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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2202348

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2202348

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2202348
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationPrésidente Bader-Koza

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la requête de Mme A épouse C, ressortissante algérienne, qui contestait le refus du préfet de la Loire-Atlantique d’échanger son permis de conduire algérien contre un permis français. La demande d’échange, déposée le 8 novembre 2021, était tardive car intervenue après le délai d’un an suivant la remise de son premier titre de séjour le 10 mars 2020, conformément à l’article R. 222-3 du code de la route et à l’article 4 de l’arrêté du 12 janvier 2012. Le tribunal a jugé que les difficultés liées à la pandémie de Covid-19 ou à l’obtention d’un rendez-vous n’étaient pas démontrées comme ayant empêché la requérante d’effectuer sa demande par la procédure dématérialisée. La solution retenue est le rejet de la demande d’annulation.

Texte intégral

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la route ;

- l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Bordes, premier conseiller, pour exercer les fonctions de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.

La présidente a dispensé le rapporteur public sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bader-Koza, présidente,

- et les observations de Mme A épouse C.

Le préfet de la Loire-Atlantique n'était ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. Le 8 novembre 2021, Mme A épouse C, ressortissante algérienne, a sollicité l'échange de son permis de conduire algérien contre un permis de conduire français. Par une décision du 31 mai 2022, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de procéder à cet échange au motif de la tardiveté de la demande, cette dernière ayant été déposée au-delà du délai d'un an à compter de la remise de son premier titre de séjour. Mme A épouse C a formé un recours gracieux contre cette décision auprès de la même autorité qui l'a implicitement rejeté. Par la présente requête, Mme A épouse C demande l'annulation de ces décisions.

2. Aux termes de l'article R. 222-3 du code de la route : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de l'Union européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France jusqu'à l'expiration d'un délai d'un an après l'acquisition de la résidence normale de son titulaire. Pendant ce délai, il peut être échangé contre le permis français, sans que son titulaire soit tenu de subir les examens prévus au premier alinéa de l'article D. 221-3 Les conditions de cette reconnaissance et de cet échange sont définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière, après avis du ministre de la justice et du ministre chargé des affaires étrangères. Au terme de ce délai, ce permis n'est plus reconnu et son titulaire perd tout droit de conduire un véhicule pour la conduite duquel le permis de conduire est exigé. ".

3. Selon les termes de l'article 4 de l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les États n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen : " I. - Tout titulaire d'un permis de conduire délivré régulièrement au nom d'un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit obligatoirement demander l'échange de ce titre contre un permis de conduire français dans le délai d'un an qui suit l'acquisition de sa résidence normale en France. / II. ' A. ' Pour les ressortissants étrangers non- ressortissants de l'Union européenne, la date d'acquisition de la résidence normale est celle de la remise du premier titre de séjour. / () ".

4. Il résulte de ces dispositions que la demande d'échange d'un permis étranger doit être présentée dans le délai d'un an qui suit l'acquisition de la résidence normale en France qui, s'agissant des étrangers non-ressortissants de l'Union européenne, correspond à celle de la remise du premier titre de séjour.

5. Il ressort des pièces du dossier, notamment du relevé AGDREF produit en défense par le préfet, que Mme A épouse C a obtenu une carte de résident algérien valable du 31 janvier 2020 au 31 janvier 2021 qui lui a été remise le 10 mars 2020 et qu'il s'agit du premier titre de séjour obtenu. La résidence normale en France lui a donc été acquise le 10 mars 2020 et le délai d'un an ouvert à Mme A épouse C pour former sa demande d'échange de son permis de conduire a couru à compter de cette date, soit jusqu'au 10 mars 2021. Il est constant que sa demande a été enregistrée le 8 novembre 2021 auprès de la préfecture de la Loire-Atlantique, soit après l'expiration du délai d'un an prévu par les dispositions précitées de l'article 4 de l'arrêté du 12 janvier 2012.

6. Si Mme A épouse C soutient que sa demande est tardive en raison de l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous à la préfecture au cours de la période de confinement dû à la pandémie de Covid-19 et qu'elle s'est rendue plusieurs fois sans succès sur le site internet de l'ANTS, elle ne démontre pas qu'elle aurait été effectivement empêchée d'effectuer sa demande par le biais de la procédure dématérialisée mise en place dès l'année 2020 sur le site de l'Agence. Par ailleurs, si la requérante se prévaut de difficultés qu'elle aurait rencontrées pour obtenir le premier récépissé de demande de titre de séjour, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors que seule la date de remise effective du premier titre de séjour est prise en compte pour calculer le délai d'un an précité. Par suite, c'est à bon droit que le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté la demande d'échange de Mme A épouse C au motif qu'elle a été présentée après l'expiration du délai d'un an prévu par les dispositions précitées de l'arrêté du 12 janvier 2012.

7. Il résulte de ce qui précède que Mme A épouse C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision en litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A épouse C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A épouse C, et au préfet de la Loire-Atlantique.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.

La présidente,

S. BADER-KOZA Le greffier,

P. MANNEVEAU

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

AC

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