jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2202399 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | LEPRETRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 10 novembre 2022, le 20 décembre 2023 et le 22 mars 2024, Mme A B, représentée par Me Leprêtre, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision révélée par courrier électronique du 2 juin 2022 par laquelle la direction des services départementaux de l'éducation nationale a refusé de satisfaire à sa demande de mutation formulée dans le cadre du mouvement intradépartemental 2022, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à l'administration de reconstituer sa carrière et de réexaminer sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'administration la somme de 1 700 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
- la décision contestée a été adoptée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2024, le recteur de l'académie de Clermont-Ferrand conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 4 novembre 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat.
Postérieurement à la clôture immédiate de l'instruction, un mémoire produit par Mme B a été enregistré le 4 novembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Nivet,
- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique,
- les observations de Me Léa Leprêtre, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre du mouvement intra-départemental pour l'année scolaire 2022, Mme B, professeure des écoles au sein de l'école primaire de Contigny, a formulé un vœu de mobilité sur le poste de directrice de cette école. Par décision révélée par un courrier électronique du 2 juin 2022, elle a été informée de ce que la direction des services départementaux de l'éducation nationale n'a pas satisfait sa demande de mobilité. Par lettre du 8 juillet 2022, elle a formulé un recours gracieux auprès de la directrice académique des services de l'éducation nationale de l'Allier. Par la présente requête, Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision implicite révélée par le courrier électronique du 2 juin 2022 par laquelle sa demande de mobilité sur le poste de directrice de l'école de Contigny a été rejetée. Elle demande également l'annulation de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. () ".
3. Le message électronique du 2 juin 2022 accessible sur l'application " I-Prof " révèle l'existence d'une décision implicite de rejet de la demande de mutation de Mme B. Au regard de la nature d'une telle décision, celle-ci n'avait pas à comporter la signature de son auteur. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée méconnaîtrait les dispositions précitées de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / 2° Infligent une sanction ; / 3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ; / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; / 5° Opposent une prescription, une forclusion ou une déchéance ; / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ; / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire ".
5. La mutation n'est pas un avantage dont l'attribution constitue un droit pour le fonctionnaire qui l'a demandée. Le refus de mutation n'est donc pas au nombre des décisions administratives défavorables dont l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration imposent la motivation. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que la décision est illégale en l'absence de motivation doit être écarté comme inopérant.
6. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 911-1 du code de l'éducation : " Sous réserve des dispositions du présent livre, les dispositions statutaires de la fonction publique de l'Etat s'appliquent aux membres des corps de fonctionnaires du service public de l'éducation ". Selon les dispositions de l'article L. 512-18 du code général de la fonction publique : " L'autorité compétente procède aux mutations des fonctionnaires de l'Etat en tenant compte des besoins du service ". Aux termes de l'article L. 512-19 du même code : " Dans toute la mesure compatible avec le bon fonctionnement du service (), les affectations prononcées tiennent compte des demandes formulées par les intéressés et de leur situation de famille. / Les demandes de mutation sont examinées en donnant priorité aux fonctionnaires de l'Etat relevant de l'une des situations suivantes : / 1° Etre séparé de son conjoint pour des raisons professionnelles ou séparé pour des raisons professionnelles du partenaire avec lequel il est lié par un pacte civil de solidarité s'il produit la preuve qu'ils se soumettent à l'obligation d'imposition commune prévue par le code général des impôts ; / 2° Etre en situation de handicap relevant de l'une des catégories mentionnées à l'article L. 131-8 ; () ".
7. Mme B soutient que la décision lui refusant la mutation qu'elle a sollicitée sur le poste de directrice de l'école de Contigny est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle figurait sur la liste d'aptitude, qu'elle avait déjà exercé les fonctions de directrice au sein de cette école et qu'elle aurait dû bénéficier d'une priorité du fait de sa qualité de travailleur handicapé et de son ancienneté. Il ressort des pièces du dossier que de vives tensions sont survenues au sein de l'école de Contigny depuis l'arrivée de Mme B en 2018 et que, en 2020, cette situation conflictuelle a atteint son paroxysme et a nécessité l'intervention de l'inspecteur d'éducation nationale. Mme B a, au cours de l'année scolaire 2020/2021, assuré les fonctions de directrice en qualité de " faisant-fonction de direction " en raison de l'absence de la directrice de l'école. Cette expérience n'a toutefois pas donné entière satisfaction, Mme B ayant, elle-même indiqué à l'administration de l'éducation nationale le 18 juin 2021, que cette période avait été " difficile à gérer " en raison des problèmes rencontrés avec la directrice absente et les parents d'élèves. Elle précisait notamment que la situation était " devenue totalement ingérable " et que la " rentrée lui (faisait) peur ". Mme B n'a pas poursuivi dans les fonctions de directrice en " faisant fonction " au cours de l'année 2021-2022, une nouvelle directrice " faisant fonction " l'ayant remplacée. Aussi, compte-tenu de ce contexte, c'est sans erreur manifeste d'appréciation que, par la décision contestée du 2 juin 2022, la directrice académique des services de l'éducation nationale de l'Allier a refusé, dans l'intérêt du service, de nommer Mme B sur le poste de directrice de l'école de Contigny.
8. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision implicite révélée par le courrier électronique du 2 juin 2022 en litige, ni l'annulation de la décision implicite de rejet de son recours gracieux. Par voie de conséquence, les conclusions présentées à fin d'injonction et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la ministre de l'éducation nationale.
Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Clermont-Ferrand.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bentéjac, présidente,
M. Debrion, premier conseiller,
M. Nivet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
Le rapporteur,
C. NIVET
La présidente,
C. BENTÉJAC La greffière,
C. PETIT
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2202399
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026