'accès vont devoir emprunter les parcelles privées situées aux abords du chemin ;
- le projet méconnaît les dispositions du permis de construire et du règlement du plan local d'urbanisme relatives aux teintes des bâtiments.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 décembre 2022, M. H E conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2023, la commune de Les Villettes, représentée par Me Pouderoux, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient :
- à titre principal, que la requête est irrecevable en raison du défaut d'intérêt pour agir des requérants ;
- à titre subsidiaire, que le moyen tiré de l'accentuation des servitudes de passage et de vue est inopérant ;
- que les autres moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution, et notamment son préambule,
- le code de l'urbanisme,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de Mme Nathalie Luyckx, rapporteure publique,
- les observations de Me Pouderoux, représentant la commune de Les Villettes, et de M. E.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 29 avril 2022, le maire de la commune de Les Villettes a accordé un permis de construire à M. H E pour la construction de deux maisons individuelles sur un terrain situé 9 chemin des écoliers sur la commune de Les Villettes. Par un recours gracieux formé le 17 juin 2022, les requérants ont demandé à la commune de bien vouloir abroger le permis délivré. Par une décision du 29 juillet 2022, le maire de la commune de Les Villettes a rejeté le recours administratif présenté par les requérants. Par la présente requête, les requérants demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 29 avril 2022 précité.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article A424-8 du code de l'urbanisme : " () Le permis est délivré sous réserve du droit des tiers : il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme. Il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'une autorisation d'urbanisme a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'elle autorise avec la législation et la réglementation d'urbanisme et est accordée sous réserve des droits des tiers. Par suite, les moyens tirés de ce que l'arrêté va accentuer les servitudes de droit privé qui grèvent les terrains des requérants et que l'accroissement de la circulation risque de conduire les véhicules qui empruntent le chemin d'accès à circuler ou stationner sur leurs parcelles en méconnaissance de leur droit de propriété sont inopérants et doivent être écartés.
4. En deuxième lieu, aux termes des dispositions liminaires du règlement du plan local d'urbanisme de la commune applicables à la zone Ug : " La zone Ug est destinée principalement à la construction d'habitations édifiées généralement en ordre discontinu avec une occupation du sol modérée () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la construction de quatre logements sur une surface de 787 m2 et que l'emprise au sol de la construction est de 165,55 m2 soit 22 % de la surface totale de la parcelle. Ainsi, contrairement à ce que soutiennent les requérants, l'occupation du sol induite par le projet reste modérée. La circonstance que le projet prévoit, conformément aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme, la réalisation de huit places de stationnement est sans incidence sur l'occupation du sol générée par la construction. Il s'ensuit que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté méconnaît les dispositions liminaires du règlement du plan local d'urbanisme de la commune relatives à l'occupation du sol et le moyen doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 2 du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone Ug : " La création architecturale, la qualité des constructions, leur insertion harmonieuse dans le milieu environnant, le respect des paysages naturels ou urbains ainsi que celui du patrimoine sont d'intérêt public. () / Les constructions, bâtiments ou ouvrages () ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, du fait de leur situation, de leur architecture, de leurs dimensions ou de leur aspect extérieur. () ". Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
7. Il ressort des pièces du dossier que le projet va s'implanter dans une zone résidentielle composée d'habitations individuelles de plain-pied ou d'un étage sans intérêt architectural ou paysager particulier. Dans cet environnement urbain, la réalisation d'un projet de construction de maisons individuelles d'un étage sans originalité architecturale spécifique n'est pas de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt du paysage. Par ailleurs, en se bornant à soutenir que le projet va densifier la zone et que le caractère rural de la commune ne sera pas préservé, les requérants n'assortissent cette allégation d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de ce que le projet méconnaît les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme relatives à l'insertion paysagère des constructions dans leur environnement doit être écarté.
8. En quatrième lieu, les requérants soutiennent que la voie de desserte du projet est insuffisante au regard de l'augmentation prévisible de la circulation et ne permettra pas l'accès des véhicules de secours et d'incendie. Ils n'apportent cependant aucun élément permettant d'établir la réalité des allégations soulevées. La seule circonstance que la voie de desserte présente une largeur de 3 mètres et ne soit pas goudronnée n'est pas de nature à caractériser l'inadaptation de cette voie au regard de la nature du projet, ni à établir que cette voie ne permettra pas la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie.
9. En cinquième et dernier lieu, aux termes des dispositions de l'article 2 du règlement du plan local d'urbanisme applicables à la zone Ug : " Le parement extérieur des murs, s'il n'est pas en maçonnerie de pierres de pays apparentes, doit être enduit avec un mortier composé de matériaux traditionnels, et de teinte ocre clair ou sable () ".
10. Il ressort des pièces du dossier que l'article 2 du permis de construire litigieux comporte une prescription indiquant que " l'enduit sera réalisé avec un mortier composé de matériaux traditionnels, et de teinte ocre clair ou sable ". Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions du permis de construire et du règlement du plan local d'urbanisme relatives aux teintes des bâtiments.
11. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit nécessaire de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les frais liés au litige :
12. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par les requérants, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, soit mise à la charge de la commune, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
13. D'autre part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Les Villettes.
14. Enfin, la présente instance ne comportant aucun dépens, les conclusions présentées à ce titre doivent être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête présentée par M. G, Mme B épouse G, M. F et Mme I est rejetée.
Article 2 : M. G, Mme B épouse G, M. F et Mme I verseront à la commune de Les Villettes la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A G, représentant désigné pour l'ensemble des requérants, à M. H E et à la commune de Les Villettes.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caroline Bentéjac, présidente,
M. Jean-Michel Debrion, premier conseiller,
M. Christophe Nivet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
Le rapporteur,
C. C
La présidente,
C. BENTÉJAC
La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2202074
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026